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Jeune maman, la phénoménale Kényane Kipyegon courait « après l’histoire »

Mondiaux d’athlétisme 2023: Jeune maman, la phénoménale Kényane Faith Kipyegon courait « après l’histoire »

ATHLETISMEFaith Kipyegon a réussi l’exploit de remporter sa troisième médaille d’or mondiale sur 1.500 m, mardi soir à Budapest, cinq ans après avoir mis au monde sa fille Alyn
Jérémy Laugier

J.Lau. avec AFP

Keep the Faith. La Kényane Faith Kipyegon a signé l’un des moments forts des championnats du monde d’athlétisme de Budapest, en remportant l’or mondial sur 1.500 m pour la troisième fois de sa carrière. Meilleure coureuse du monde actuellement, l’athlète de 29 ans est sur un nuage en 2023, et continue de garnir un palmarès copieux. « Je courais après l’histoire aujourd’hui, et j’ai réussi », a apprécié celle qui est désormais la seule à compter trois titres mondiaux sur la distance.

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Après ses titres en 2017 et 2022, mais aussi l’argent en 2015 et 2019, plus deux titres olympiques en 2016 et 2021, la Kényane a encore enrichi sa collection en Hongrie. Une évidence après s’être emparée cette année des records du monde du 1.500 m (3'49''11), du 5.000 m (14'05''20) et du mile (4'07''64). Sans sembler forcer, elle a imprimé un rythme soutenu puis a accéléré progressivement, personne ne pouvant la suivre dans le dernier tour, pour couper la ligne en 3'54''87, loin devant sa dauphine éthiopienne Diribe Welteji, qui confirme à 21 ans son grand talent avec un premier podium international.

Retrouvailles avec Sifan Hassan sur le 5.000 m

Faith Kipyegon, originaire de Chebaraa, dans le centre du Kenya, a su mettre sa carrière entre parenthèses pour donner naissance à sa fille Alyn en juin 2018, puis revenir au sommet. « Je sais ce que les femmes traversent après un congé maternité. Elles pensent que c’est la fin de leur vie. Je veux leur prouver le contraire », expliquait-elle en juin dans son camp d’entraînement de Kaptagat, où elle court avec la légende du marathon Eliud Kipchoge. Il n’y a pas eu de duel avec sa rivale néerlandaise Sifan Hassan, restée à l’arrière du groupe presque toute la course, mais qui a tout de même réussi à se battre pour le bronze.

Un joli lot de consolation pour elle après la fin cruelle du 10.000 m samedi, quand elle avait chuté à quelques mètres de l’arrivée, alors qu’elle était à la lutte pour le titre. « Il y a seulement quelques semaines, je restais sur mon marathon [victoire à Londres en avril à son premier essai] et j’avais du mal à retrouver ma vitesse. On a envisagé avec mon coach de ne pas faire le 1.500 m. Je n’aurais jamais imaginé y gagner une médaille », a indiqué Sifan Hassan mardi soir. Les deux championnes se retrouveront sur le 5.000 m, où Faith Kipyegon fera figure d’immense favorite. Les séries, initialement prévues ce mercredi en fin de matinée, ont été déplacées en début de soirée par World Athletics, face aux conditions météo étouffantes à Budapest (environ 35 degrés).