Euro 2016: Mais où sont passés les 30.000 supporters du pays de Galles de Dinard?

FOOTBALL Hormis quelques éléments de décor, rien n'indique que la station balnéaire vit au rythme de l'épreuve continentale...

Jeremy Goujon

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La campagne d'encouragement imaginée par la Fédération galloise est, elle, bien visible à Dinard.
La campagne d'encouragement imaginée par la Fédération galloise est, elle, bien visible à Dinard. — J. Goujon / C Sport / 20 Minutes

À Dinard,

« Bienvenue au pays de Galles ». Sitôt le panneau « Dinard » franchi, la station balnéaire bretillienne annonce la couleur. Hôte des Dragons pendant l’Euro, elle s’est ainsi parée de (quelques) drapeaux et banderoles à l’effigie du pdG.

Les hommes invisibles

Difficile pourtant de se sentir comme à Cardiff, tant le rouge cher à Gareth Bale et ses teammates est davantage visible sur les camions de pompiers ou les sièges du media center installé au Complexe sportif évolutif couvert (Cosec). « La présence de supporters gallois n’est pas visible », confirme auprès de 20 Minutes Hussam Hindi, directeur artistique du Festival du film britannique de Dinard.

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« Il y a eu une certaine euphorie, il y a quelques mois, quand le pays de Galles a annoncé qu’il venait ici, reprend-il. Tout le monde disait que les rues allaient être remplies par les fans, on a parlé de 30.000 personnes… En fait, rien du tout ! Les supporters vont aller là où il y a les matchs [ils étaient 27.000 Gallois à Bordeaux pour le duel contre la Slovaquie], surtout que les joueurs sont invisibles à Dinard. On n’a pas le droit de les voir aux entraînements [une seule session ouverte au public, déjà passée, durant la compétition]. »

Homard les a tuer

Pour avoir quand même une chance de croiser les hommes de Chris Coleman, il faut se rendre au Novotel Thalassa, leur lieu de résidence durant le tournoi. N’ayant pas entièrement privatisé les lieux, la délégation a ainsi laissé la possibilité à Pauline de croiser « deux ou trois joueurs ».

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Pas de quoi faire sauter au plafond la responsable du restaurant « Homard and Chips » (situé face au casino), dont le foot n’est pas vraiment la tasse de thé, et qui ne peut que constater, en centre-ville, un manque flagrant d’effervescence. « La période est assez calme. Dimanche soir [12 juin], on a servi des Allemands et des Espagnols. Avec l’arrivée supposée des Gallois, on voulait ouvrir plus tôt, car on sait qu’ils mangent de bonne heure. Mais on a très vite abandonné l’idée… »

Une hausse des visiteurs… anglais

Un poil déçue, la gérante pensait retrouver la ferveur du début d’année, quand son établissement aux allures de pub affichait complet pour ses débuts. « Heureusement qu’on n’a pas concocté de recette spécifique pour l’Euro », se console Pauline. Martin, serveur non loin de là au « Café Rouge », déplore lui aussi une « petite activité », malgré « quelques petits groupes de quatre ou cinq Gallois ». « Ce n’est pas ce qui avait été annoncé. Je crois que la presse s’est enflammée avec ce nombre de 30.000 supporters. »

Ou la simple retranscription des grandes espérances de la municipalité, laquelle s’en était référée aux prévisions des services de sécurité british. « On s’attend à la venue d’au moins 30.000 Gallois », s’enthousiasmait ainsi la maire Martine Craveia-Schütz. À la mi-juin, l’Office de tourisme dinardais indique juste « une petite hausse de la clientèle anglaise (sic) par rapport à la même période en 2015, sans toutefois savoir s’il existe un rapport avec la présence de l’équipe du pays de Galles ».

La vie est Bale

C’est finalement par hasard que des accros aux Bale histoires ont été croisés en Ille-et-Vilaine. Des fans sur le chemin du retour at home - ils étaient à Bordeaux - autorisés à prendre la pose avec l’idole du pays.

Rhydian (ou son double), supporter gallois, figure à côté de Gareth Bale sur la fresque made in Wales.
Rhydian (ou son double), supporter gallois, figure à côté de Gareth Bale sur la fresque made in Wales. - J. Goujon / C Sport / 20 Minutes

Parmi eux, Rhydian, plutôt rodé aux séances photo puisqu’ayant participé à la campagne d’encouragement imaginée par la Fédération galloise (#TogetherStronger). L’occasion d’immortaliser un savoureux effet miroir. Le moment de se dire, surtout, qu’il y a plus d’aficionados sur les fresques en question que dans les artères de Dinard.