Formule 1 : Pierre Gasly et Esteban Ocon « savent qu’ils sont attendus au tournant » chez Alpine
FORMULE 1•L’écurie française de Formule 1 Alpine, qui présente sa nouvelle A523 ce jeudi, sera l’une des plus scrutées avec son duo de pilotes 100 % tricolores, Esteban Ocon et Pierre GaslyAdrien Max
L'essentiel
- L’écurie française de Formule 1, Alpine présente sa nouvelle monoplace, l'A523, ce jeudi à Londres.
- Mais à un peu plus de deux semaines du début de saison, c’est surtout le nouveau duo de pilote 100 % français avec Esteban Ocon et Pierre Gasly qui suscite l’attente.
- Laurent Rossi, le patron d’Alpine les a d’ores et déjà prévenus : « il ne faut pas se rater ».
Deux pilotes français, et normands, tous deux vainqueurs de Grand Prix, dans une écurie française, et normande. C’est le mariage que nous propose Alpine pour cette saison 2023 de Formule 1, avec ses deux pilotes Esteban Ocon, et Pierre Gasly. Finies les embrouilles avec Fernando Alonso, parti chez Aston Martin, soldé, l’imbroglio Piastri, place désormais à l’un des duos les plus attendus de la prochaine saison en F1.
« Pierre, un pilote français, normand, qui nous rejoint. C’est un peu un hasard, ce n’est pas ce qui guidait notre choix. Le choix était un pilote rapide ; et Pierre était le plus rapide des pilotes disponibles, voire non disponibles [Alpine a dû s’acquitter d’un chèque pour débaucher Gasly du giron RedBull]. Il a surtout les caractéristiques qui nous intéressent, il est reconnu comme un bon, voire très bon développeur », pouvait savourer Laurent Rossi, le patron d’Alpine après la signature de son nouveau pilote.
Il a pu effectuer ses premiers tours de piste au volant de la nouvelle A523 sur le circuit de Silverstone lundi, avant la présentation de la monoplace en grande pompe ce jeudi soir à Londres. « C’était fantastique de retrouver le volant, surtout sous mes nouvelles couleurs avec Alpine. Aujourd’hui, il s’agissait de se faire une première idée de la monoplace et je me sentais extrêmement bien durant mes tours. C’était un moment de fierté de la piloter en voyant tous ces visages dans le garage », s’est il satisfait à l’issue du « shakedown ».
« La première fois qu’il est monté dans un kart, c’était dans le mien »
L’histoire est belle, les deux pilotes se connaissent depuis tout petit et partagent depuis leur plus jeune âge ce rêve de rouler en Formule 1. « Pierre, la première fois qu’il est monté dans un kart, c’était dans le mien près de Rouen. On a roulé ensemble sur les mêmes circuits, sur les mêmes compétitions. C’est juste fou de se dire que ça y est, on va rouler dans une des plus grandes écuries du monde, et en plus dans une marque normande. C’est une super histoire, et j’ai hâte de commencer la collaboration », se réjouit ainsi Esteban Ocon.
Mais avec deux pilotes du même âge, 27 ans cette année, une expérience sensiblement équivalent -111 courses pour Ocon, 108 pour Gasly- et un Grand Prix chacun à leur actif, la comparaison entre les deux pilotes pourraient créer des frictions, déjà apparues dans l’entourage des deux pilotes dans les catégories inférieures. Pas de quoi inquiéter Esteban Ocon, qui a dû faire sa place face à Fernando Alonso, pas réputé pour être l’un des coéquipiers les plus faciles, lors des deux dernières saisons : « Non je n’appréhende pas la collaboration avec Pierre. On a une belle histoire à créer ensemble, on a encore beaucoup de travail pour emmener cette voiture au plus haut niveau. Comme dans toute saison en F1, il faut toujours prouver. Je suis plus en forme que jamais, et je serai au top l’année prochaine donc il n’y aura pas de souci ».
« Il ne faut pas se rater »
Laurent Rossi, bien conscient de la situation, prévient d’emblée : « Il n’y aura pas de hiérarchie, pas pour commencer la saison ». Si l’un des deux pilotes se détache « nettement » au classement, alors il sera « naturellement » favorisé pour l’apport des innovations. Avec cette volonté de « collaboration stricte » entre les côtés du garage, « la marque de fabrique » d’Alpine, à la différence de RedBull qui privilégie Max Verstappen au détriment de Sergio Perez, « une gestion plus vraiment moderne », selon le boss d’Alpine. Et que Pierre Gasly a dû apprendre à ses dépens lors des 12 courses disputées avec RedBull en 2019, un échec.
Le patron d’Alpine pourra s’appuyer sur l’expérience de la fin de saison 2022 houleuse entre Esteban Ocon et Fernando Alonso, pour une meilleure gestion de ses deux pilotes français en 2023 :
« C’est du management au quotidien, ça reste des sportifs de haut niveau. Les deux savent qu’ils sont attendus au tournant, et que si quelque chose se passe entre eux, ce seront eux qui seront perdants plus que nous. Parce que tout le monde s’attendra à ce que ça arrive. Il est temps de montrer, aussi, qu’ils sont de grands adultes, capables de tirer l’équipe vers le haut et de se transformer de pilotes rapides en leaders matures, avance-t-il, sans hésiter à les mettre sous pression. Ils ont 26 ans, à la fin de leur contrat ils approcheront encore plus de 30 ans, il ne faut pas se rater non plus. La jeune génération pousse très fort et c’est dangereux dans ce genre de situation de se retrouver poussé d’une équipe parce qu’on n’a pas montré la maturité suffisante pour la faire progresser. Je pense que ce sont des personnes responsables, les deux m’ont assuré individuellement et ensemble qu’ils donneront le meilleur ». »
Objectif podium
Côté piste, l’écurie française se montre plutôt confiante quant à sa capacité à apporter une monoplace compétitive à son duo de pilote, avec un nouveau plancher pour éviter l’effet de marsouinage qui a pénalisé de nombreuses équipes en 2022. En décembre, « la monoplace de [2023] était déjà plus rapide que celle de 2022 », grâce, notamment à l’acquisition d’un « banc dynamique qui permet de tester la monoplace en situation quasi réelle de roulage ». De quoi aborder cette nouvelle saison avec une monoplace « bien plus prête pour le premier Grand Prix qu’en 2022, et potentiellement déjà beaucoup plus rapide », selon Laurent Rossi. De quoi ambitionner de solidifier la 4e place obtenue en 2022 au classement des constructeurs, « et pourquoi pas troisième », avec la volonté de voir au moins l’un des deux pilotes monter sur le podium, « la progression naturelle », pour Alpine.
Si l’arrivée de Pierre Gasly est le gros changement de cette intersaison, il ne devrait pas y en avoir sur la livrée de la prochaine A523. « Elle va un peu changer. On va rester dans des codes assez connu, donc il n’y aura pas de grosses surprises », a prévenu le boss. C’est davantage sur la piste que l'on voudrait en voir, pour tout dire.


















