Passions

EDITO Le football, plus que tout autre sport, est une affaire de passions…

Acacio Pereira
— 
Un ballon de football (illustration).
Un ballon de football (illustration). — pixxmixx/SIPA

Le football, plus que tout autre sport, est une affaire de passions. Pour le meilleur et pour le pire. Que notre équipe vienne à gagner et nous voilà plongés dans une joie intense et incontrôlable. Qu’elle perde et nous la vouons aux gémonies, nos critiques se portant au niveau du désarroi et de la déception ressentis. Qui aime bien châtie bien. C’est sans doute pour cette raison que notre journaliste, chargé de couvrir le match Portugal-Croatie de samedi, a qualifié, de manière inappropriée, de « dégueulasse » la prestation de la Seleção portugaise. Une équipe qui ce jour-là, n’a, objectivement, pas donné le meilleur d’elle-même et se retrouve en quarts de finale sans avoir véritablement brillé, si ce n’est lors du match contre la Hongrie. Mais c’est le jeu : l’essentiel au bout du compte, c’est le résultat.

Retour au sport

Mais voilà, ce terme a suscité un véritable séisme, notamment sur les réseaux sociaux. Les fans de la Seleção, vivant en France (la communauté portugaise compte plus de 1,2 million de personnes dans l’Hexagone) se sont sentis trahis et insultés. La colère peut et doit s’entendre, de la part d’une communauté qui tient viscéralement à son identité et à ses origines. Son équipe nationale en est le symbole le plus fort. L’un des derniers liens indéfectibles avec un pays si proche (dans les têtes) et si loin (dans le quotidien). Mais quand la passion sombre dans l’irrationnel, le danger guette. Que l’on critique le choix du mot est de bonne guerre et en l’occurrence justifié. Que l’on en vienne à menacer de mort l’auteur de l’article, cela dépasse le tolérable. Il ne s’agit que de sport. Et bien évidemment, il n'a jamais été dans l’intention du rédacteur de l’article de blesser tout un peuple. Alors, retour au sport. C’est sans doute du terrain que viendra la meilleure réponse : que le Portugal l’emporte jeudi contre la Pologne, plus personne ne se souviendra de cette polémique. Et 20 Minutes sera là pour en rendre compte.

Saudades lusitanas

Acacio Pereira, Directeur de la rédaction