Coupe de France: C'était le Petit Poucet, pas Barbe Bleue... Bastia cruellement battu par Caen en huitièmes

FOOTBALL Les Corses ont frôlé l’exploit en Coupe de France. Dans une ambiance magnifique, à Furiani, ils ont arraché les prolongations face à Caen, avant de s’incliner (2-2, 3-5 aux TAB)

Jean Saint-Marc
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Le stade Furiani est toujours très chaud, même en National 3.
Le stade Furiani est toujours très chaud, même en National 3. — A. Negroni / SC Bastia
  • Caen rejoint Nantes, Dijon et Orléans, déjà qualifiés pour les quarts de finale de Coupe de France.
  • Dans un Furiani chauffé à blanc, le Sporting, qui évolue en cinquième division, a failli faire un gros exploit. Mais les Normands, même dix-septièmes de Ligue 1, arrachent une qualification imméritée.

De notre envoyé spécial à Bastia,

En général, quand une équipe encaisse un but à domicile, il y a un instant de silence. Cette seconde de sidération n’existe apparemment pas à Furiani. La tribune Est n’a pas cessé ses chants après l’ouverture du score précoce de Caen, dès la 4e minute. Une banale tête de Tchokounté sur corner. Froid et clinique comme peut l’être le foot pro. Bastia a égalisé une première fois (70e). En a encaissé un second (Ninga, 94e), avant de revenir, à nouveau (Santelli, 117e). Pour finalement s’incliner lors d’une cruelle élimination, après un raté du jeune Kifoueti (5-3).


Les Corses, qui évoluent quatre divisions plus bas que les Malherbistes, ont fait vibrer Furiani, deux ans après une rocambolesque rétrogradation de la Ligue 1 au National 3. Et le Petit Poucet a failli devenir Barbe Bleue et dévorer les Normands. Les jeunes espoirs du Sporting, encadrés par quelques anciens turchini, ont largement dominé la première mi-temps. Sans parvenir à marquer : trop d’imprécisions, quelques cafouillages. La charge a été sonnée par l’expérimenté Louis Poggi, 34 ans, dont la praline a laissé Erwin Zelazny pantois (70e). Un Poggi lancé dans la profondeur par le capitaine Gilles Cioni, icône du club corse, où il a passé neuf des douze années de sa carrière pro.

« Français de m**** »

Benjamin Santelli, un garçon du cru, a marqué une tête rageuse à la 117e et Furiani a basculé dans la folie. Avant de tomber de haut, lors d’une séance de pénaltys cruelle, où seul le jeune Kifoueti s’est loupé.

Cette élimination par Caen frustre les supporters du Sporting, qui ont copieusement insulté l’arbitre, Benoît Bastien. « Français de m**** », « tronche de pu** » sont descendus des tribunes (de presse). « Il nous avait déjà arnaqués en finale de Coupe de la Ligue, en 2015 », nous jure un supporter, abattu mais pas défait : « On reviendra ! »