Eurobasket: Le Top10 de Vincent Collet, le génial sélectionneur des Bleus

BASKET Il est drôle, malin, triste, sanguin, et terriblement divertissement…

B.V. et J.L
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Le sélectionneur de l'équipe de France de basket, Vincent Collet, après la victoire contre l'Espagne, en quart de finale des mondiaux 2014.
Le sélectionneur de l'équipe de France de basket, Vincent Collet, après la victoire contre l'Espagne, en quart de finale des mondiaux 2014. — D. OCHOA DE OLZA/AP/SIPA

Il pourrait paraitre austère, comme ça, Vincent Collet. C’est vrai qu’il n’a pas la gouaille d’un Claude Onesta, le débit d’un Bernard Laporte ou le charisme d’Aimé Jacquet, mais le sélectionneur de l’équipe de France de basket mérite pourtant largement sa place dans le panthéon des meilleurs entraîneurs/orateurs du sport hexagonal. On vous explique pourquoi en dix très bonnes raisons.

N°10 : « Un jour ce sera ton équipe. Mais pas aujourd’hui. »

Vincent Collet sait gérer les stars, épisode 1. Devant un Nicolas Batum un peu trop zélé lors de l’Euro 2013, le coach des Bleus explique avec tact et finesse à l’ailier qu’il vaut mieux être « le meilleur lieutenant qu’un mauvais général ». En clair : c’est Tony Parker le patron et Batum doit être là pour l’assister, pas pour être le sauveur. « Un jour ce sera ton équipe. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est la sienne. »



N°9 : Il a du Domenech en lui

Un vent magistral. Comme Domenech refusant de serrer la main de Parreira après l’élimination de la France en Coupe du monde 2010, Vincent Collet a quitté le troisième match de la dernière finale du championnat de France sans saluer le président adverse, Fred Forte. Pourquoi ? Parce que ce dernier avait eu la mauvaise idée de critiquer le jeu de Strasbourg, l’équipe de jeu, comparé à du « basket de rue ».



N°8 : Il a démonté publiquement Rodrigue Beaubois

La palette de Vincent Collet s’élargit. Le voici en mode destruction. Sa cible, le meneur de jeu Rodrigue Beaubois, qu’il assomme dans une interview à l’Equipe pour justifier sa non sélection à l’Euro. « Rodrigue Beaubois peut jouer en meneur mais il ne mène rien, à part lui-même. Je suis convaincu de son talent, un talent brut remarquable mais qui parfois se perd. » Trop dur, Collet s’excusera quelques jours plus tard, estimant avoir utilisé des « propos blessants ». N’empêche, des sélectionneurs qui démontent comme ça un joueur sans la moindre langue de bois, il en existe trop peu pour qu’on boude notre plaisir.

N°7. Il est la star de la vidéo la plus chiante de tout Youtube

54 minutes d’un ennui le plus total. Intitulée « Vincent Collet : Le Pick & Roll 1/3 », cette vidéo a été élue par la rédaction de 20 Minutes comme « la plus chiante de tout Youtube ». Le coach Français y explique donc en détail le Pick & Roll, cette combinaison classique du basket. Pour le fun, sur une journée un peu légère, on a tenté de se la flinguer en entier. Pris de convulsions au bout d’un quart d’heure, l’expérience fut douloureuse. Avant que la mousse nous sorte de la bouche, on a quand même pu entendre : « Ça pourra aller backdoor s’il y a un trou pour aller au lay-up », « c’est la skip à l’opposé », « est-ce que c’est stické et passé dessous ? ».



Deux remarques nous viennent immédiatement à l’esprit :

- Il donne effectivement l’impression de bien connaître son métier.

- Si l’auteur a tenu bon de préciser que cette vidéo est « 1/3 », ça veut dire qu’il existe une « 2/3 » et une « 3/3 ». On vous laisse fouiller internet pour accéder à ces deux heures de bonheur supplémentaire.

N°6. Pour le paquito de légende en 2009

Malgré son allure de prof d’informatique coinços, Vincent Collet sait prendre du bon temps le samedi soir après s’être chauffé au 51 piscine devant le plus grand cabaret du monde. Dans le passionnant « mémoires de coach », notre sélectionneur préféré nous apprend que toute l’équipe de France, lui compris, a fêté sa qualif pour l’Euro 2009 par un paquito géant dans une bodega paloise au milieu de 4.000 supporters déchaînés. Comment ne pas aimer un homme qui porte si haut l’art de l’amusement à la française, quelque part entre La bande à basile et Patou Sébastien ? Tout juste peut-on déplorer qu’il n’existe aucune archive vidéo de ce moment de grâce.



N°5. « Si les Espagnols veulent pleurer, ils peuvent pleurer »

Vincent Collet est le seul homme qu’on connaisse à détester autant les Espagnols que la rédaction des sports de 20 Minutes, c’est même une sorte de boussole en la matière. Il faut dire qu’entre la tête à claque de Rudy Fernandez et le serial floppeur Navarro, Collet a bouffé de l’arrogance ibère pendant des années. En 2012 après une énième défaite frustrante aux JO, Vincent le pitbull sort les crocs pour défendre ses joueurs devant les journalistes espagnols : « Le basket est un sport physique. On ne va pas recevoir de leçons de la part de journalistes espagnols. Vos gars ne font pas de cadeaux sur le terrain, on ne fait pas de cadeaux. Si les Espagnols veulent pleurer, ils peuvent pleurer ». Manquait plus que le poing dans la figure qui aurait soulagé toute une corporation. Ce sera pour la prochaine fois.

N°4. « On progresse ensemble ou tu fais un show ? »

Face à Tony Parker, icône intouchable du basket français, un temps président de Collet à l’Asvel, le coach des Bleus a autant de pouvoirs que la reine d’Angleterre. Cela ne l’empêche pas, habilement, de glisser deux/trois taquets bien sentis au meneur de jeu des Spurs. Exemple : sur une exercice d’attaque-défense de routine pris par-dessus la jambe par T.P., Collet balance : « On progresse ensemble ou tu fais un show ? ». L’autre frise l’insolence – « Pourquoi tu me parles à moi ? », pourrit un équipier sans jamais le regarder (Jeanneau), mais finit par s’exécuter. Cela s’appelle le tact.



N°3. Pour cette photo

Saga Africa, attention les secousses


N°2. « Ce matin, j’avais l’impression de voir le soleil d’Austerlitz »

C’est peut-être le jour ou Vincent Collet a conquis pour de bon notre petit cœur bleu blanc rouge, plein d’amour pour les déclarations chauvines à l’accent napoléonien. L’an passé, le sélectionneur tricolore a convoqué la grande Histoire de France pour commenter la magnifique victoire des Bleus sur l’armada espagnole, en terre ennemie. « Impossible n’est pas français. Depuis qu’on est en Espagne, ce n’est pas une nouveauté mais ce matin, j’avais l’impression de voir le soleil d’Austerlitz ». Beau comme du Dominique De Villepin à l’ONU. Balance-moi la Marseillaise, DJ.


N°1. « J’ai oublié qu’il fallait tout vous dire »

L’un - si ce n’est LE – des plus beaux coups de gueule de l’histoire du sport français. Sachez qu’il ne se passe jamais une semaine sans que quelqu’un ne lance cette vidéo dans le service des sports de 20 Minutes. Pour un plaisir toujours renouvelé. Remerciements éternels, M. Collet.