Euro 2016: Promis, les Bleus vont aller chercher leurs supporters avec les dents

FOOTBALL Cette semaine, les joueurs ont œuvré au rapprochement avec leur public pour faire encore monter la sauce…

Julien Laloye
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Griezmann et Cabaye se prêtent au jeu des selfies, le 29 juin 2016 à Clairefontaine.
Griezmann et Cabaye se prêtent au jeu des selfies, le 29 juin 2016 à Clairefontaine. — Martin Meissner/AP/SIPA

A Clairefontaine,

Ce n’est que l’Islande, ce ne sont que les quarts de finale, mais tout peut aller très vite ensuite. Le pays est peut-être à une petite victoire se s’enflammer derrière son équipe nationale sur des airs nostalgiques de 1998, alors c’est sans doute le moment d’attiser le feu naissant depuis le centre du brasier. Pour l’instant, c’est un rendez-vous où il n’y a qu’un seul soupirant.

Les Bleus ne cessent de louer l’élan populaire qui les accompagne depuis le début de la compétition, sans donner beaucoup en retour depuis l’esprit colonie de vacances à Biarritz en préparation.

Le malaise, même si c’est un bien grand mot, a affleuré la semaine dernière à Lyon. Après l’Irlande, certains des groupes de supporters les plus assidus de l’équipe de France ont longtemps jalousé la communion des joueurs adverses avec la « Green Army » des tribunes malgré l’élimination, quand les Tricolores se contentaient d’un salut timide à distance très raisonnable de leur public. Le genre de réflexions qu’on nous a confiées ? « Pour l’instant, on est derrière le maillot, mais avant d’être derrière les joueurs, on attend qu’ils fassent minimum d’efforts avec nous ».



La veille, déjà, beaucoup de fans énamourés ont attendu les Bleus des heures en plein cagnard devant leur hôtel pour rien. Didier Deschamps avait mis ça sur le dos de la sécurité. « On est soumis à des règles de sécurité, on nous dit : "vous arrivez là et vous sortez là". Vous connaissez le contexte. Aller au contact des gens n’a jamais posé de problèmes, bien au contraire. Ce n’est pas dépendant de nous. Les conditions de sécurité sont fermes. Je ne m’occupe pas de savoir par quelle porte on arrive, où on part. Je sais que ça peut être frustrant de nous voir mais pas d’assez près. On agit en fonction de ce qu’on nous dit ».

Le message est toutefois bien passé. Pour la première fois depuis le 10 juin, le staff tricolore a décidé d’ouvrir un entraînement au public plus tôt cette semaine, et les Bleus ont été invités à donner de leur personne. Beaucoup ont fait le boulot, restant plus de 10 minutes pour une séance de selfies à la chaîne. Evra a assuré le service après-vente en conf’: « Nos supporters sont très présents, ils aimeraient qu’on s’approche un peu plus, donc le fera contre l’Islande. Surtout, qu’ils continuent à faire du bruit. Si, contre l’Islande, on pouvait avoir la même ambiance que lors de France-Ukraine [Lors du barrage retour de 2013], ce serait génial. Quand j’ai vu le public, avant le match je savais qu’on ferait l’exploit ce jour-là ».



Bacary Sagna n’est pas aussi expansif que son coéquipier, mais le latéral droit des Bleus en a remis une couche vendredi. « On voit les images des fan-zones quand on marque, quand on joue, ça réchauffe le cœur. La pression populaire, c’est une bonne pression. [..] C’est pas tous les jours qu’on est amenés à participer à une compétition dans notre pays. Je suis très fier de procurer du bonheur en français, on en profite pleinement ». De ce qu’on en pense, ce n’est pas juste une posture. Les Bleus hallucinent de voir l’attente positive autour d’eux. C’est juste qu’ils ont perdu l’habitude de le montrer. Dans leur métier, tout est fait pour réduire au maximum les points de contact avec le monde extérieur, journalistes ou supporters. Cela n’aide pas à la fraternisation, même s’il n’est pas trop tard pour bien faire.