Equipe de France: «Un pied droit choquant», «une explosivité à la Mbappé»… Pourquoi Ferland Mendy peut percer avec les Bleus

FOOTBALL Le latéral gauche de l'OL Ferland Mendy vient d’être appelé pour la première fois en équipe de France. A 23 ans, l'ancien défenseur havrais a des atouts pour convaincre Didier Deschamps...  

Jérémy Laugier

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Ferland Mendy a notamment livré un match plein contre Kevin Vogt et Hoffenheim (2-2), la semaine passée.
Ferland Mendy a notamment livré un match plein contre Kevin Vogt et Hoffenheim (2-2), la semaine passée. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • A 23 ans, Ferland Mendy pourrait connaître sa première sélection en équipe de France, contre les Pays-Bas ou l’Uruguay.
  • Le latéral gauche de l’OL, très en vue offensivement lors du dernier match de Ligue des champions contre Hoffenheim (2-2), a un vrai coup à jouer en l’absence de Lucas Hernandez et de Benjamin Mendy.
  • « 20 Minutes » vous présente les caractéristiques de Ferland Mendy, et notamment son épatant pied droit, notamment grâce au témoignage de son ex-partenaire au Havre Harold Moukoudi.

Ses innombrables déboulés, mercredi dernier en Ligue des champions face à Hoffenheim (2-2), ont donc été récompensés par Didier Deschamps. Profitant des absences à son poste de Lucas Hernandez et de Benjamin Mendy, Ferland Mendy a rejoint pour la première fois les Bleus, mardi. En concurrence avec Lucas Digne (Everton), le latéral gauche lyonnais pourrait bien connaître sa première sélection, vendredi (20h45) aux Pays-Bas, ou quatre jours plus tard contre l’Uruguay.

Une perspective internationale qui semblait écrite depuis l’été 2017, lorsque Ferland Mendy a effectué le grand saut, en quittant la Ligue 2 et Le Havre pour rejoindre l’OL. Titulaire indiscutable après cinq mois d’alternance avec Fernando Marçal, l’international Espoirs se montre très actif offensivement (5 passes décisives en L1 en 2017-18).

« Tout le monde sentait qu’il était bien au-dessus techniquement »

« Lorsqu’on évoluait ensemble en équipe réserve en CFA [de 2014 à 2016], tout le monde sentait qu’il était bien au-dessus techniquement, se souvient son ancien coéquipier Harold Moukoudi. Il était très puissant sur les premiers appuis et on savait qu’il avait au moins le niveau pour s’imposer en Ligue 2. Puis, même en L2, il s’est imposé avec une telle facilité… » Une impression qui vaudrait presque déjà pour ses quinze mois à Lyon.

« Quand il se met à perforer les défenses, il est impressionnant, salue Jean-Marc Chanelet, lui aussi défenseur latéral à l’OL de 2000 à 2003. Il a autant d’explosivité dans les jambes que Kylian Mbappé ou Neymar. » Des comparaisons qui en disent long sur le potentiel du joueur de 23 ans, notamment suivi par le Barça.

« Je ne l’ai quasiment jamais vu frapper avec son pied gauche »

« C’est un joueur très prometteur, confirme Jean-Marc Chanelet. Son jeu est moins stéréotypé que celui de Benjamin Mendy par exemple. Il amène autant le danger par sa qualité de centre qu’en rentrant dans le cœur du jeu grâce à son bon pied droit. » Auteur de son premier but en L1 en septembre à Caen (2-2) grâce à son « mauvais » pied, Ferland Mendy a failli remettre ça contre Hoffenheim mais il a buté sur le montant d’Oliver Baumann. Un atout insoupçonné qui ne date pas d’hier, comme l’évoque le défenseur central havrais Harold Moukoudi.

« Ce qui m’a le plus choqué chez Ferland, c’est bien son pied droit. Il se sortait souvent de situations mal embarquées pour trouver de bonnes passes ou même pour aller au bout et enrouler avec ce pied droit. Ça surprend forcément l’adversaire, car déjà voir un gaucher faire ça du droit… Mais en plus un défenseur ! C’est tellement devenu une arme que même quand il avait deux joueurs sur lui, on savait qu’il trouverait une solution. En fait, je ne l’ai quasiment jamais vu frapper avec son pied gauche. »

« Il sait se conditionner pour vraiment être défenseur »

Une « arme » qui brouille les pistes au point de le voir dépanner avec l’OL en tant que latéral droit, le mois dernier face à Nîmes (2-0). On l’a alors découvert dans un registre un peu différent, plus prudent et défensif, très loin de son spectaculaire rôle de piston gauche dans le 3-5-2 contre Hoffenheim.

« C’est sûr que son petit point faible reste le replacement, comme tous ces latéraux modernes à qui on demande d’apporter le surnombre devant, note Harold Moukoudi. Mais il sait se conditionner pour vraiment être défenseur. Et puis, en un contre un, il est très difficile à passer. » De quoi ambitionner passer dans les prochains mois devant un autre Mendy ex-havrais, Benjamin, dans l’esprit de Didier Deschamps.