Coupe du monde de rugby : De Penaud à Biggar... Ce que l'on retient de la conf' de Jacques Brunel avant le pays de Galles

RUGBY Derniers enseignements à 48 heures du quart de finale de la France contre le Pays de Galles

William Pereira

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Dernier match pour Jacques Brunel avec le XV de France?
Dernier match pour Jacques Brunel avec le XV de France? — Christophe Ena/AP/SIPA

De notre envoyé spécial au Japon,

Petit rayon de soleil dans cette matinée pluvieuse à Oita : un Bernard Laporte plus souriant que jamais nous a tenu la porte de l’ascenseur menant à la salle où se tenait la conférence de presse de Jacques Brunel. Décontracté, le boss de la FFR arbore fièrement le survêtement officiel du XV de France comme à l’époque où il était sélectionneur – ne l’est-il pas toujours un peu, après tout ? Le vrai coach du XV de France, lui, a dévoilé peu avant la composition de l’équipe qui tentera de déjouer les pronostics en quarts de finale de la Coupe du monde de rugby contre le pays de Galles. Avec Dupont, Penaud (ouf !) et Guilhem Guirado mais sans Arthur Iturria, pourtant solide titulaire au début de la compétition. C’est d’ailleurs la seule (demie) surprise de cette conférence de presse, dont on a quand même retenu plusieurs enseignements.

Penaud et Dupont ont été préservés

Après les hécatombes du début de Coupe du monde​, on se réjouira de l’absence de nouvelles indisponibilités en vue du match de dimanche. Mais les cas Dupont et Penaud nous auront fait peur jusqu’au bout. Longtemps gêné par un dos fragilisé, le premier a repris l’entraînement avec le groupe en milieu de semaine. Le second est lui allé jusqu’à passer une IRM à cause d’une douleur à la cuisse. « Damian a eu une petite inflammation, on l’a laissé au repos tout comme Antoine. On les a protégés et traités. Ils sont aujourd’hui à 100 % et c’est pour ça qu’ils sont sur la feuille de match », a rassuré Brunel. On espère bien, l’avenir de la Nation en dépend.

Iturria poussé hors du groupe par Le Roux… et Alldritt

On en parlait un peu plus haut, le Clermontois Iturria ne sera pas de la partie à Oita, alors qu’il avait démarré face à l’Argentine et aux USA. Un choix qui s’explique en grande partie par la montée en puissance de Bernard Le Roux dont le profil plaît particulièrement au sélectionneur : « on connaît son activité, on l’a vu sur le début de la compétition. J’aime bien ce profil de joueur qui est troisième, ligne seconde ligne, qui a une grosse activité. Lui, aime les zones d’affrontement et c’est donc mieux de l’aligner au centre du terrain. » Soit, mais pourquoi pas le banc pour Iturria ? La réponse se trouve… en troisième ligne. Brunel, toujours : « Alldritt ayant encore un peu de difficulté à tenir 80 minutes, on préfère privilégier l’apport physique de Louis Picamoles en fin de match. » Arthur lâché par sa polyvalence. Cruel.

L’ironie du cas Dan Biggar

« La France ne traite pas les commotions cérébrales avec sérieux et il y a eu des décès au cours des douze derniers mois. » Cette analyse pertinente du jeune retraité Sam Warburton, qui se félicitait juste avant le Mondial de l’avance des Gallois en la matière, sonne aujourd’hui un peu faux. Double-commotionné depuis le début de la compétition, l’ouvreur Dan Biggar sera bel et bien titulaire contre la France en quarts. Il n’en fallait pas moins au sélectionneur pour tacler indirectement Warburton.

« Dans le cadre du championnat de France, deux commotions, c’est trois semaines. Si jamais on avait été dans le même cas, avec le protocole qu’applique la Fédération française de rugby, si c’était notre joueur, il ne pourrait pas jouer. C’est tout ce que j’ai à dire. »

L’hommage à Gatland

Le boss du XV de France a en revanche été un peu plus sympa avec son homologue Warren Gatland, qui abordera ce match dans la même posture que Brunel, à savoir celle d’un homme qui dirigera peut-être son dernier match à la tête de sa sélection. Sauf que le Néo-zélandais a un peu plus de bouteille que notre moustache national, lequel n’a pas manqué de saluer la longévité du bonhomme. Attention, sortez les mouchoirs : « Gatland ça fait 12 ans qu’il est à la tête de cette sélection. Il l’a emmenée au sommet, il a fait un parcours qui est unique au monde. Personne n’a fait autant de match avec une sélection que lui et on ne peut qu’être admiratif. » On aurait bien ajouté un petit « dommage que tout ça doive se terminer dimanche » histoire d’ajouter un peu de piquant avant cette rencontre, mais n’en demandons pas trop non plus.

Jacques Brunel n’a pas pu profiter des sources chaudes

C’est LE gros échec de cette Coupe du monde. La poisse intersidérale pour notre coach à tous, qui souhaitait profiter du jour off de jeudi pour faire un peu de tourisme balnéaire – le sud du Japon est réputé pour ses sources chaudes. Sauf que, comme par hasard, après une semaine ensoleillée, il s’est mis à pleuvoir des cordes pile ce jour-là. « Je suis parti hier avec le train, je suis allé jusqu’aux thermes à Beppu mais il s’est mis à pleuvoir. Donc je suis retourné à la gare et je suis reparti. J’ai pas eu de chance, j’aurais juste vu la fumée. » Si ça peut rassurer Jacques, la météo sera bonne pour le match, dimanche. Un petit tour aux thermes après un quart victorieux, ça peut être sympa aussi, non ?