Tour de France 2024 : Tadej Pogacar va-t-il « faire profil bas » comme le lui conseille Lance Armstrong ?
Changement de braquet•Alors que Tadej Pogacar doit répondre aux doutes autour de ses incroyables performances, Lance Armstrong estime qu’il devrait « faire profil bas » et cesser d’attaquer à tout-vaQuentin Ballue
L'essentiel
- Tadej Pogacar aborde les trois dernières étapes du Tour de France avec 3'11'' d’avance sur Jonas Vingegaard.
- Maillot jaune, maillot à pois et vainqueur de trois étapes, le Slovène a dû répondre aux questions sur ses gigantesques performances ces derniers jours.
- Lance Armstrong lui conseille de la joue de manière discrète pour éviter de trop attirer l’attention, mais c’est bien mal connaître Pogi.
Tonton Lance Armstrong prodigue ses conseils, même quand on ne lui demande rien. Il a sacrément roulé sa bosse, lui, alors quoi ? Une ridicule histoire de dopage et son avis ne vaudrait plus rien ? On ne manque pas de respect à la légende… Dans son podcast « The Move », le plus célèbre des facteurs a donc repris Tadej Pogacar sur son attitude.
Le petit Pogi a carrément eu droit à une petite claque derrière la nuque à la suite de ses attaques dans le col du Noyer mercredi. « Ce n’était pas vraiment nécessaire d’attaquer comme ça, pointe-t-il. Cela ne fait qu’augmenter l’attention sur Pogacar. S’il y a des spéculations sur sa performance, ça n’aide certainement pas. (…) Parfois, il faut tenir compte de l’image que les gens ont de vous. » Autrement dit : « Mollo mon garçon, essaie d’éviter que l’on se pose trop de questions. »
« Je ne sais pas pourquoi j’attaque »
Invité à « faire profil bas », Pogacar mettra-t-il la main sur le frein ? Même quand il avait promis de jouer défensif, le Slovène a lâché les chevaux, samedi dernier, au Plat d’Adet. Malgré un confortable matelas king size de trois minutes, le maillot jaune n’a pas pu s’empêcher de remettre le couvert mercredi vers SuperDévoluy. Des attaques tranchantes qui lui ont permis de maintenir Jonas Vingegaard sous pression et, à l’arrivée, de gratter deux secondes supplémentaires, portant son avance à 3'11'' avant le triptyque final dans les Alpes.
Pogi n’a qu’un mot à la bouche ces derniers jours : le plaisir. Il répète à qui veut l’entendre qu’il s’éclate sur son vélo et qu’il court pour kiffer, plus qu’avec l’intention de calculer. « Parfois, je ne sais pas pourquoi j’attaque… Même moi, je ne sais plus ! Je pense que je profitais simplement de la montée, qui était raide et super belle, et j’ai eu envie d’attaquer pour tester mes jambes dans cette troisième semaine et voir si je pouvais creuser un écart », répondait-il à SuperDévoluy. Un show permanent, impressionnant, qui a fait naître certains doutes.
C’est reparti pour le show
Lors de la journée de repos déjà, Pogi a dû répondre aux questions sur les records d’ascension battus au fil des jours, notamment dans le Plateau de Beille, où il a décroché tous ses rivaux et bouclé l’ascension quatre minutes plus rapidement que Marco Pantani en 1998. Le Slovène a sorti la carte de la nutrition (porridge par-ci, omelette par-là), du matériel et des méthodes d’entraînement. Parti pour boucler un doublé Giro-Tour inédit au 21e siècle, le porte-drapeau d’UAE devra vivre avec le scepticisme, comme beaucoup d’autres avant lui.
Tentera-t-il pour autant d’endormir ses détracteurs en restant tranquille ce week-end ? Cela pourrait être dans son intérêt de lever un peu le pied pour calmer le jeu tant ses temps d’ascension et ses watts seront décortiqués. Mais ce serait mal connaître le bonhomme. Pogi ne versera probablement pas dans la folie en ouvrant les hostilités de loin. Ça, ce sera plutôt pour la Visma-Lease a bike, si elle n’a pas abandonné l’idée de gagner le Tour. En revanche, le Slovène ne se privera pas de répondre et d’affoler les radars dans la montée vers Isola 2000 vendredi ou dans le col de la Couillole samedi. Si les jambes sont toujours là, il se fera plaisir. Tant pis pour le bruit, qui ne semble pas le déranger plus que ça, et pour les conseils de Lance Armstrong. On sort rarement gagnant quand on écoute le tonton gênant.


















