OL-Barcelone: «Eviter les spectateurs venant juste voir le Barça»… Pourquoi Lyon préfère se passer du grand public

FOOTBALL L’OL assume son choix de « privilégier les abonnés » en vue du choc de Ligue des champions, le 19 février contre le FC Barcelone…

Jérémy Laugier
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Les supporters du virage nord lyonnais, ici lors du dernier gros choc européen à Décines, le 27 novembre contre Manchester City (2-2)
Les supporters du virage nord lyonnais, ici lors du dernier gros choc européen à Décines, le 27 novembre contre Manchester City (2-2) — Kieran McManus/BPI/REX//SIPA
  • L’OL a hérité d’un monstre européen, le Barça, lors du tirage au sort des 8es de finale de Ligue des champions lundi.
  • Via son stadium manager Xavier Pierrot, le club lyonnais présente à 20 Minutes sa stratégie de billetterie pour cet événement du 19 février à Décines.
  • Pour la première fois, l’OL ne programme pas la vente de places au grand public. Il n’y a quasiment aucune chance qu’il reste des billets, une fois les abonnés et les détenteurs de la carte MyOL servis.

« Tout va très vite dans le football. » Cet adage plus que rabâché par les joueurs professionnels vient de prendre tout son sens pour les fans lyonnais. Il y a trois mois, beaucoup d’entre eux regrettaient d’avoir acheté le pass pour trois matchs de Ligue des champions au Parc OL, la réception du Shakhtar Donetsk à huis clos (le 2 octobre) étant par la suite confirmée par l’UEFA. « Nous avions été critiqués au moment du huis clos, se souvient Xavier Pierrot, le stadium manager de l’OL. Certains parlaient même d’escroquerie de la part du club. On voulait un rapport de confiance réciproque avec nos supporters. »

Environ 20.000 d’entre eux avaient opté pour le pass malgré le flou l’accompagnant. L’OL leur avait alors proposé « une compensation » avec un éventuel 8e de finale de Ligue des champions ou un 16e de finale de Ligue Europa, ou « un remboursement ». Après la qualification in extremis de leur équipe à Kiev puis le prestigieux tirage au sort contre le Barça, c’est le coup de l’année pour eux (hormis les 10 % ayant eu la mauvaise idée de privilégier le remboursement). En clair, la place de cet OL-Barça du 19 février revient par exemple pour les personnes munies du pass trois matchs dans un virage à… 13 euros !


Plus d’un tiers du stade rempli par « les frustrés » d’OL-Shakhtar

« C’est un beau cadeau, et d’ailleurs on reçoit de nombreux appels pour savoir si notre offre est maintenue vu le tirage, explique Xavier Pierrot. C’est sûr qu’à court terme, il y a un manque à gagner avec cette affiche mais ce sera bénéfique dans notre relation avec nos supporters les plus fidèles sur le long terme. » Comme plus d’un tiers du Parc OL (jauge totale entre 55.000 et 56.000 places en Coupe d’Europe) est déjà rempli par les grands gagnants du huis clos OL-Shakhtar, le club a pris une décision forte : ne pas programmer de vente de billets au grand public.

« On veut éviter d’avoir des spectateurs venant juste voir le Barça. On cherche un soutien total afin d’avoir un stade en feu. C’est pourquoi notre politique est clairement de privilégier les abonnés. Même sans l’épisode du huis clos contre le Shakhtar, on aurait opté pour la même formule, mais avec 20.000 places supplémentaires ouvertes à la billetterie. »

Une véritable chasse aux Footix

Dès vendredi (et jusqu’au 10 janvier), les 21.000 abonnés du Parc OL pourront donc réserver via internet, dans la limite des places disponibles, trois tickets chacun pour cette grande affiche européenne. Et ce à des prix allant de 40 à 270 euros pour leur place d’abonné, puis de 75 à 450 euros pour deux tickets supplémentaires au plein tarif. Les supporters ayant activé une carte MyOL… avant le tirage au sort auront leur chance à partir du 17 janvier.

« Il y a de grandes chances qu’il reste encore quelques places en janvier, mais pas en première catégorie », prédit Xavier Pierrot. Cette stratégie inspirée des principaux clubs allemands vise à moyen terme « une hausse de 10 % du nombre d’abonnés » à Décines. Cette véritable chasse aux Footix menée par le club lyonnais plaît aux habitués des virages.



« Ça me rappelle les grandes heures de Gerland »

« Ca doit en faire ch… pas mal que la billetterie ne soit pas ouverte au grand public, estime Jean-Pierre, un fidèle de l’OL. Même si je n’avais jamais vu un tarif aussi élevé [hors pass] dans le virage, je trouve ça très bien de se priver de balourds venant admirer Messi avec leur survet du Barça. » Hors parcage visiteur, le Parc OL sera donc rempli de véritables supporters lyonnais le 19 février, dans une ambiance renvoyant aux grandes heures du club sur la scène européenne.



« Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis lundi, constate Xavier Pierrot. Ça me rappelle les grandes heures de Gerland, pour le match du premier titre contre Lens ou la réception de l’Inter Milan. Nous sommes conscients de la frustration générée par la billetterie de ce match. La demande est tellement importante qu’il n’y a pas de bonne solution. » Pour le premier match de Ligue des champions à élimination directe de la jeune histoire du Parc OL, cette stratégie inédite de boycotter le grand public fera date.