Tour de France 2024 : Un prix du combatif… et puis c’est tout ? Comment la Groupama-FDJ est en train de rater sa course
Anatomie d’une chute•Dans un rôle de second couteau, l’équipe Groupama-FDJ peine à peser sur ce Tour de France et se rapproche d’un cinquième été consécutif sans victoireQuentin Ballue
L'essentiel
- Représentée dans l’échappée ce mercredi sur la 17e étape, l’équipe Groupama-FDJ a raté une belle opportunité de décrocher sa première victoire sur le Tour de France depuis 2019.
- La formation de Marc Madiot doit pour le moment se contenter de quelques places d’honneur et de prix de la combativité pour relever son bilan famélique.
- Figure majeure de l’équipe, David Gaudu n’est pas à 100 %. Le petit prodige Lenny Martinez, sélectionné sans s’être spécifiquement préparé pour le Tour, est en difficulté. Leurs coéquipiers se démènent, mais n’ont pour le moment pas les jambes pour peser autant qu’ils le voudraient.
Seules quatre équipes sont encore au complet dans le peloton du Tour de France 2024 : Uno-X, TotalEnergies, Visma-Lease a bike et Groupama-FDJ. L’un des rares motifs de satisfaction de l’équipe dirigée par Marc Madiot. Depuis le Grand Départ de Florence, ses hommes n’ont terminé que trois fois dans le top 10… Echappé sur la route de Bologne dès la 2e étape, Quentin Pacher avait pris une belle troisième place à l’arrivée. Stefan Küng a fini dixième du chrono de Gevrey-Chambertin, handicapé par un saut de chaîne. Clément Russo, enfin, s’est classé septième au sprint à Pau. Loin d’être suffisant pour l’une des plus grosses cylindrées du peloton français.
Gaudu porté disparu
Ce mercredi, la Groupama-FDJ avait un beau coup à jouer sur une étape accidentée. Romain Grégoire est sorti assez tôt avec trois autres coureurs. Derrière, David Gaudu, Stefan Küng, Valentin Madouas, Clément Russo et Quentin Pacher se sont glissés dans un gros groupe de contre, dont faisait aussi partie le vainqueur, Richard Carapaz. « Je pense que ce n’était pas si mal joué collectivement. On avait un petit coup d’avance, les autres derrière pouvaient un peu mieux gérer la situation », rembobinait Grégoire au micro de France TV. Madouas a même réussi à raccrocher le wagon de tête en compagnie de Guillaume Martin au pied du Col du Noyer.
Sauf que le premier Groupama-FDJ, Madouas justement, n’a franchi la ligne d’arrivée qu’en 16e position. « Pour l’instant, il m’en manque un peu », réagissait Grégoire, pourtant pas loin d’être irréprochable pour sa première participation. On n’en dira pas tant de Gaudu, qui a vite lâché prise et terminé à 18 minutes du vainqueur, dans la continuité d’un Tour de France transparent. Sa prestation sur l’étape des chemins blancs (15e) relève tout juste le bilan famélique du grimpeur qui épaulait Thibaut Pinot en 2019 ou qui jouait le général des plus belles courses par étapes il y a encore 18 mois. Le bon vieux temps…
La tête dans la machine à laver
Maigre lot de consolation : le prix de la combativité remis à Romain Grégoire ce mercredi. Déjà le troisième pour l’équipe française puisque Clément Russo (en première semaine) et Quentin Pacher (en deuxième) y étaient déjà passés. « Ou vous avez la capacité à suivre les meilleurs, à les attaquer, à les distancer, ou vous les avez beaucoup moins. On est plutôt dans les beaucoup moins », répondait Madiot sur RMC ce week-end, maintenant son objectif de « gagner au moins une étape, être à l’avant de la course le plus souvent possible ».
Lenny Martinez se présente comme le symbole douloureux de ce Tour ô combien poussif. Appelé de dernière minute, le jeune grimpeur, grand espoir du cyclisme tricolore, galère depuis Florence. « Ce n’était pas prévu qu’il vienne sur le Tour. Il n’a pas fait le stage d’altitude en mai… Et le Tour, quand vous n’y êtes pas préparé, c’est une machine à laver », commentait Gaudu au sujet de son jeune coéquipier. Aussi talentueux soit-il, la décision de le lancer dans le grand bain dans ces conditions pose question alors que Madiot a toujours mis un point d’honneur à ne pas brûler les étapes. En résumé ? Un taulier en méforme, un pari hasardeux et des coureurs tout simplement pas assez forts pour jouer la victoire sur le Tour.
« On tourne autour mais on a besoin d’un résultat et pour l’instant il ne vient pas. Il faudrait qu’on arrive à passer le cap d’ici à la fin du Tour, pose Grégoire. Demain, il faudra y retourner, de toute façon, pour nous, c’est la dernière chance, enfin pour moi en tout cas. Il faudra y aller à fond. » Dans un bon jour, Grégoire et Madouas peuvent espérer jouer les premiers rôles jeudi vers Barcelonnette. Pour ce qui concerne les arrivées à Isola 2000 vendredi et à la Couillole samedi, l’état de forme de Gaudu et Martinez laisse sceptique face à des adversaires d’échappée potentiels comme Simon Yates, Richard Carapaz ou Enric Mas. Groupama-FDJ n’a plus gagné sur le Tour depuis Pinot en 2019 en haut du Tourmalet, une éternité. Et l’attente risque bien de s’allonger encore d’une année.


















