ASSE: Pourquoi ce mercato hivernal stéphanois nous semble idéal afin d'éviter la Ligue 2

FOOTBALL En grand danger en Ligue 1, les Verts (14es) ont bouclé mercredi un recrutement très ambitieux...

Jérémy Laugier

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En se renforçant en janvier avec notamment Neven Subotic et Robert Beric (ici autour du capitaine Loïc Perrin), les dirigeants stéphanois ont fait leur possible pour maintenir le club en Ligue 1. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
En se renforçant en janvier avec notamment Neven Subotic et Robert Beric (ici autour du capitaine Loïc Perrin), les dirigeants stéphanois ont fait leur possible pour maintenir le club en Ligue 1. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP
  • Actuellement 14e de Ligue 1, l’ASSE va disputer un match déjà essentiel contre un concurrent direct, samedi (20 heures) à Amiens.
  • Une rencontre que les Verts pourraient débuter avec pas moins de cinq recrues et non des moindres.
  • « 20 Minutes » vous explique en cinq points comment le club stéphanois a sans doute inversé une spirale extrêmement négative grâce à ce mercato hivernal.

L’ASSE a beau être 14e en Ligue 1, n’avoir remporté que 2 de ses 14 dernières rencontres et faire face à un périlleux calendrier en février (déplacements chez des concurrents directs, Amiens samedi (20 heures) et Angers, puis à Lyon, et réception de l’OM), elle semblerait presque surfer une dynamique positive. La raison de cette étrange impression ?

Le mercato hivernal que viennent de réaliser les Verts n’est définitivement pas celui d’un club éliminé des coupes et destiné à lutter jusqu’en mai pour son maintien dans l’élite. 20 Minutes tente donc de décrypter en cinq points comment Sainté a été dans le vrai en janvier.

Enfin des tauliers derrière avec Subotic et Debuchy. Historiquement si solide derrière durant les grandes années Galtier-Ruffier-Perrin, l’ASSE n’avait quasiment plus aucune garantie défensive en fin d’année 2017. Notamment humiliés par l'OL (0-5), Bordeaux (0-3), Marseille (0-3) et Monaco (0-4), les Stéphanois se devaient vraiment de réagir dans ce domaine durant le mercato. En accueillant Neven Subotic, un ex-taulier d’un Borussia Dortmund vice-champion d’Europe 2013, ils ont réalisé un coup d’envergure. Car même s’il était sérieusement en manque de temps de jeu en Bundesliga (22 matchs depuis l’été 2015), l’international serbe n’a que 29 ans et il affrontait il y a encore deux mois Cristiano Ronaldo, en Ligue des champions à Santiago Bernabeu.

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Son renfort ne pourra que faire du bien au capitaine Loïc Perrin, souvent apparu en dedans (lui aussi) durant la première partie de saison. Recruté mercredi lors du dernier jour du mercato, l’ex-latéral droit (voire parfois défenseur central) d’Arsenal Mathieu Debuchy peut lui aussi être perçu comme un vrai renfort. Arrivé l’été dernier pour occuper ce flanc droit, Saidy Janko symbolise assez bien le recrutement estival manqué du club. A 32 ans, celui qui était titulaire au Mondial 2014 au Brésil (27 sélections au total) a le profil pour se relancer.

M’Vila et Ntep vont tout faire pour se relancer. Mathieu Debuchy n’est pas le seul (ex ?) international tricolore à vouloir profiter au maximum de ces quatre mois en Ligue 1 pour rebondir. Disparus des radars depuis leur exil, respectivement au Rubin Kazan (en 2013) et à Wolfsburg (en 2017), les deux anciens espoirs rennais Yann M'Vila (27 ans) et Paul-Georges Ntep (25 ans) viennent de rejoindre le Forez.

Ils ont clairement faim de jeu et leurs débuts sous le maillot vert se révèlent intéressants, Paul-Georges Ntep ayant même inscrit son premier but depuis plus d’un an face à Caen (2-1) la semaine passée.

Beric, judicieux retour de prêt. Lorsqu’il n’a pas souffert de problèmes physiques (surtout au genou après sa rupture des ligaments croisés dans le derby de novembre 2015), Robert Beric s’est révélé comme le buteur le plus fiable de l’ASSE depuis trois ans (10 buts en 28 titularisations en L1).

Mais n’entrant pas dans les plans d’Oscar Garcia en début de saison, le Slovène a pourtant dû filer en prêt à Anderlecht pour tenter d’y obtenir du temps de jeu. Son échec en Belgique (0 but en 6 matchs) est aussi celui des Verts, qui se sont désespérément cherché un numéro neuf durant toute la phase aller. Tout juste revenu (de manière anticipée) de son prêt, l’Inspecteur Beric a marqué lors des succès en janvier face à Nîmes (2-0) et Toulouse (2-0).

Pogba, Söderlund et Lacroix devenaient des poids pour l’ASSE. La priorité des Verts dans leur opération maintien était évidemment de se renforcer dans toutes les lignes, ce qui a donc été bien fait avec Subotic, Debuchy, M’Vila, Ntep, Beric mais aussi Tannane (de retour plus tôt que prévu d’un prêt manqué à Las Palmas). Mais l’ASSE est également parvenue à se débarrasser cet hiver de plusieurs joueurs n’ayant jamais donné satisfaction.

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Florentin Pogba (parti à Gençlerbirligi en Turquie) et Léo Lacroix (prêt avec option d’achat au FC Bâle) derrière tout comme Alexander Söderlund (retourné à Rosenborg) devant, et à un degré moindre Bryan Dabo (Fiorentina), avaient tous (déjà) fait leur temps dans le Forez. Les supporters stéphanois frustrés par ces départs se comptent sur les doigts d’une main. Leur principal regret est plutôt d’avoir vu rester un autre élément décevant, Cheikh M’Bengue.

Diony, une erreur de casting vite réparée. L’OM a Kostas Mitroglou et l’ASSE avait Loïs Diony. Transfert phare du mercato estival des Verts (plus grosse indemnité dans l’histoire du club avec 7,3 millions d’euros), l’ancien attaquant dijonnais n’a jamais semblé en passe de s’adapter. Esseulé à la pointe d’une équipe en perdition, il n’a pas réussi à inscrire le moindre but en 17 apparitions depuis cet été.

Les dirigeants stéphanois ont eu le mérite de vite trouver une issue à ce casse-tête, une fois le retour de prêt de Robert Beric (seul vrai numéro neuf de l’effectif) officialisé. En prêtant son joueur à Bristol City (D2 anglaise) avec une option d’achat estimée entre 4,5 et 8 millions d’euros, l’ASSE a limité la casse sur ce cuisant échec.