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Max Verstappen va-t-il enfin être reconnu à sa juste valeur ?

F1 GP du Qatar : « Même ses haters sont devenus fans »… Max Verstappen va-t-il enfin être reconnu à sa juste valeur ?

Remontada oranjeA deux courses de la fin du championnat du monde, Max Verstappen peut toujours espérer doubler sur le fil Lando Norris
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • À deux courses de la fin du championnat de F1, trois pilotes peuvent encore être sacrés. Lando Norris possède 24 points d’avance sur ses poursuivants Oscar Piastri et Max Verstappen, ce dernier ayant réduit l’écart grâce à sa victoire à Las Vegas et la disqualification des McLaren.
  • Verstappen a connu un été catastrophique avec sa Red Bull RB21 peu performante, mais a réussi un retour spectaculaire depuis fin août avec quatre victoires et quatre podiums en huit courses.
  • Cette saison difficile a permis à Verstappen de prouver ses qualités exceptionnelles de pilotage et de changer l’opinion du public, comme le souligne Franck Montagny : « Je pense que, cette année, il a presque besoin de nouveaux haters, parce que ses haters sont devenus ses fans. »

Il y a quatre ans, la Formule 1 avait fait fort. Très fort. Un titre mondial qui se joue entre Lewis Hamilton et Max Verstappen sur le dernier tour de la dernière course de la saison à Abou Dhabi… Les scénaristes de Drive to Survive, sur Netflix, n’en demandaient pas tant. Après quelques années à se tourner les pouces et à bâiller comme des carpes, voilà que tout ce petit monde est sorti de sa léthargie. A deux courses de la fin du championnat du monde, trois pilotes peuvent encore être sacrés.

Leadeur, Lando Norris a quand même un beau matelas d’avance : 24 points (il en reste 58 à attribuer) sur son coéquipier chez McLaren Oscar Piastri et autant sur Max Verstappen. Mais le quadruple champion du monde a réalisé l’opération du siècle le week-end dernier en gagnant le Grand Prix de Las Vegas et en voyant les deux monoplaces de l’écurie anglaise être disqualifiées pour une sombre histoire d’usure trop prononcée de la planche située sous la voiture.

Voilà comment le Néerlandais peut venir chuchoter à l’oreille de Norris et lui mettre une pression du tonnerre avant le GP du Qatar, ce dimanche. Improbable vu d’où revient Verstappen cette saison. Fin août, après la course chez lui aux Pays-Bas, il pointait à 104 points du leadeur. Il y a encore un mois, alors qu’il venait de terminer 16e des qualifications du GP du Brésil, Verstappen assurait qu’il fallait « oublier » le titre mondial.

Un été catastrophique avec une voiture qui n’avance pas

La faute à une concurrence accrue, mais surtout à une Red Bull RB21 proche d’une Minardi de la grande époque, bien moins performante que ses prédécesseuses. Entre le GP de Monaco fin mai et celui de Hongrie, début août, Verstappen n’est monté qu’à une seule reprise sur le podium en sept courses, a abandonné une fois et a terminé 9e et 10e sur deux courses. Pas loin de la catastrophe. Alors, se battre quelques mois plus tard pour le titre avec une telle charrette tiendrait presque du miracle.

« Max, c’est le pire rival que tu peux avoir en face de toi pour jouer un Mondial, assure Jaime Alguersuari, ancien pilote de F1, passé par Toro Rosso entre 2009 et 2011. Il a encore plus de mérite d’être à ce niveau avec le rendement de ce Red Bull cette année, parce que ce n’est pas une voiture pour gagner, ou ce n’était pas le cas. Il a su, tant lui comme son ingénieur, l’amener à un niveau et à un point où il n’y a aucun pilote dans le monde qui n’aurait pu faire ça. »

Pas même Liam Lawson ou Yuki Tsunoda qui se sont succédé dans le deuxième baquet de la RB21, avant que le petit prodige français Isack Hadjar ne prenne le pouvoir en 2026. Le Japonais, arrivé pour le troisième GP de la saison, a marqué treize fois moins de points que son coéquipier. Alors, jamais mieux servi que par soi-même, Verstappen a fait le taf tout seul, ou presque. Interrogé sur SkySports à propos des bonnes performances de sa voiture à Las Vegas, Max Verstappen a répondu ironiquement avec un grand sourire : « Oui, c’est juste une question de voiture… »

Verstappen au four et au moulin sur la voiture

« C’est une année compliquée pour Red Bull, avec tous les changements qu’il y a eu à l’intérieur de l’équipe, estime Franck Montagny, ancien pilote de F1 désormais consultant pour Canal+, diffuseur des deux dernières courses. Verstappen n’a pas fait toutes ses courses avec son même ingénieur. Et malgré tout, ce mec-là, il a quand même réussi à amener l’équipe à faire des gros changements sur la voiture et ils se sont rapprochés très forts de McLaren. »

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« Si on regarde les courses du début de l’année, la performance qu’il faisait avec sa voiture et la fin de l’année, c’est assez incroyable », reprend le Français. Depuis le Grand Prix des Pays-Bas, fin août, Verstappen a aligné quatre victoires et quatre podiums en huit courses. « La Formule 1 a toujours été de la technologie, de la science, des équipes, des ingénieurs… Et ici, nous avons vu une partie humaine, surtout une partie mise par le pilote, qui a généré des différences », salue Alguersuari.

Au point d’être considéré parmi les meilleurs pilotes de l’histoire de ce sport ? Assurément selon l’ancien pilote espagnol, devenu DJ : « Dans la F1 la plus compétitive de l’histoire, il a été supérieur avec un véhicule moins compétitif, avec un rythme moindre. On peut le mettre même plus haut que des Vettel, Schumacher, Hamilton… Max s’est adapté à une nouvelle F1 qui lui va comme gant. Avec n’importe quel véhicule, dans n’importe quelle circonstance, il a réussi à s’en sortir. »

« Normalement, tout le monde dit que personne ne se souvient du deuxième du championnat du monde, mais cette année, c’est vraiment spécial si Verstappen ne parvient pas à gagner le championnat, raconte Bas van Bodegraven, qui a lancé le GoMax Fan Club, le premier groupe de supporteurs du pilote néerlandais. Je pense qu’aucun fan de Formule 1 n’oubliera cette saison. »

Verstappen adulé même par ses haters

Souvent dénigré ces dernières années en raison d’une monoplace bien supérieure au reste de la grille, Max Verstappen a réussi à changer la position des suiveurs de F1 grâce à des qualités de pilotage au-dessus de la moyenne, comme le rapporte Bas van Bodegraven, qui se déplace partout sur le globe pour suivre son poulain peu importe les circonstances :

« Bien sûr, je ne suis pas neutre et j’ai toujours pensé qu’il était très doué, mais pour la première fois depuis dix ans et ses débuts en F1, tout le monde voit aujourd’hui qu’il est le meilleur pilote. Même les Britanniques sont maintenant des fans de Verstappen. Aujourd’hui, tout le monde est conscient de son niveau. Et si vous ne l’êtes pas, c’est que vous vivez sous-terre. »

Dans les gradins, même les plus réfractaires reprennent la chanson Tu-tu-tu-du, Max Verstappen. « Je pense que, cette année, il a presque besoin de nouveaux haters, parce que ses haters sont devenus ses fans, conclut Franck Montagny. On peut raconter ce qu’on veut sur Verstappen, que sa tête nous revienne ou pas, mais c’est un mec qui va vite sur le sec ou sous la pluie, c’est un super pilote et, cette année, il le prouve à tout le monde. » Il en reste un à dompter : Lando Norris.