Euro 2016: Et si le vrai souci de la Belgique, c’était d’être «une équipe trop gentille»?

FOOTBALL La Belgique n’a pas totalement convaincu au premier tour de l’Euro. Pour s’extirper du piège hongrois dimanche en huitième de finale, à Toulouse, elle devra montrer plus de caractère…

Nicolas Stival
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Les Belges Kevin De Bruyne, Radja Nainggollan et Dries Mertens lors du match de l'Euro contre la Suède, le 22 juin 2016 à Nice.
Les Belges Kevin De Bruyne, Radja Nainggollan et Dries Mertens lors du match de l'Euro contre la Suède, le 22 juin 2016 à Nice. — F. Sierakowski / Sipa

La saillie de Kevin De Bruyne, qui s’en « bat les couilles », après le succès contre la Suède, l’incroyable interview « melon » de Romelu Lukaku dans So Foot avant l’Euro, dans lequel l’avant-centre assure que les Diables Rouges veulent « gifler » leurs adversaires… Vu de France, le caractère des Belges semble à la hauteur de leur classement FIFA : deuxièmes derrière l’Argentine. Mais en fait pas du tout, stoppe immédiatement Thierry Luthers.



Le journaliste sait de quoi il parle : il suit l’équipe nationale depuis douze ans pour la RTBF. Selon lui, le Flamand De Bruyne a commis une maladresse en français, une langue qui n’est pas la sienne, et les « punchlines » de Lukaku ont été montées en épingle. « Au contraire, c’est une formation qui manque de leaders, assure-t-il. Vincent Kompany est le vrai boss, mais il est blessé. Et après la défaite contre l’Italie, c’est Jean-François Gillet, le troisième gardien de 37 ans, qui a provoqué une réunion de prise de conscience avec les autres joueurs.



Hazard, capitaine par défaut?

En l’absence de Kompany, le trop fragile défenseur central de Manchester City, c’est Eden Hazard qui porte le brassard. « Mais c’est un capitaine par défaut, il le dit lui-même, observe Luthers. Il n’a pas l’âme d’un leader. Il y a quelques cadres dont le vestiaire, comme Witsel, Vertonghen ou Courtois, mais cela reste une formation de garçons bien élevés. D’ailleurs, Marc Wilmots regrette que ce soit une équipe trop gentille. »

Ainsi, les Belges ont « seulement » commis 32 fautes lors des trois matchs du premier tour. Seule l’Angleterre (31) a été moins sanctionnée alors qu’à l’autre bout de ce classement, les poètes roumains sont repartis chez eux après en avoir fait 52.

Plus globalement, les collègues de Thibaut Courtois n’ont pas pleinement convaincu avant le huitième de finale contre la Hongrie, ce dimanche à Toulouse. « Nous avons une génération vraiment exceptionnelle, mais c’est encore davantage une addition de talents qu’une véritable équipe malgré les efforts de Wilmots », juge Thierry Luthers, qui attend avec impatience le réveil de De Bruyne, assez discret jusqu’à présent.



Tout en restant optimiste. « On se retrouve dans la meilleure partie du tableau. Si on a de l’ambition, la deuxième équipe mondiale doit battre la Hongrie, qui est vingtième, avec un gardien de 40 ans (Gábor Király) et pas de véritables stars, puis se qualifier pour une demi-finale. » Avant, pourquoi pas, une finale, comme les glorieux aînés de 1980, battus par la RFA (2-1).