Coupe du monde 2018: «Chacun sait ce qu’il a à faire», cette équipe de France est une machine à dégoûter ses adversaires

FOOTBALL Depuis le début des matchs à élimination directe, les Bleus sont de mieux en mieux face à l'adversité...

Nicolas Camus

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Raphaël Varane a dominé Romelu Lukaku lors de France-belgique en demi-finale de Coupe du monde, le 10 juillet 2018.
Raphaël Varane a dominé Romelu Lukaku lors de France-belgique en demi-finale de Coupe du monde, le 10 juillet 2018. — GABRIEL BOUYS / AFP

De notre envoyé spécial à Saint-Pétersbourg,

La Belgique est arrivée toute pimpante, sûre de sa force, de ses talents, de ses 14 buts inscrits en 5 matchs dans cette Coupe du monde. Elle est repartie la queue entre les jambes, dégoutée de s’être cassée les dents sur les gants de Lloris, le crâne de Varane, la grinta d’Umtiti, la discipline de Pogba, le volume de Kanté et les replis jusqu’à leur propre surface de Griezmann et Giroud. « Ce qu’on a fait de mieux ? Le fait de ne leur avoir laissé que des miettes, jubile Olivier Giroud en zone miste. Le coach avait insisté là-dessus, il ne fallait rien leur laisser. »

L’équipe de France a encore su faire exactement ce qu’il fallait pour prendre le dessus sur son adversaire, en s’adaptant au fur et à mesure du match aux rapports de force sur le terrain. Comme lors de tous ses matchs dans cette Coupe du monde, même si les débuts ont été chaotiques. « Je l’avais dit avant le début de la compétition, si la France voulait réaliser de grandes choses, il fallait s’appuyer sur un bloc défensif très solide, rappelle Hugo Lloris. C’est le cas jusqu’à présent. »

Personne n’a oublié les trois buts encaissés contre l’Argentine, rassurez-vous, mais ce match, par son scénario, son atmosphère, ses gestes plus dingues les uns que les autres, restera un Ovni qu’on se repassera pour se réchauffer les longues soirées d’hiver. Cette demi-finale contre les Belges, comme le quart face à l’Uruguay, servira pour les séances vidéo.

« C’est ce qu’on voulait faire, résume Antoine Griezmann. On a été costaud, on a bossé en équipe, on a su mettre un but et après on a fermé la maison. » En mode Atlético Madrid quoi. L’affaire avait été bien préparée, comme les précédentes. « On fait beaucoup d’analyse, avec le coach et tout le staff, indique Benjamin Pavard. On a bien pris cette équipe belge, on a su bien gérer le match. » « Le coach nous donne la ligne directrice, et nous ensuite on la fait vivre », complète Raphaël Varane.

Cette idée, c’est d’abord de trouver les clés pour bloquer les points forts adverses (Messi contre l’Argentine, l’axe Betancur-Suarez face l’Uruguay, l’influence de De Bruyne et les courses de Hazard mardi), avant d’exploiter les siens. Quitte à laisser le ballon. Même si les Bleus n’ont pas autant fermé le jeu que les Belges veulent bien le dire.

« Tout dépend de comment on l’utilise, explique Varane. Sur ce match-là, la Belgique a eu globalement la maîtrise, mais on a été capables sur des séquences de combiner et trouver des espaces. Ce qu’il faut, c’est avoir son équilibre. Et nous, on a une idée commune. Chacun sait ce qu’il a à faire. »

Tenez, puisqu’on parle de lui, arrêtons-nous un instant sur le défenseur du Real. Parce que parler systèmes et tactiques, c’est bien, mais il faut les hommes derrière pour traduire le tout. Tous se sont dévoués pour la cause, mais Varane a été tout bonnement monstrueux mardi soir. Il a dévié juste ce qu’il fallait une frappe de Hazard qu’on voyait au fond, a été impérial dans les duels, et a parfaitement manœuvré avec son compère Umtiti pour éteindre Lukaku, ce qui n’est quand même pas une mince affaire.

Et en plus, ils plantent

Son meilleur match en Bleu ? « Peut-être, peut-être… c’est bien possible, répond-il. C’était un match où on était acculés dans notre camp, voire dans notre surface. Il a fallu être solide, surtout face à des joueurs athlétiques. Je peux être content de ma performance. » Ce qui dans le langage Varane est un gros aveu de satisfaction.

« Il a été fantastique, estime Lloris. Samuel [Umtiti] également, et en plus il a été décisif, ce qui donne encore plus de crédit à sa performance. Raph l’avait été face à l’Uruguay. » C’est vrai, en plus de bien défendre, voilà que les centraux se mettent à planter des buts qui comptent triple. Le parallèle avec 98 est vraiment tentant… En tout cas, il y a vraiment un truc qui se dégage de cette équipe. Elle semble sereine, sûre de sa force. On n’osera pas mettre d’autres mots dessus. Il est encore un tout petit peu trop tôt.