JO 2026 - Biathlon : Avec Lou Jeanmonnot et Julia Simon en mode « cheat code », cette équipe de France est injouable
l’or au rendez-vous•Le biathlon tricolore a assumé son statut, ce dimanche lors du relais mixte d’Anterselva, en offrant à la France sa première médaille d’or sur ces JO de Milan-Cortina 2026. Lou Jeanmonnot et Julia Simon ont été immenses pour boucler l’affaireJérémy Laugier
L'essentiel
- L’équipe de France de biathlon a remporté ce dimanche la médaille d’or du relais mixte aux JO d’hiver 2026 à Anterselva. Grâce notamment à la performance exceptionnelle de Lou Jeanmonnot, qui a comblé plus de 20 secondes de retard pour mettre Julia Simon sur orbite.
- Julia Simon a brillé en dernière relayeuse avec un 10/10 au tir. Tout comme Eric Perrot, les deux biathlètes françaises remportent ainsi l’or olympique pour la première fois de leur carrière, devant l’Italie et l’Allemagne.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
Durant son passage de quatre minutes en zone d’interview, 1h30 après le premier sacre de l’équipe de France de biathlon sur le relais mixte des JO d’hiver 2026, Lou Jeanmonnot n’a pas cessé ce dimanche de toucher sa médaille d’or. A la fois émue et sereine, elle sait qu’elle a totalement justifié son statut de leader du classement général de la Coupe du monde. Troisième relayeuse, celle qui découvrait l’aventure olympique est entrée en scène dans une situation délicate, en troisième position, à 21,2 secondes de la Norvège et à 5,4 secondes de l’Allemagne.
Elle s’est alors transformée en Breezy Johnson, au point de mettre Julia Simon sur la voie royale, en tête avec quasiment 20 secondes d’avance sur le trio Norvège-Allemagne-Italie. Il suffit d’interroger Karoline Knotten pour comprendre ce qu’inspire la phénoménale Jurassienne, qui a de plus claqué sur le pas de tir un remarquable 9/10.
Le « sang-froid » de Lou Jeanmonnot pour ses premiers JO
« OK, j’étais déjà contente d’avoir une vingtaine de secondes d’avance au moment de m’élancer, confie la Norvégienne. Mais pour me sentir un peu en confiance, il aurait fallu que j’aie 1 minute d’avance sur elle. Elle montre depuis la saison passée un niveau tellement incroyable, avec un tel sang-froid. Elle m’a encore impressionnée aujourd’hui. » Gros problème pour la Norvège, 4e et frustrée au final à Anterselva, comme pour toutes les nations en lice : Julia Simon n’avait ce dimanche rien d’une 12e du général de la Coupe du monde (et seulement 5e Française).
C’est simple, après un début de saison galère pour les raisons extra-sportives qu’on sait tous, on a retrouvé la détentrice du gros globe 2023, cette championne aux dix titres mondiaux, d’une froideur et d’une précision chirurgicale sur le pas de tir. « Avec Julia, on sait que si ça doit se jouer sur un dernier tir debout, non seulement elle ne se rate jamais, mais en plus ses adversaires en ont la trouille. Donc notre choix de l’aligner aujourd’hui n’était pas innocent », glisse Stéphane Bouthiaux, directeur des équipes de France de biathlon.
Julia Simon d’un calme « étrange » sur le dernier tir
Brillante en dernière relayeuse (10/10 au tir), avec au final respectivement 25,8 secondes et 1'05'' d’avance sur l’Italie et l’Allemagne, Julia Simon savoure sa première médaille d’or olympique (après l’argent du relais mixte à Pékin). Et notamment ce tir debout de patronne, pour la première fois d'un relais mixte olympique dans le sens garçons-filles : « C’est étrange mais je me suis sentie très calme à ce moment-là, alors que j’étais vraiment stressée avant la course. On sait à quel point Lisa Vittozzi tire très vite, mais je ne lui ai pas ouvert la porte ».
Au contraire de Quentin Fillon Maillet, qui a failli dans les grandes largeurs au tir, après avoir hérité d’un lancement idéal d’Eric Perrot (2e à 3,2 secondes du Norvégien Martin Uldal). Plutôt tranchant sur les skis, le héros des JO 2022 a montré une fébrilité folle au tir couché, avec trois échecs, puis deux autres debout. C’est simple : il a laissé en route à lui seul plus de balles que toute l’équipe allemande (trois), et autant que la sélection italienne.
Quand Fillon Maillet « merdouille » sur le pas de tir
Cette séquence cata au tir allongé, avec d’interminables secondes perdues, « QFM » ne comptait pas revenir dessus après la course. Mais alors vraiment pas : « Je n’ai pas envie de parler d’un moment négatif. On a déjà eu plein de succès en Coupe du monde et en Championnats du monde malgré des tours de pénalité et des situations très complexes. Même si ma course n’était pas parfaite, on a quand même une médaille d’or autour du cou ».
Stéphane Bouthiaux résume à sa façon le choke du si expérimenté biathlète : « On a frôlé la correctionnelle : il pioche trois balles et s’il rate une pioche derrière, il va tourner sur l’anneau de pénalité. Là, ça aurait vraiment été compliqué de revenir devant. OK, Quentin a merdouillé, mais il aurait pu carrément merder, et on ne voyait pas le podium ». Grâce à ses drôles de dames, l’équipe de France a finalement flingué un suspense qu’on imaginait, au mieux, haletant jusqu’au bout. Surtout quand on songe à cette 4e place en sortie de tir debout de « QFM ».
Julia Simon compte vite regoûter à l’or
« On a un énorme atout dans cette équipe, c’est d’avoir les meilleures filles du monde, sourit Eric Perrot. Avec les gars, on a montré cette année qu’on faisait aussi partie des meilleurs. Mais comme disent les Norvégiens, notre cheat code, c’est les filles, et elles l’ont encore prouvé aujourd’hui. » Une anecdote cocasse puisque Quentin Fillon Maillet avait auparavant glissé au micro de France Télévision : « Les garçons allemands m’ont dit que nos filles, c’était le code secret de la France, et clairement elles l’ont montré ».
Notre dossier sur les JO d'hiver 2026Toute l’Europe du biathlon maudit nos fines gâchettes féminines, c’est plus que jamais officiel. Et ça n’est pas la dernière réflexion de Julia Simon qui va rassurer la « concurrence ». « Ce sont des émotions tellement éphémères qu’une fois qu’elles sont terminées, on veut les revivre », a-t-elle ainsi annoncé à chaud. Désolé, chères Italiennes, Allemandes, Norvégiennes ou encore Suédoises, il va falloir vite vous faire à l’idée que remporter des médailles de bronze, voire d’argent, serait déjà une sacrée perf face à nos « codes secrets ».



















