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Les coureurs entre tristesse et colère après le décès de Gino Mäder

Tour de Suisse : Les coureurs entre tristesse et colère après le décès de Gino Mäder

cyclismeLa 6e étape de la course a été neutralisée ce vendredi, le débat s’ouvrant sur le final de l’étape, fatal au coureur suisse, avec cette dernière descente qui n’était pas nécessaire selon certains
Nicolas Camus

N.C. avec AFP

Le décès du coureur suisse Gino Mäder vendredi matin, à la suite d’une lourde chute la veille dans la vertigineuse descente finale de la 5e étape du Tour de Suisse, a provoqué une onde de choc dans le monde du cyclisme. Au sein de la course, le peloton a observé une minute de silence au départ de l’étape du jour, qui a été neutralisée et qui s’est courue dans un silence total sur les 30 derniers kilomètres, les coureurs formant un cortège quelques mètres en retrait des six coéquipiers du Suisse. Ces derniers ont franchi la ligne ensemble, sous les applaudissements des spectateurs.


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Le directeur général de la Bahrain Milan Erzen a rendu hommage à « un cycliste extrêmement talentueux, mais aussi une personne formidable en dehors du vélo ». D’autres équipes ont également exprimé leur tristesse. « Une information accablante et vraiment difficile à concevoir », a affirmé Soudal Quick-Step. « Le cyclisme est une grande famille, aujourd’hui nous pleurons tous un garçon spécial. Ton sourire restera toujours dans nos cœurs », a affirmé l’organisation du Tour d’Italie, où le grimpeur avait remporté une étape en 2021.

Côté coureurs, Primoz Roglic s’est dit « sans voix » et Geraint Thomas a évoqué « un jour triste ». « Repose en paix, tu me manqueras », a posté Tadej Pogacar sur Instagram. Julian Alaphilippe s’est dit « terriblement choqué », ajoutant : « Tu étais un guerrier, un chic type Gino. » « Nous nous souviendrons toujours de toi », a réagi son compatriote Stefan Küng, vainqueur dimanche de la première étape.

Critiques

Des voix se sont tout de même élevées pour critiquer la dangerosité du final de l’étape de jeudi, avec cette descente impressionnante de l’Abulapass, dans laquelle des motos suiveuses ont été flashées à plus de 100 km/h, après cinq heures de course et trois cols à plus de 2.000 mètres d’altitude à grimper.

Dès jeudi soir, le champion du monde Remco Evenepoel avait déploré sur Twitter le choix de boucler par un tel tracé cette étape éprouvante. « Puisqu’une arrivée au sommet aurait été parfaitement possible, ce n’était pas une bonne décision de laisser (les coureurs) finir par cette descente dangereuse », avait écrit le Belge.

« Dans les 10 derniers kilomètres d’une course, c’est chercher les ennuis »

L’Allemand Simon Geschke (Cofidis) lui avait répondu, dans un message publié avant l’annonce du décès de Mäder et supprimé depuis : la descente vers La Punt - un classique du Tour de Suisse - « n’était pas dangereuse, avec de bonnes routes, pas de tunnels, des virages parfaitement visibles ». « Mais je suis d’accord sur le fait que dans les 10 derniers kilomètres d’une course, c’est chercher les ennuis. Mais ce sont les coureurs qui prennent des risques, à mon avis, pas seulement dans les descentes », avait-il poursuivi.

Sa chute mortelle rappelle celles du Belge Wouter Weylandt en 2011, dans la descente du Passo del Bocco lors de la 3e étape du Giro, et de l’Italien Fabio Casartelli en 1995, dans la descente du Portet d'Aspet pendant la 15e étape du Tour de France. L’Union cycliste internationale avait annoncé fin 2020 de nouvelles mesures pour sécuriser les parcours après la très grave chute du Néerlandais Fabio Jakobsen lors du Tour de Pologne quelques mois plus tôt, mais elles concernaient surtout les arrivées au sprint massif.