Boxe : « Une gestion désastreuse et injuste »… Pas de Françaises aux Mondiaux à cause des tests de féminité
l’horloge tourne•Cinq boxeuses françaises devaient participer aux championnats du monde à Liverpool à partir de vendrediA.H. avec AFP
La nouvelle politique de la Fédération internationale de boxe (World Boxing) de rendre obligatoires les tests de féminité pour disputer les compétitions internationales s’enfonce dans le ridicule. Si elle a déjà empêché l’Algérienne Imane Khelif et la Taïwanaise Lin Yu-ting de disputer les Mondiaux de Liverpool, voilà que les Françaises se retrouvent également privées de tournoi.
Romane Moulai (-48 kg), Wassila Lkhadiri (-51 kg), Melissa Bounoua (-54 kg), Sthélyne Grosy (-57 kg) et Maëlys Richol (-65 kg) devaient initialement prendre part à la compétition. Mais elles resteront à quai car les résultats des tests de féminité exigés pour participer n’ont pas pu être transmis à temps, a annoncé jeudi la Fédération française de boxe.
Ces tests étant interdits en France sauf sous certaines conditions très encadrées, la Fédération française explique n’avoir pu les réaliser qu’à son arrivée en Grande-Bretagne. L’encadrement des Bleues s’est donc orienté vers un laboratoire accrédité par World Boxing avec l’assurance, affirme la FFBoxe, que les résultats seraient disponibles dans les délais impartis.
« Un préjudice notoire aux athlètes »
« Or, malgré les garanties réitérées par World Boxing, le laboratoire, qu’elle nous avait elle-même recommandé […] n’a pas été en mesure de nous livrer les résultats des examens dans les temps, regrette la Fédération. Avec, comme conséquence, l’exclusion de nos athlètes ainsi que d’autres boxeuses de délégations étrangères qui se sont retrouvées, elles aussi, piégées. »
L’instance tricolore s’est toutefois défendue de toute négligence : « Ce dysfonctionnement, qui porte un préjudice notoire à nos athlètes, n’est aucunement imputable à la Fédération française, écrit-elle. Au contraire, (celle-ci) s’est mobilisée dès le départ pour répondre aux exigences de World Boxing et s’est fiée aux engagements de cette dernière. »
La boxeuse Maëlys Richol a de son côté fait part de sa « frustration », de sa « colère » et de sa « déception » : « Après une année entière de travail, nous nous retrouvons écartées non pas pour une question sportive, mais à cause d’une gestion désastreuse et injuste. C’est extrêmement dur à encaisser. »


















