Euro 2016: Et si finalement, cette sélection italienne était l'une des plus classes de l'histoire

FOOTBALL L’Italie a joué un drôle de tour à la Belgique lundi avec une victoire (2-0) quasiment maîtrisée de bout en bout. « 20 Minutes » vous explique pourquoi cette sélection sous-cotée peut finalement aller loin dans l’Euro 2016…

Jérémy Laugier
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Leonardo Bonucci a hérité du sens de la passe d'Andrea Pirlo avec la Squadra Azzurra.
Leonardo Bonucci a hérité du sens de la passe d'Andrea Pirlo avec la Squadra Azzurra. — JEFF PACHOUD / AFP

A Lyon,

Le regard déterminé, Gianluigi Buffon avait annoncé dimanche en conférence de presse que l’Italie ne comptait pas entrer dans cet Euro « en victime ». On a vite compris lundi que ce n’était pas une posture d’optimisme convenu. Voici en cinq raisons comment la Squadra Azzurra a battu la Belgique (2-0) au Parc OL, et surtout pourquoi elle va encore faire galérer plus d’une sélection.

Sa défense « BBC » est plus solide que jamais

Si on avait bien une certitude avant l’entrée des Transalpins dans la compétition, c’est qu’Antonio Conte avait un job confortable au moment de composer sa défense pour le tournoi. Quel entraîneur résisterait à la tentation d’aligner les yeux fermés la « BBC » la plus efficace d’Europe avec Barzagli, Bonucci et Chiellini dans un 3-5-2 labellisé Juve ?

Pour simplement arracher l’un de ses deux seuls tirs cadrés de la rencontre, avec une tentative dangereuse de 20 m de Nainggolan, la Belgique a par exemple dû enchaîner trois surprenantes remises de la tête (10e).

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Bonucci se permet en plus d’offrir des caviars « à la Pirlo »

Et comme si la rigueur, le placement, et un peu de vice évidemment ne suffisaient pas, Leonardo Bonucci a tranquillement signé une passe décisive d’anthologie sur le premier but du match. Une ouverture lointaine et diaboliquement précise pour Giaccherini (32e). Le tout tel un cousin lointain de l’Allemand Mats Hummels, voire même, osons, de l’ancien génie de la Squadra Azzurra Andrea Pirlo sur le coup.

L’Italie tord le cou aux clichés en se découvrant même trop

C’est historique depuis lundi, l’Italie peut donc se retrouver piégée en contres. Partis à l’aventure avec pas moins de sept joueurs en zone d’attaque, malgré leur but d’avance, les hommes d’Antonio Conte ont été débordés en deux passes, avant une sortie canon de Gianluigi Buffon et un gros loupé de Lukaku (53e). Une vulnérabilité (relative) qui rend cette sélection italienne un peu plus séduisante que certaines de ses devancières quasi infaillibles tactiquement.

Des inconnus se muent déjà en révélations

Jamais peut-être les deux buteurs de la Squadra Azzurra lors d’un tournoi majeur, en l’occurrence Giaccherini et Pellè, ont été à ce point méconnus du grand public. Il n’empêche qu’ils ont montré de vraies qualités techniques pour vite se projeter vers le but de Thibaut Courtois.

Le milieu de terrain de la Lazio Rome Marco Parolo a également prouvé qu’il pouvait être plus qu’un quatrième choix ayant bénéficié des forfaits de Verratti, Marchisio et Montolivo. Pour leur premier grand rendez-vous dans la peau de titulaires, ces trois-là tout comme Candreva et à un degré moindre Darmian et Eder se sont révélés épatants.

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Gianluigi Buffon est toujours aussi parfait en guide sûr de sa force

La planète foot devrait déjà se préparer psychologiquement à voir Gianluigi Buffon arrêter sa carrière. Si si, il va le faire, enfin un jour. Encore impeccable dans le jeu lundi, à 38 ans, le portier de la Juve dégage surtout une sagesse qui rejaillit sur ses « jeunes » partenaires. Lorsque De Rossi a commencé à s’attraper avec Lukaku, Buffon s’est vite approché pour les séparer.

Après une tendre accolade pour l’attaquant belge, il a immédiatement permis au jeu de reprendre. Et à la sélection italienne de suivre son indéboulonnable capitaine, qui a sans doute une idée dans le coin de la tête, dix ans après avoir soulevé la Coupe du monde. Pas de doute, George Abitbol peut aller se rhabiller, l’homme le plus classe du monde, c’est définitivement « Gigi » Buffon.