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« On en rêvait petits »… On a suivi la médaille d’Eric Perrot avec ses amis

JO 2026 - Biathlon : « Il avoine terrible sur les skis »… On a suivi la médaille d’Eric Perrot avec ses meilleurs potes

Le Kop Perrot est en ItalieLe désormais double médaillé olympique, en argent sur l’individuel ce mardi, a tenu à inviter ses amis d’enfance à assister à toutes ses courses des JO d’hiver de Milan-Cortina 2026. Ambiance garantie au cœur de ce fan-club savoyard d’Eric Perrot
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Deux jours après sa médaille d’or olympique sur le relais mixte de biathlon, Eric Perrot a remporté ce mardi à Anterselva la médaille d’argent de l’individuel de biathlon, lors des JO de Milan-Cortina 2026.
  • Durant la quinzaine, le Savoyard de 24 ans est soutenu par une trentaine de proches, dont neuf amis d’enfance qu’il a tenus à inviter pour ses premiers Jeux olympiques.
  • 20 Minutes a assisté ce mardi à toute la course auprès de ces fondateurs du fan-club d’Eric Perrot, tout en échangeant avec le papa d’Eric, Franck Perrot. Il a été question de chants inventés, de coupe mulet, de pari osé pour une « boule à Perrot », et de souvenirs de l’ascension du jeune biathlète jusqu’au sommet de sa discipline.

De notre envoyé spécial à Anterselva,

« Eric Perrot, laisse-nous chanter ton nom. Notre champion, notre fierté, pour nous tu vas gagner ! » Ne cherchez pas, il est impossible de se sortir de la tête ce chant, pour peu que vous croisiez la route, à Anterselva, de quelques-uns des meilleurs potes du nouveau médaillé d’argent olympique de l’individuel de biathlon. Un an et demi avant ces JO d’hiver de Milan-Cortina 2026, l’actuel leader de la Coupe du monde était venu en repérage avec sa famille dans le Sud-Tyrol.

Pour s’imprégner au mieux du cadre de sa première véritable aventure olympique, à 24 ans, mais aussi pour y réserver plusieurs appartements pour une trentaine de proches. Parmi lesquels neuf amis d’enfance, dont Antoine Silvain : « Il a débarqué un jour au resto et il nous a annoncés : "J’ai tout réservé pour les JO, les places pour toutes mes courses et les logements, vous ne vous occupez de rien". C’était dingue mais ça le définit tellement, c’est un mec qui prend toujours le temps pour ses potes malgré les sollicitations ».

« La boule à Perrot » est dans l’air

L’intéressé expliquait sa démarche, ce mardi, avec une deuxième médaille olympique en trois jours autour du cou : « Ce sont mes amis de tous les jours et leur présence ici fait que cet événement sera quoi qu’il arrive dans une autre dimension, parce qu’il y a ce partage. Je prends beaucoup de plaisir à les voir, à savoir qu’ils sont là ». Ce mardi, il ne risquait pas de les manquer, au niveau d’une belle bosse du parcours d’Antholz. « Ce sont des vrais fous », s’exclame le biathlète à leur sujet. Car outre leurs délirants chants créés et lancés à tue-tête, il y a ces dossards qu’ils portent, avec le visage d’Eric Perrot à moitié rasé, et l’inscription « La boule à Perrot ».

Une référence à ce pari qui avait coûté au jeune biathlète ses cheveux, rasés par Fabien Claude juste après son premier titre de champion du monde à Lenzerheide (Suisse) il y a un an. Ses potes de Peisey-Vallandry (Savoie), qui ont fondé un fan-club comptant aujourd’hui 160 membres, ont remis cette idée au goût du jour. « On s’est tous fait la coupe mulet après l’or au relais mixte, et ce soir, on aura "la boule à Perrot" s’il remporte l’individuel », se marre Antoine Silvain (24 ans).

Les potes d'Eric Perrot ont sacrément donné de la voix durant tout l'après-midi, poussant leur biathlète favori vers un deuxième podium olympique de rang.
Les potes d'Eric Perrot ont sacrément donné de la voix durant tout l'après-midi, poussant leur biathlète favori vers un deuxième podium olympique de rang. - J.Laugier / 20 Minutes

Son pote Gianni se souvient lui avoir « mis de belles raclées » sur les skis

De quoi vivre cette deuxième course de la quinzaine olympique avec encore plus d’adrénaline, à quelques mètres de la famille de Tommaso Giacomel, son dauphin en Coupe du monde. A chaque passage sur le pas de tir de Perrot, la bande se prend par les épaules face à l’écran géant, comme s’il s’agissait d’une séance de tirs au but, vibre à chaque perfect, puis va recharger le stock de bières.

Un scénario de rêve, d’autant que le favori du jour « avoine terrible sur les skis », comme ses amis aiment à le rappeler. A une exception près, avec cette balle laissée en route au tir debout. De quoi mettre tout le clan Perrot sous tension jusqu’au bout de l’épreuve. Sans que ça les empêche d’ouvrir la boîte à souvenirs.

Le groupe vit bien à Anterselva entre la Team Perrot et la Team Giacomel (6e ce mardi), qu'on se le dise
Le groupe vit bien à Anterselva entre la Team Perrot et la Team Giacomel (6e ce mardi), qu'on se le dise - J.Laugier / 20 Minutes

« Je peux dire que j’ai mis de belles raclées à Eric sur les skis au collège, sourit Gianni Giachino, qui veille particulièrement à maintenir une ambiance Tour de France/UTMB durant tout l’après-midi. Il a eu un retard de croissance jusqu’en seconde, il était frêle, et ça faisait alors des différences énormes. » Les potes savoyards aimaient aussi se tirer la bourre dans les cross de 3 km au collège, où « Eric a par contre toujours été le meilleur », comme ils s’accordent à le dire.

Le père d’Eric Perrot voit un déclic en 2019

Président de ce déjanté fan-club, qui organisait parallèlement une fan-zone à Peizay-Vallandry, Matéo Mollaret oscille entre rires et émotion : « On rêvait de tout ça quand on était petits. Durant nos séances d’entraînement de ski de fond, on se disait qu’un jour, on serait tous aux JO. Eric est sur la piste et on n’est pas loin pour le soutenir, c’est un truc de dingue. On ressent beaucoup de fierté ». Une fierté évidemment partagée par le papa, Franck Perrot, qui avait participé au championnat du monde de biathlon 1995 sur ce même site d’Anterselva.

Papa d'Eric, Franck Perrot a pu rencontrer ce mardi le père de Tommaso Giacomel.
Papa d'Eric, Franck Perrot a pu rencontrer ce mardi le père de Tommaso Giacomel. - J.Laugier / 20 Minutes

Il passe saluer le kop dédié à son fiston, tout en rencontrant pour la première fois le père de Tommaso Giacommel. « Je me souviens que lorsqu’il était en U19, Eric s’était classé 31e du championnat de France de biathlon, et qu’il n’était donc pas qualifié pour la mass-start de sa catégorie, raconte-t-il. Mais il y a eu une défection, Eric en a profité et il s’est classé 11e de la course. Ça me donne encore des émotions de penser à ce moment car il fait office de déclic pour moi. »

« On ne va pas se plaindre quand même »

Durant cette même année 2019, Eric Perrot enchaîne un titre de champion de France U19 de biathlon d’été puis le sprint du Festival olympique de la jeunesse européenne à Sarajevo. « Avec cet enchaînement, je me souviens m’être dit qu’il pouvait le faire », explique celui qui est encore entraîneur de biathlon au comité de ski de Savoie. Sur la piste d’Antholz, la meilleure chance française est totalement à la hauteur du rendez-vous ce mardi, comme si souvent depuis un an.

Au point qu’avant l’ultime session de tir de Johan-Olav Botn, Gianni Giachino s’emballe : « Putain, on est tous chauves les mecs ». Le bluffant sang-froid du jeune Norvégien leur laisse un répit capillaire, en attendant le sprint, la poursuite et la mass-start. Pour moins de 15 secondes, Eric Perrot doit en effet se contenter de l’argent ce mardi.

Notre dossier sur les JO d'hiver 2026

Gianni, qui sent une forme d’abattement dans le groupe à l’arrivée triomphale de Johan-Olav Botn, lance : « Hey, on ne va pas se plaindre quand même : on fait la fête et on voit notre pote remporter deux médailles olympiques ». Pour les deux premières courses de sa carrière aux JO. Pas si mal, pour le jeune homme un peu frêle habitué à être à la traîne sur les skis au collège.