Euro 2016: Cette équipe portugaise n'est pas belle mais elle est en quarts

FOOTBALL Le Portugal a éliminé la Croatie en huitièmes de finale après prolongation (1-0)...

Francois Launay

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La joie de Quaresma après son but contre la Croatie
La joie de Quaresma après son but contre la Croatie — Frank Augstein/AP/SIPA

Trois matchs nuls et une victoire en prolongation grâce au seul tir cadré du match. On ne vous parle pas du parcours de Trélissac en Coupe de France mais bien de celui du Portugal à l'Euro. Sans avoir montré grand-chose, sans briller et en galérant toujours contre l’Islande (1-1), l'Autriche (0-0), la Hongrie (3-3) et donc la Croatie (1-0) en huitièmes, la Seleçao prouve qu’on peut atteindre les quarts de finale en étant bien dégueu.

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Un plan de jeu minimaliste

Mais n’allez pas croire que les Portugais culpabilisent, loin de là. C’est bien connu en foot, seule la victoire est belle. « C’est une victoire à l’arraché mais avec beaucoup de travail et de préparation pour contrer la Croatie. Rien n’est acquis par hasard. On a été heureux à la fin », lâche Adrien Silva, le milieu de terrain portugais.

Il faut dire que le plan de jeu minimaliste du Portugal a fait ses preuves. Défendre le plus possible, attendre son adversaire et rêver d’un exploit en contre de Ronaldo  pour faire la diff. Sur un malentendu, ça passe toujours pour l’instant. N’en déplaise aux Croates. « On a montré beaucoup plus de choses que le Portugal », assure Danijel Subasic, le gardien croate.

Une équipe qui sait faire déjouer ses adversaires

Vrai et faux à la fois. Car les Croates n’ont jamais su quoi faire pour se dépêtrer de la nasse rouge et verte. Finalement, c’est peut-être ça la principale qualité de cette équipe : faire déjouer son adversaire. « Nous aimerions jouer un jeu spectaculaire, mais ce n’est pas toujours de cette manière qu’on gagne des compétitions. » résume et assume Fernando Santos, le sélectionneur portugais.

La preuve, son équipe est déjà en quarts sans avoir rien montré. Jeudi à Marseille, la Pologne sait ce qui l’attend. Franchement, on n’aimerait pas être à la place des spectateurs du Vélodrome…

Passions

Le football, plus que tout autre sport, est une affaire de passions. Pour le meilleur et pour le pire. Que notre équipe vienne à gagner et nous voilà plongés dans une joie intense et incontrôlable. Qu’elle perde et nous la vouons aux gémonies, nos critiques se portant au niveau du désarroi et de la déception ressentis. Qui aime bien châtie bien. C’est sans doute pour cette raison que notre journaliste, chargé de couvrir le match Portugal-Croatie de samedi, a qualifié, de manière inappropriée, de « dégueulasse » la prestation de la Seleçao portugaise. Une équipe qui ce jour-là, n’a, objectivement, pas donné le meilleur d’elle-même et se retrouve en quarts de finale sans avoir véritablement brillé, si ce n’est lors du match contre la Hongrie. Mais c’est le jeu : l’essentiel au bout du compte, c’est le résultat.

Mais voilà, ce terme a suscité un véritable séisme, notamment sur les réseaux sociaux. Les fans de la Seleçao, vivant en France (la communauté portugaise compte plus de 1,2 million de personnes dans l’Hexagone) se sont sentis trahis et insultés. La colère peut et doit s’entendre, de la part d’une communauté qui tient viscéralement à son identité et à ses origines. Son équipe nationale en est le symbole le plus fort. L’un des derniers liens indéfectibles avec un pays si proche (dans les têtes) et si loin (dans le quotidien). Mais quand la passion sombre dans l’irrationnel, le danger guette. Que l’on critique le choix du mot est de bonne guerre et en l’occurrence justifié. Que l’on en vienne à menacer de mort l’auteur de l’article, cela dépasse le tolérable. Il ne s’agit que de sport. Et bien évidemment, il na jamais été dans l’intention du rédacteur de l’article de blesser tout un peuple. Alors, retour au sport. C’est sans doute du terrain que viendra la meilleure réponse : que le Portugal l’emporte jeudi contre la Pologne, plus personne ne se souviendra de cette polémique. Et 20 Minutes sera là pour en rendre compte.

Saudades lusitanas

Acacio Pereira, Directeur de la rédaction