VIDEO. OM: Un «conseil tactique» à un ramasseur de balles, les secrets de la guérison de Rami, de «l'amour» pour Sakai... Dans les coulisses de Marseille-Leipzig

FOOTBALL Grosse, grosse ambiance dans les couloirs du stade Vélodrome…

Jean Saint-Marc

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Hiroki Sakai a marqué son premier but à l'OM, le jour de son anniversaire.
Hiroki Sakai a marqué son premier but à l'OM, le jour de son anniversaire. — C. Paris / AP / SIPA
  • Dantesque, historique, bouillant : les qualificatifs pleuvent pour raconter le match de l’OM, qui a battu Leipzig 5-2 en quart de finale retour de Ligue Europa.
  • 20 Minutes vous dévoile les coulisses de la victoire olympienne.

Au stade Vélodrome,

Ça annonçait une très grande soirée de foot à Marseille : on a entendu notre premier « Aux Armes » de la journée à 17 heures, dans une station de métro située à plusieurs bornes du Vélodrome. On a eu notre grande soirée, l’OM tient sa qualif', dans des circonstances folles. Et pour cette première demi-finale européenne en quatorze ans, on a quatorze anecdotes à vous raconter.

>> Sakai buteur ? Il n’y croyait pas lui-même.

Depuis son arrivée à l’OM, on le voit changer à vitesse grand V. Le timide latéral se permet maintenant d’engueuler les arbitres, d’aller au clash avec les adversaires. Et voilà qu’il se met à marquer. Son premier but avec l’OM, le jour de son anniversaire, dans des circonstances improbables. C’est la toute fin du match, Hiroki est hors-jeu, et, surtout, le but adverse est vide, car Gulasci est monté sur corner. La suite, c’est le Japonais qui la raconte, et en anglais, s’il vous plaît :

Normalement, je suis incapable de marquer ! Je ne suis pas un numéro 10, je ne suis pas comme Dimitri Payet. Mais là, sans goal, j’avais quand même énormément de chances de la mettre au fond ! »

>> Sakai submergé d’amour

Sur la pelouse, d’abord, avec une scène adorable : le banc qui envahit le terrain et qui se jette sur le latéral, Gustavo qui lui arrache à moitié son maillot. Puis Sakai à terre, les yeux un peu embués (de joie, évidemment). Rebelote dans le vestiaire où les Marseillais regardent en boucle son but et hurlent de joie autour de l’improbable héros du soir.

« La fête que lui ont faite ses coéquipiers dans le vestiaire est à la hauteur de l’amour qu’on lui porte tous », commente Rudi Garcia. Il ne manque que les petits cœurs dans les yeux comme dans les dessins animés. Ça aurait marché aussi pour Florian Thauvin : « Hiroki, c’est quelqu’un que j’aime, que j’adore même ! »

>> Un « petit conseil tactique » vers un ramasseur de balles

Scène amusante captée par les caméras de beIN Sports, en plein match : Rudi Garcia qui chuchote à l’oreille d’un ramasseur de balle. La consigne est limpide : « prends tout ton temps pour rendre le ballon aux Allemands. » Par acquit de conscience, et comme à 20 Minutes on pense qu’il n’y a pas de questions bêtes, on a demandé à Rudi de tout nous raconter. Disons que c’était « un petit conseil tactique », a lâché le coach en se marrant. Sur RMC, le minot a même raconté que Rudi Garcia lui demandait de balancer un second ballon sur la pelouse, pour gratter du temps…

>> Jean-Kévin Augustin n’aime pas trop l’humour marseillais.

Sa célébration, le « chut » sur la bouche face au virage nord, lui est revenue dans la tronche comme un boomerang. Avec un confrère journaliste au Phocéen qui le poursuit en pleine zone mixte. « Ça ne t’a pas servi de leçon Kurzawa » ? « J’suis pour Paris, moi », lâche le jeune attaquant, défait.

>> La belle émotion de Maxime Lopez, « à deux doigts de pleurer »

Déclaration pleine de fraîcheur et de sincérité, qu’on vous livre tel quel, comme d’hab quand c’est bon et qu’il n’y a rien à jeter :

« Pfff… Je suis encore sous le choc. C’était une soirée exceptionnelle, un match exceptionnel, une ambiance exceptionnelle. J’ai trop crié, j’ai du mal à parler. On est tous devenus fous sur le dernier but. C’était tellement fort d’émotion que j’étais à deux doigts de pleurer. »

>> La petite inquiétude Kamara

Disons-le, le minot n’est pas un très bon client médiatique. Mais après une prestation encore très correcte dans un match dingue, on aurait quand même bien aimé discuter avec lui. « Non, pas ce soir, désolé », nous a-t-il lâché. Il boitait bas, en zone mixte. Simple béquille ? Ou des crampes, comme Payet ? C’est en tout cas moins inquiétant que la blessure de Bouna Sarr, touché au bras.

>> Gustavo : métro, boulot, dodo

Masse de muscles dans un costume bleu nuit, Luiz Gustavo a fait succomber une zone mixte sous le charme. Surtout que le Brésilien a démarré en Français, une première depuis son arrivée à Marseille. Ses compétences linguistiques nous impressionnent : « On va apprender beaucoup de choses in this saison » (on rigole mais on est évidemment incapable d’en dire la moitié en Portugais). Son abnégation aussi est spectaculaire. « Oui oui oui oui (sic), c’était une très belle soirée. Maintenant, il faut travailler pour le championnat. » Ordre et progrès.

>> Les stats dingues de Luiz Gustavo

On a vu tourner ça sur Twitter et on a vérifié, parce que ça nous paraissait impossible. Le Brésilien n’a pas perdu un seul duel ni manqué une seule passe, ce jeudi soir. Son retour de daron à la dernière seconde du match, provoquant le corner, symbolise parfaitement un match exceptionnel.

>> Kamara célèbre le but de Payet… Avant qu’il soit au fond

Tout est dans le titre, et on se contentera de noter, là aussi, que Twitter a du talent. Car franchement, celle-là, on l’avait loupée. Mais effectivement, le jeune défenseur célèbre le but de Payet dès le passement de jambes :

>> Adil Rami « nique » (sic) la science

Sa guérison express a surpris tout le monde. Il n’était pas dans le groupe, mais s’est invité, à la dernière minute, sur le banc. Puis sur le terrain, quand Sarr est sorti blessé. Sur W9, Adil Rami a livré les secrets de sa guérison. Apparemment, c’est à base de testostérone : « Le docteur a dit, "peut-être qu' il reprendra contre Lille." Je lui ai répondu : "ça, c’est scientifique. On la nique, la science ! " »

>> Sakai aussi surmonte la douleur.

Il enchaîne les bobos, en ce moment. Après une mystérieuse blessure au postérieur, Hiroki Sakai avait ce jeudi soir les adducteurs qui sifflaient. Il s’en est plaint à la mi-temps, auprès du staff, mais a décidé de tenir sa place. « Il a été courageux », note Rudi Garcia.

>> Thauvin ose dire ce que tout le monde pense tout bas.

Les poncifs sur le tirage s’accumulaient dans notre bloc-notes, à base de « il n’y a que des grosses équipes en demi-finale. » (Rudi Garcia). Plus original, le petit Maxime Lopez. Qui veut-il jouer en demie ? « Personne, je veux aller direct en finale ! » Après quelques tergiversations, Thauvin a fini par lâcher ce que tout le monde savait. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation, il n’y a pas non plus, selon l’ailier, « de meilleur tirage. » « Mais si on peut tomber sur Salzbourg, ce serait pas mal… » Les autres options font en effet trembler : l’Atlético Madrid ou Arsenal.

>> Amavi se note (et il est toujours dur avec lui-même)

Il avait fait une admirable autocritique lors du match aller, se gratifiant d’un « zéro pointé » ma foi mérité. « Ce n’était pas compliqué de faire mieux ce soir », a souri Jordan Amavi. « C’était un peu mieux, mais ce n’était pas parfait. » On lui demande de se prêter de nouveau au jeu de la note, sur 10 (comme L’Equipe, qui lui colle un 5, ou La Provence, un 6,7). « Bon, sur 10, je me mets peut-être la moyenne, ce soir… »

>> Le « ouf » de soulagement des journalistes

135 journalistes accrédités au Vélodrome, c’est moins que pour le Classico (180) mais c’est bien assez pour choper des tendinites en tendant micros et dictaphones au milieu de la meute. On a donc distinctement entendu un « ouf » de soulagement quand l’attaché de presse de l’OM a annoncé que c’était la fin du bal, que plus aucun Marseillais ne viendrait répondre à nos questions. Danke, gute nacht, s’est-on surpris à chuchoter.