OL-ASSE: «C’était un vrai derby», estime (à tort) Jean-Michel Aulas

FOOTBALL Le choc très attendu entre l'OL et l'ASSE (1-0), au coude à coude en haut de la Ligue 1, n'a jamais véritablement décollé vendredi...

Jérémy Laugier

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Anthony Lopes, ici au duel vendredi avec Robert Beric, reste l'un des garants de l'esprit derby.
Anthony Lopes, ici au duel vendredi avec Robert Beric, reste l'un des garants de l'esprit derby. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Comme en février (1-1), le Parc OL a eu droit à un derby décevant vendredi, tant au niveau de l’intensité de jeu que de la dramaturgie.
  • Si Jean-Michel Aulas assure qu’il s’agissait d’un « vrai derby », ces dernières rencontres entre l’OL et l’ASSE marquent une baisse palpable de la passion des supporters pour ce rendez-vous.

« On n’a pas vu un très grand match, je vous le concède. » Jean-Michel Aulas n’est pas coutumier de pareil bémol lorsqu’il débriefe les matchs de l’OL devant les médias. C’est dire si l'affrontement de vendredi entre Lyonnais et Stéphanois (1-0) ne s’est pas montré à la hauteur de cette rivalité historique.

Outre l’absence habituelle des supporters des Verts dans le stade, il n’y a jamais eu une intensité ou une dramaturgie permettant à cette 117e édition du derby de prendre immédiatement place dans la mémoire collective. « Un derby, c’est souvent âpre, engagé, tactique, et fermé, estime Bruno Genesio. C’est un peu ce qu’on a vécu ce soir. »

Seulement quatre tirs cadrés et quatre cartons cumulés

Mouais, hormis un tacle insensé d’un Rafael logiquement expulsé, une célébration sympa du buteur inattendu Jason Denayer, deux arrêts déterminants d’Anthony Lopes ou une polémique liée à l’arbitrage en fin de rencontre, on s’est pas mal ennuyé au Parc OL.

« C’était un vrai derby, assure néanmoins Jean-Michel Aulas. On ne s’attendait pas à quelque chose de très fluide, avec des envolées. Un derby n’a d’intérêt que s’il se gagne. »

Une maxime systématiquement mise en avant, mais qui n’empêche pas la passion d’être moins palpable dans les travées du stade lorsqu’il n’y a sur le terrain que quatre tirs cadrés cumulés. Ainsi que 26 fautes et quatre cartons, ce qui semble peu au vu de l’antagonisme entre les deux clubs.

« Je me rends compte à quel point ça fait mal de perdre le derby »

Ça n’a pas empêché un novice comme Jason Denayer de s’éclater comme un petit fou en accompagnant au tambour le Ahou du virage nord après la rencontre.

Dans le camp d’en face, l’attaquant stéphanois Loïs Diony a lui aussi capté une atmosphère spéciale : « C’était mon premier derby et je me rends compte à quel point ça fait mal de le perdre. On ne veut déjà qu’une chose : attendre les Lyonnais au retour pour gagner à la maison ».

Il n’empêche que la programmation du match un vendredi soir et la mise en retrait des groupes de supporters pour le traditionnel avant-derby, à l’OL comme à l’ASSE, semble marquer un essoufflement de la passion derby. Un constat déjà criant lors de la précédente confrontation (1-1), en février, dans un Parc OL assez tristoune.

Le virage sud du Parc OL a sorti une banderole pour chambrer son rival, en fin de partie vendredi.
Le virage sud du Parc OL a sorti une banderole pour chambrer son rival, en fin de partie vendredi. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Il faudrait m’arracher une jambe pour que je sorte lors d’un derby ! »

Les tifos et quelques banderoles de chambrage bien senties comme celle ci-dessus (en référence au « You’re just a small town in Lyon » chanté par le parcage de Man U en 2017 à Sainté) maintiennent une forme d’électricité. A ce sujet, on peut toujours compter sur l’un des garants ultimes sur la pelouse de l’esprit derby, Anthony Lopes.

Touché à la hanche sur une sortie aérienne mal maîtrisée vendredi, le gardien lyonnais a balancé la petite punchline qui va bien ensuite : « Il faudrait m’arracher une jambe pour que je sorte lors d’un derby ! » Allez, vivement le 20 janvier à -10°C dans le Chaudron quand même, non ?