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Carapaz prend le maillot à pois et sauve l’honneur du commun des mortels

Tour de France 2024 : Merci Richie ! Carapaz récupère le maillot à pois et sauve l’honneur du commun des mortels

Y a pas que pogi dans la vieRichard Carapaz a arraché le maillot à pois des épaules de Tadej Pogacar ce vendredi, histoire de remettre à l’honneur les courageux baroudeurs en montagne
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Echappé lors de la 19e étape du Tour de France, Richard Carapaz n’a pas pu jouer la victoire, mais a raflé le maillot à pois.
  • L’Equatorien espère succéder à l’Italien Giulio Ciccone, qui avait ramené le maillot à Paris l’an passé.
  • Le grimpeur de l’équipe EF peut ainsi redorer un peu plus le blason des baroudeurs, souvent malmenés dans le classement de la montagne ces dernières années.

On attendait des manœuvres d’envergure en haute altitude. On a finalement eu droit, ce vendredi, à une pauvre course à élimination et à une énième victoire du maillot jaune sur la 19e étape du Tour de France. La fameuse « opération Bonette » des Visma-Lease a bike ne restera qu’un doux rêve. Même le bon Yoann Offredo faisait la moue sur le plateau de Vélo Club. « Aujourd’hui, ces étapes de montagne sont presque les moins intéressantes, il ne se passe rien, c’est une élimination par l’arrière », observait l’ancien baroudeur, qui voyait en Tadej Pogacar « un Pac-Man » dévorant les échappés les uns après les autres. Il a fallu attendre les questions de Rodolphe Gaudin pour enfin voir le vainqueur grimacer ce vendredi.

Avec quatre victoires d’étapes et le maillot jaune solidement accroché sur ses épaules depuis la première semaine, le Slovène avale tout ce qui lui passe sous le bras. Tout ? Non ! Un irréductible Équatorien résiste encore et toujours à l’ogre de Komenda. Nouveau maillot à pois, Richard Carapaz s’est mis en position de priver Pogi du Grand Chelem ce vendredi. On l’en remercie.

Il faut sauver le soldat grimpeur

Non, il n’y a pas que Pogi dans la vie, et on a déjà eu notre dose des vainqueurs accidentels du maillot à pois, qui raflaient la mise sans même en faire un objectif. Les victimes collatérales ? On pense inévitablement à Simon Geschke, admirable en 2022 mais dépossédé du maillot par Vingegaard pour 7 petits points. En 2020, Carapaz, déjà lui, avait échoué à 8 points de Pogacar, auteur du triplé jaune-pois-blanc, comme en 2021, où Wout Poels avait dû lui céder son tricot lors de la dernière semaine. Cette année, malgré les efforts du valeureux Jonas Abrahamsen, Pogacar a récupéré le maillot au Lioran, comme ça, sans même s’y intéresser.

Richard Carapaz a cependant grappillé des points ici et là : 18 vers le Plateau de Beille, 12 vers SuperDévoluy, etc. Jusqu’à la récolte fructueuse de ce vendredi, où il a cueilli 64 points en passant notamment en tête du col de Vars et de la Cime de la Bonette. L’Equatorien en avait ouvertement fait un objectif, et il a mis le ballon au fond. « Mon équipe a fait un excellent travail pour me permettre d’intégrer l’échappée. Une fois que j’y étais, je devais me battre pour obtenir le plus de points possibles », confiait-il après coup, « très heureux de la façon dont la journée s’est déroulée ».

Eviter le mannequin en plastique

Quatrième de l’étape à Isola 2000, la « locomotive de Carchi » n’a pas ménagé sa peine pour s’offrir 14 points de marge sur Pogacar. La lutte est loin d’être terminée puisque trois cols de 1ère catégorie et une difficulté de 2e catégorie seront à gravir samedi. Il faudra donc repartir au combat et se glisser dans l’échappée pour se mettre à l’abri, d’autant que le chrono final de dimanche offrira encore des points dans la montée de la Turbie, classée en 2e catégorie. « Ce maillot de la montagne est avant tout une question de prestige. Tous les cyclistes de mon pays en rêvent car en Équateur, il y a beaucoup de montagnes. Le maillot à pois signifie beaucoup pour moi », assure-t-il.

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En cas de succès, il deviendra le cinquième coureur sud-américain à remporter le Grand Prix de la montagne du Tour après Luis Herrera, Santiago Botero, Mauricio Soler et Nairo Quintana. Il bouclerait ainsi de la plus belle des manières un Tour de France exemplaire, avec une journée passée en jaune, une victoire d’étape et ce maillot. Il nous éviterait aussi l’embarras d’une photo finale où la tunique à pois termine sur un mannequin en plastique, comme c’était le cas en 2020, 2021 et 2022.

Ce maillot qui a fait la gloire de Richard Virenque, Warren Barguil ou Julian Alaphilippe mérite d’être honoré, sur les épaules d’un homme qui s’est dépouillé pour l’endosser. Et surtout pas de finir comme n’importe quel tricot exposé dans le rayon textile d’un hypermarché.