Coupe de France: «On s’est dit qu’on allait enfoncer le clou»… L'ombre du derby a plané sur Andrézieux-Lyon Duchère

FOOTBALL Deux jours après ASSE-OL, les Duchérois sont venus à bout d’Andrézieux (1-2) dans un 16e de finale de Coupe de France au scénario très proche du derby historique…

A Andrézieux, Jérémy Laugier

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Double buteur ce mardi, Franck Julienne (à droite) a envoyé Lyon Duchère en 8es de finale grâce au succès (1-2) contre Anthony Vacheron et Andrézieux.
Double buteur ce mardi, Franck Julienne (à droite) a envoyé Lyon Duchère en 8es de finale grâce au succès (1-2) contre Anthony Vacheron et Andrézieux. — Philippe Masseguin/ASF Andrézieux Bouthon
  • Comme l’OL deux jours plus tôt, l’AS Lyon Duchère a profité d’un 16e de finale de Coupe de France pour l’emporter ce mardi dans la région stéphanoise, à Andrézieux. Et ce avec le même score et un scénario semblable (1-2).
  • Pour la deuxième fois de son histoire, le club duchérois accède aux 8es de finale de la Coupe de France.
  • Cette qualification avait des airs de « mini-derby », au vu de la chaude ambiance de l’Envol Stadium et de l’intensité de la rencontre.

Un club lyonnais allant s’imposer (1-2) chez un voisin de la Loire après avoir été mené (1-0) et bousculé durant toute la première période, ça vous dit quelque chose ? Rassurez-vous, on ne vous fait pas le coup de publier un compte-rendu d'ASSE-OL deux jours après. L’aventure de ce mardi soir appartient à Lyon Duchère (National), qualifié en costaud pour les 8es de finale de la Coupe de France grâce à son succès à Andrézieux (N2), à 13 km de Saint-Etienne (1-2). « Les deux scores et la physionomie des matchs se ressemblent mais ce n’est pas un vrai derby », nuance aussitôt le président duchérois Mohamed Tria.

Bon, on aurait pu abandonner notre angle initial là-dessus, mais on a quand même recueilli le ressenti de deux purs Lyonnais, les milieux de terrain Sofiane Atik et Matthieu Ezikian. « On est un peu la deuxième équipe de Lyon et Andrézieux est un peu la deuxième équipe de Sainté, présente ce dernier, capitaine de la Duch'. Donc ça fait un mini-derby. Pour un 16e de finale de Coupe avec deux équipes non professionnelles, on savait qu’il y aurait beaucoup d’engagement. Et avec l’atmosphère de derby dans le stade, ça en a sans doute rajouté un peu. »

« Moussa Dembélé m’a fait vibrer dimanche »

Soufiane Atik va un peu plus loin : « Il y avait carrément une ambiance de derby dans le public. Quand ça criait un peu plus dans les tribunes, on sentait même que l’arbitre sifflait plus facilement. » Et en première période, les héros des 32es de finale, tombeurs de l’OM dans le Chaudron (2-0) ont survolé leurs voisins, avec le but de Lenny Leonil (1-0, 15e) puis une énorme balle de break pour Souleiman Djabour avant la pause. « Quand ils ont marqué les premiers, j’ai annoncé qu’on allait leur ''faire une OL'', sourit Karim Mokeddem, le coach lyonnais. Mais nous avons été moins bons dans le suspense, ce qui me va bien quand même. »

Sofiane Atik n’a pas manqué également de faire le parallèle entre ces deux derbys disputés à deux jours d’intervalle. « Moussa Dembélé m’a fait vibrer dimanche, s’emballe le milieu de 32 ans. Dans un coin de notre tête, on s’est dit qu’on allait enfoncer le clou. Et à la fin de notre match, on a commencé à penser à la physionomie d’ASSE-OL. Ce n’était pas fait exprès mais c’est un petit clin d’œil. » Cet attachant club visant l’accession en Ligue 2 (5e du National actuellement) a donc pu se ruer dans le vestiaire pour lancer son chant « Olélé olala, mais qu’est-ce qu’il s’est passé, on les a chicotés ». Le tout avant de célébrer le double buteur du soir Franck Julienne (49e, 63e).

« Je n’ai pas apprécié la façon dont nos supporters ont été traités »

Karim Mokeddem n’a pas utilisé le levier derby dans la préparation de son choc de Coupe de France mais il a montré à ses joueurs « comment nos 180 supporters étaient parqués ». A savoir non pas dans les 3.000 places de tribunes assises de l’Envol Stadium d’Andrézieux-Bouthéon mais sur le côté, debouts. Et donc sous de gros flocons lorsqu’il s’est mis à neiger à la demi-heure de jeu.

« Je n’ai pas apprécié la façon dont nos supporters ont été traités, insiste le coach duchérois. En bonne intelligence, on aurait pu leur dégager de la place dans une des tribunes. Même des chiens, on ne les parque pas comme ça. Ce n’est pas une belle image pour le football. » Une véritable polémique de derby, non ?

Les 180 supporters de Lyon Duchère n'ont pas eu accès à une tribune de l'Envol Stadium d'Andrézieux.
Les 180 supporters de Lyon Duchère n'ont pas eu accès à une tribune de l'Envol Stadium d'Andrézieux. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Tomber contre Villefranche, ça serait emmerdant »

Dans le camp d’en face, forcément abattu, cette rivalité régionale n’était pas non plus un détail. « C’est sûr, c’est toujours spécial, ça reste un match Loire contre Rhône, confirme le latéral droit Anthony Vacheron, natif de Saint-Etienne et passé par le centre de formation de l’ASSE. Il y a plus d’impacts dès le début de match. J’ai d’ailleurs pris un carton jaune d’emblée pour ''excès d’engagement'' selon l’arbitre. Pour les joueurs du vivier stéphanois, c’est dommage car c’est comme ça, on rentre dedans. »

Sans s’affoler après la pause, l’AS Lyon Duchère a donc su freiner cette fougue ligérienne et elle va connaître son adversaire en quarts jeudi soir. « On rêve tous de la même chose si les gros passent, se projette Karim Mokeddem, à savoir mon voisin lyonnais ou le PSG. » Son président Mohamed Tria affiche une crainte : « Il ne faudrait pas qu’on tombe contre Villefranche (National), ça serait emmerdant. » Un derby entre deux équipes du Rhône s’affrontant déjà en championnat, ça a tout de suite moins de gueule, c’est sûr.