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Comment Vingegaard peut-il saluer « le travail incroyable » de la Visma ?

Tour de France 2025 : Comment Vingegaard peut-il saluer « le travail incroyable » de la Visma après le couac à la Loze ?

CyclismeEncore incapable de faire vaciller le maillot jaune Tadej Pogacar jeudi lors de la 18e étape en très haute altitude dans les Alpes, Jonas Vingegaard n’a sans doute pas été aidé par la stratégie de son équipe après le col de la Madeleine
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’équipe Visma-Lease a Bike a eu beau offrir une belle démonstration de force dans le Col de la Madeleine, jeudi lors de la 18e étape du Tour de France 2025, la suite a été beaucoup plus délicate pour Jonas Vingegaard et ses coéquipiers.
  • Isolé dans le col le plus exigeant de la journée, le maillot jaune Tadej Pogacar a en effet eu la bonne surprise de voir ses coéquipiers chez UAE rejoindre son groupe avant l’ascension finale du col de la Loze, qu’il a conclue devant son rival danois.
  • Si Jonas Vingegaard a salué « le travail incroyable de son équipe », qui a « appliqué à 100 % le plan », on ne s’explique toujours pas pourquoi Matteo Jorgenson a abandonné son leader dans la vallée pour accompagner une échappée jusqu’à la Loze.

Avec plus de 65 km d’ascension en hors catégorie et 5.450 m de D + au menu, la Visma-Lease a Bike avait face à elle, ce jeudi, un terrain de jeu rêvé dans les Alpes pour enfin mettre à mal le récital de Tadej Pogacar depuis le début de ce Tour de France 2025. Mais lorsque Jonas Vingegaard a lancé une attaque quasiment désespérée à moins de 2 km de l’arrivée au sommet du col de la Loze, avant de se faire encore planter par l’intouchable maillot jaune (9 secondes supplémentaires d’écart sur le Danois), on n’a pas pu s’empêcher de se dire : « Tout ça pour ça ».

Car oui, cette 18e étape était idéalement menée par la Visma dans le destructeur col de la Madeleine (19,2 km à 7,9 %). L’Américain Matteo Jorgenson avait accroché la bonne échappée depuis le précédent col du Glandon, et Wout van Aert (très brièvement), Simon Yates, puis surtout Victor Campanaerts et Sepp Kuss y ont mené un train d’enfer. Bilan ? Kévin Vauquelin (6e au général) et Florian Lipowitz (3e) ont été décrochés, tout comme l’intégralité des coéquipiers UAE de Tadej Pogacar, à 5 km du sommet.

Avec un bel instant panache : Jonas Vingegaard a lui-même tenté une attaque tranchante à 72 km de l’arrivée. « Je me sentais bien et l’équipe aussi, apprécie l’intéressé. Nous avions un plan, comme vous avez pu le voir, qu’on a essayé de lancer assez tôt. Mais malheureusement, je n’ai pas réussi à reprendre du temps sur Tadej. »

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Pourquoi cette échappée de Jorgenson dans la vallée ?

Isolé et harcelé par la Visma-Lease a Bike dans la Madeleine, le Slovène a été costaud pour résister dans la foulée à la descente pleine balle du tandem Jorgenson-Vingegaard. « Lorsqu’ils ont pris les commandes dans le col de la Madeleine, les coureurs Visma ont vraiment été forts, et aussi très rapides dans la descente, reconnaît Tadej Pogacar. Ils ont tout tenté mais ça n’a pas suffi. On est resté très forts, avec une belle cohésion d’équipe. »

Dans le camp d’en face, la « cohésion d’équipe » peut être débattue tant ce plan quasi parfait jusque-là s’est effrité dans la vallée. Totalement à l’arrêt à 42 km de l’arrivée, ce petit groupe maillot jaune a permis au futur vainqueur d’étape australien Ben O’Connor (Jayco AlUla), à Einer Rubio et à… Matteo Jorgenson de lancer une nouvelle échappée. Mais pourquoi donc l’Américain a-t-il abandonné son leader plutôt que de l’accompagner pour continuer de chercher à faire vaciller « Pogi » ?

Jonas Vingegaard avait le visage des mauvais jours, ce jeudi au sommet du col de la Loze, après sa troisième place obtenue sur la 18e étape du Tour de France.
Jonas Vingegaard avait le visage des mauvais jours, ce jeudi au sommet du col de la Loze, après sa troisième place obtenue sur la 18e étape du Tour de France. - Shutterstock/SIPA

« Tout le monde a appliqué le plan à 100 % »

« Il n’y avait pas de coopération dans notre petit groupe dans la vallée, constate le maillot jaune, guère attristé par l’étrange initiative de l’Américain. J’attendais que mes coéquipiers reviennent et c’est arrivé. » Conséquences : de retour bien avant, Florian Lipowitz a pu déclencher à sa guise une attaque lui offrant à un moment trois minutes d’avance sur ce « groupe », avant que même Oscar Onley et Kévin Vauquelin, en souffrance dans la Madeleine, ne réintègrent ce quasi-peloton.

Comble du ridicule de la stratégie de la Visma-Lease a Bike, la traversée de Moûtiers et de Brides-les-Bains sans le moindre punch a donné lieu à un retour cocasse de l’équipe Picnic PostNL, avalant encore un peu plus les espoirs de come-back au général de Jonas Vingegaard. Mais faut-il blâmer une disaster class tactique du directeur sportif de la Visma, Grischa Niermann, ou un choix individualiste cata de Matteo Jorgenson ?

Jonas Vingegaard a tranché cette question ce jeudi après-midi : « L’équipe a fait un travail incroyable aujourd’hui et je veux remercier mes coéquipiers. Tout le monde a appliqué le plan à 100 % et j’ai de la chance d’avoir une équipe travaillant ainsi pour moi ». OK, le Danois choisit donc publiquement de jouer la carte de la solidarité, mais la déroute de la formation néerlandaise a été totale dans l’ascension finale du col de la Loze.

« Nous étions à peu près au même niveau »

Revenu tranquillou sur le groupe Pogacar-Vingegaard, c’est en effet l’UAE Team Emirates, Jhonatan Narvaez et Adam Yates en tête, qui a dicté le tempo, martyrisant une équipe Visma sans énergie et surtout sans plan B depuis la fin du col de la Madeleine. Au point de même frustrer… son rival ! « Quand on est arrivé au pied de la dernière ascension, j’ai pensé que si Visma commençait à pousser, on pourrait rentrer sur l’échappée, décrypte en effet Tadej Pogacar. Mais Ben O’Connor a été incroyablement fort et la victoire d’étape m’a échappé. »

Le Slovène s’est tout de même vengé en anesthésiant sans forcer la « air attack » de Jonas Vingegaard, avant de s’offrir une deuxième place d’étape et le maillot à pois sous la grêle au sommet de la Loze. Au-delà du combat Visma-UAE, il est clair que le futur quadruple vainqueur du Tour survole son duel personnel, ne montrant toujours aucun signe de faiblesse. L’optimisme de façade de son dauphin, désormais à 4'26'' au général avant la dernière grosse étape de montagne, vendredi entre Albertville et La Plagne, forcerait presque l’admiration

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« Avec Tadej, nous étions à peu près au même niveau aujourd’hui, et le Tour n’est pas terminé », a-t-il une nouvelle fois martelé. Soit, mais après avoir fini l’édition 2021 à 5'20'' de Tadej Pogacar, puis à 6'17'' l’an passé, Jonas Vingegaard pourrait se retrouver tout autant largué d’ici dimanche, et sans même une victoire d’étape dans sa besace. A l’heure du bilan, continuera-t-il vraiment de défendre une équipe « incroyable » ?