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« Transcendée », Julia Simon survole ces JO en mode revancharde

JO 2026 - Biathlon : « Elle se transcende sur les grands événements »… Julia Simon fait taire les « haters »

ChuuuuuuuuutLa quadruple championne du monde vit des Jeux olympiques de rêve à Anterselva, à l’image de sa médaille d’or obtenue ce mercredi sur l’individuel devant Lou Jeanmonnot (2e). En passant la ligne, Julia Simon était très remontée contre un journaliste
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Julia Simon vient de remporter ce mercredi le titre olympique sur l’individuel de biathlon à Anterselva, portée par un brillant 19/20 au tir. La Savoyarde devance ainsi sa compatriote Lou Jeanmonnot (en argent) de 53,1 secondes, pour un mémorable doublé tricolore sur cette course des JO d’hiver 2026.
  • Malgré cette consécration personnelle, la quadruple championne du monde a exprimé sa colère envers un journaliste dès la ligne d’arrivée. Elle lui a en effet adressé un « chut » avec son index devant sa bouche, très agacée que l'histoire de sa condamnation judiciaire pour vol et fraude à la carte bleue soit revenue dans la presse en pleins Jeux olympiques.
  • « J’aimerais qu’on me foute la paix », exhorte la biathlète de 29 ans, qui a encore démontré sa capacité à « se transcender sur les grands événements », comme le souligne l’entraîneur des Bleues Cyril Burdet. Trois jours plus tôt, Julia Simon avait idéalement conclu le relais mixte tricolore, avec là aussi un titre olympique à la clé.

De notre envoyé spécial à Anterselva,

Julia Simon qui se transforme en Samir Nasri, ça n’était clairement pas dans notre bingo des JO d’hiver 2026. En plaçant son index devant la bouche, tout en se tournant un instant en direction de la zone médias, la nouvelle championne olympique de l’individuel à Anterselva nous a spontanément rappelé la réaction de l’ancien milieu des Bleus après un but contre l’Angleterre (1-1) à l’Euro 2012.

Pourquoi donc une telle manifestation de rage pour la Savoyarde, si sereine dans son biathlon depuis le début des Jeux de Milan-Cortina ? Son royal 10/10 au tir sur le relais mixte dimanche s'est en effet suivi d'un solide 19/20 ce mercredi, synonyme de brillant doublé tricolore, avec 53,1 secondes d'avance sur Lou Jeanmonnot. On en a vite su davantage avec son passage au micro d’Eurosport.

Une condamnation en octobre 2025

« Maintenant, ce que j’aimerais, c’est qu’on me foute la paix, en toute honnêteté, parce que j’ai encore lu des choses hier soir qui ne font pas plaisir, a-t-elle lâché. Je pense que j’ai prouvé que j’avais ma place aujourd’hui, déjà avant, et que je n’ai plus rien à prouver à personne. J’aimerais juste qu’on me laisse faire mon biathlon. » Depuis plus de trois ans et son affaire de vol et de fraude à la carte bleue, avec sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet parmi les victimes, son nom est le plus souvent accolé à de l’extra-sportif.

Condamnée fin octobre à trois mois de prison avec sursis plus 15.000 euros d’amende, après avoir avoué sa faute devant le tribunal correctionnel d’Albertville, la lauréate du gros globe de cristal 2023 poursuit : « La page a été tournée au sein de l’équipe, on a parlé. Maintenant, on est là pour gagner des médailles. S’il vous plaît, arrêtez, que ce soit les médias ou les gens, ça serait vraiment appréciable pour tout le monde ».

Julia Simon très émue sur le podium

Après avoir peiné à retenir ses larmes durant la Marseillaise accompagnant le dernier titre majeur qui lui manquait en individuel, sous les flocons d’Antholz, Julia Simon s’est dirigée en zone d’interview. Et son courroux visait notre confrère de L’Equipe (comme Samir Nasri en son temps), à qui elle a aussitôt lancé : « Toi, tu ne poses pas de questions ». La veille, celui-ci avait consacré un article revenant sur cette longue période de tensions au sein de l’équipe de France féminine de biathlon. Ce qu’elle n’a donc pas du tout apprécié, juste avant une telle échéance sportive. L’illustration d’un sentiment de revanche plus global qui semblait l’habiter vis-à-vis de l’opinion publique en France.

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Sans transition aucune, à la première question visant à savoir s’il s’agissait du plus beau jour de sa vie, Julia Simon a retrouvé un franc sourire. « Ça reste du sport mais ça amène des émotions incroyables et un sentiment de fierté, confie-t-elle. Sportivement parlant, c’est peut-être le plus beau jour oui, c’était un rêve de gosse. J’étais très émue sur le podium parce que tout remonte : les moments de doute, les bons moments, les personnes qui m’ont accompagnée. »

L’échec de Pékin 2022 semble très loin

Nettement plus ouverte que d’habitude face aux médias, Julia Simon décrypte dans la foulée sa belle évolution au meilleur moment. Jusqu’à ce double couronnement, en bouclant en patronne le relais mixte victorieux des Bleus dimanche, puis en survolant la concurrence ce mercredi.

« L’individuel, ça n’était pas du tout ma course de base. L’année dernière était difficile pour moi, je n’étais pas bien sur les temps de ski. J’ai appris à faire les choses différemment, à être plus patiente, à vraiment me calmer… et à mettre les balles ! Aujourd’hui, quand je loupe une balle, j’arrive tout de suite à l’analyser et à ne pas refaire cette erreur. »

Julia Simon

Ravie de son « back to back » sur l’individuel, en comptant celui des Mondiaux 2025 de Lenzerheide (Suisse), elle efface ainsi son expérience très nuancée des JO de Pékin 2022 (aucun Top 5 sur les épreuves individuelles). « Je m’étais écrasée après être arrivée en tête sur le dernier tir de l'individuel, se souvient-elle. J’avais loupé des balles et je m’étais juré que ça ne se reproduirait plus. Là, je me suis appuyée sur mon expérience et ma confiance pour faire la course parfaite. »

« Une capacité psychologique hors normes »

Deux qualités qui distinguent désormais la biathlète de 29 ans de la concurrence, comme le confirme l’entraîneur des Bleues Cyril Burdet. « Elle se transcende sur les grands événements, ça n’est pas donné à tout le monde, rappelle-t-il. Elle me surprend tous les jours par sa capacité psychologique hors normes. Dans la dernière bosse, quand je lui annonce qu’elle joue la gagne avec Franziska Preuss [avant ses deux échecs au dernier tir debout], je me dis qu’elle sera vraiment difficile à aller chercher vu sa montée. »

Lou Jeanmonnot (argent) et la surprenante Bulgare Lora Hristova entourent Julia Simon, nouvelle championne olympique de l'individuel.
Lou Jeanmonnot (argent) et la surprenante Bulgare Lora Hristova entourent Julia Simon, nouvelle championne olympique de l'individuel. - F. Manoni/ZUMA/SIPA

Entre un troisième temps sur les skis ce mercredi, à 31,2 secondes de Lou Jeanmonnot (18/20 au tir), et son adresse chirurgicale avec sa carabine, Julia Simon n’a sans doute pas fini de nous bluffer sur ces Jeux. « Depuis qu’on est là, je la trouve vraiment prête. Il y a à la fois de la décontraction, de la détermination et une énorme sérénité dans tout ce qu’elle fait », liste Cyril Burdet.

« Ni la meilleure fondeuse, ni la meilleure shooteuse »

Et cette « énorme sérénité » n’était clairement pas gagnée pour Julia Simon à la reprise, vu sa suspension d’un mois décidée par la fédération, impliquant un début de saison tronqué. Seulement 12e du général de la Coupe du monde (à 441 points de Lou Jeanmonnot !), elle est métamorphosée en Italie. Et lucide sur sa trajectoire.

Notre dossier sur les JO d'hiver 2026

« Je n’ai jamais été la meilleure fondeuse ni la meilleure shooteuse, reconnaît-elle. On m’avait dit que je ne serais qu’une biathlète de coups. Ça m’avait vexée car j’avais envie d’être régulière. Il n’y a pas beaucoup de monde qui avait mis des pièces sur moi au début. C’est donc une grande fierté d’être devenue une bonne biathlète. » Quadruple championne du monde individuelle et à présent double championne olympique, on peut effectivement parler de « bonne biathlète ».