Tour de France 2025 : L’ancien manager Eric Boyer doute de Pogacar et dénonce « une lâcheté générale sur le dopage »
coup de gueule•En poste chez Cofidis de 2005 à 2012, Eric Boyer assure que l’atmosphère est « suspicieuse » autour des performances du maillot jaune du Tour de France Tadej Pogacar. Il en appelle à une réaction des équipesJ.Lau.
L'essentiel
- Manager de l’équipe Cofidis de 2005 à 2012, Eric Boyer exprime ses doutes sur Tadej Pogacar alors que le Tour de France 2025 approche de la fin. Il déclare au Parisien ce jeudi : « Il faut être lucide, son entourage ne plaide pas en sa faveur ». Eric Boyer compare les justifications de ses performances à celles données en son temps par Lance Armstrong.
- Il dénonce également l’impact de la domination d’UAE Team Emirates sur le peloton. Pour lui, « il y a une espèce de lâcheté générale sur le dopage » dans le monde du cyclisme.
- Cet ancien coureur et manager professionnel remet en question l’efficacité des contrôles antidopage actuels, en avançant que « les laboratoires sont dépassés » pour tenter de démontrer « une hypermédicalisation chez quelques équipes, dont UAE ».
L’écrasante domination de Tadej Pogacar sur le Tour de France depuis l’an passé a fini par faire exploser un ancien manager de cyclisme. Dans une interview publiée jeudi soir par Le Parisien, l’ex-coureur et manager de l’équipe Cofidis (de 2005 à 2012) Eric Boyer se lâche particulièrement concernant le Slovène, sur le point d’empocher dimanche son quatrième sacre sur la Grande Boucle. Pourquoi doute-t-il particulièrement des performances de l’incontournable maillot jaune, tout en contrôle sur cette troisième semaine d’épreuve ?
« Il faut être lucide, son entourage ne plaide pas en sa faveur », lâche Eric Boyer, sans nommer directement le manager d’UAE Team Emirates Mauro Gianetti, qui présente un passé sulfureux. « Quand on les écoute, ce sont toujours les mêmes arguments : Pogacar s’entraîne plus et mieux, poursuit-il. La diététique est meilleure, l’équipe est forte. Mais ce sont les mêmes mots que pour Armstrong. Forcément, on est dubitatifs. »
« Les gars sont écœurés par l’allure d’UAE »
L’ex-coureur professionnel (de 1985 à 1995) s’interroge aussi sur la réaction du monde du cyclisme face à cette ère Tadej Pogacar, encore extrêmement serein jeudi dans l’épreuve reine des Alpes conclue au sommet du col de la Loze.
« Les gars sont totalement débordés, voire écœurés par l’allure et la domination de l’équipe UAE. Cela donne une atmosphère un peu monotone, triste et suspicieuse, estime-t-il. Beaucoup de coureurs sont embêtés, ils ont peur et pleurent en cachette au pied des bus. S’ils l’ouvrent, on me dit qu’ils vont le payer. OK, mais ils paient déjà. Ils prennent des claques dans la gueule tous les jours et ne se révoltent pas. Il y a une espèce de lâcheté générale sur le dopage. »
« Les laboratoires sont dépassés »
Ancien président du syndicat des équipes cyclistes (l’AIGCP) et vigilant à la lutte contre le dopage, Eric Boyer dénonce « une hypermédicalisation chez quelques équipes, dont UAE ». Selon lui, l’absence de contrôles positifs ne suffit pas à assurer qu’il n’y a pas de dopage sur le Tour de France.
Notre dossier sur le Tour de France 2025« Dans les laboratoires, on cherche bien, mais je ne sais plus si c’est dans les laboratoires qu’on trouvera la vérité, note-t-il. C’est à travers des investigations qui sont très difficiles à réaliser, j’en suis conscient. Mais les laboratoires sont dépassés. » Elle promet d’être sympa, l’ambiance autour du podium sur les Champs-Elysées dimanche, non ?


















