Athlétisme: La der d'Usain Bolt, Lavillenie outsider, les Russes en catimini... Que faut-il attendre des Mondiaux?
ATHLETISME•Les championnats du monde d’athlétisme (4-13 août) démarrent ce soir à Londres. Voici ce qu’il faudra garder à l’œil devant sa télé…M.C.-V.
Neymar, c’est fait, la natation, on oublie, on peut enfin passer au meilleur sport du monde de l’univers après le vélo : l’athlétisme. Les Mondiaux démarrent à Londres ce week-end et il est encore temps de profiter une dernière fois d’Usain Bolt et espérer des Français la même razzia qu’à Rio (six médailles).
Le 100m, ou le sprint final d’Usain Bolt
Bon, d’accord, on vous le répète à chaque Jeux, puis à chaque Mondiaux, mais cette fois-ci, le 100m est vraiment l’épreuve à ne manquer sous aucun prétexte ! Ce sera la dernière opportunité d’admirer la foulée de « L’Eclair », Usain Bolt. Le Jamaïcain, octuple champion olympique, tentera de sortir par la grande porte, avec une victoire sur sa distance fétiche, un an après le triomphe de Rio.
aLe recordman du monde, invaincu sur le 100m aux Mondiaux (hormis sa disqualification à Daegu en 2011), est en passe d’écrire la dernière ligne de sa légende. Bolt ne vise en effet que l’or : « Je veux pouvoir dire à mes enfants plus tard : "Regardez, je suis encore le meilleur". » Afin de maximiser ses chances de victoire, il a renoncé à courir le 200m, mais s’alignera sur le relais 4x100m.
Quand le voir ? Samedi 5 août, finale à 22h45.
Lavillenie, la 5e tentative sera-t-elle la bonne ?
Il tourne autour depuis huit longues années. Renaud Lavillenie a toujours fini sur le podium des Mondiaux, mais jamais sur la plus haute marche (une fois 2e, trois fois 3e). La tête de proue de la sélection française a fait des championnats du monde son objectif cette saison. Cependant, il n’aborde pas le rendez-vous londonien dans les meilleures conditions.
Enquiquiné par une blessure à la cuisse cet hiver, le perchiste est crédité d’un 5,87m comme meilleure perf' en 2017, encore loin de son record mondial à 6,16m acquis en 2014. Alors certes, vous me direz qu’il est devenu champion de France de saut à la perche mi-juillet. Mais l’adversité mondiale s’est aiguisée sur les sautoirs.
L’Américain Sam Kendricks a écrasé ses petits camarades dans tous les concours de la Ligue de Diamant, et est le seul à avoir franchi la barre des six mètres cette année, pendant que Lavillenie perdait presque autant de concours que sur toute sa carrière réunie.
Quand le voir ? Mardi 8 août, finale à 20h35.
Van Niekerk, futur prince de la piste
Usain Bolt, c’est (presque) démodé, il va falloir trouver une autre icône du sprint ! A ce petit jeu, Wayde Van Niekerk a pris une longueur d’avance. Le Sud-Africain a fait du 400m sa chose, son petit doudou baveux. Champion du monde à Pékin, vainqueur des JO à Rio (assorti du record mondial), Van Niekerk est déjà arrivé à maturité.
L’arrivée époustouflante de Van Niekerk à Rio.
Visiblement sûr de son fait, l’athlète a ajouté le 200m à son programme, et aurait dû se frotter à Bolt, avant que celui-ci n’y renonce. Bolt craint-il Van Niekerk ? En tout cas il n’a pas hésité à l’adouber publiquement : « Wayde Van Niekerk fait du bon boulot. Maintenant, il court même le 200m et moi, ça me passionne. Il sera un très grand athlète. En plus, c’est un bon gars. »
Quand le voir ? Mardi 8 août, finale du 400m à 22h50. Jeudi 10 août, finale du 200m à 22h50.
L’envol pour le triple saut français ?
La délégation tricolore traverse la Manche avec encore moins d’éléments que l’armée française après l’opération Dynamo. Parmi eux, Teddy Tamgho, titré en 2013, dont la blessure au fémur avant les Jeux le fait encore souffrir. Pourtant, figurez-vous que cette discipline pourrait être la belle surprise des Mondiaux. Une nouvelle génération de sauteurs émerge, avec notamment Jean-Marc Pontvianne. Âgé de 22 ans, il a acquis sa première distinction nationale cet hiver (champion de France).
La palme de la précocité revient à Melvin Raffin, un bambin de 18 ans, troisième des Mondiaux Juniors en juillet. Le talent de Raffin a même été repéré par un certain… Teddy Tamgho, qui est devenu son coach alors qu’il n’avait que 14 ans ! Le gamin sera à surveiller de très près.
Quand les voir ? Jeudi 10 août, finale à 21h20.
La Russie interdite de Mondiaux… mais des Russes au départ
Ne soyez pas étonnés si Sergey Shubenkov remporte l’épreuve du 110m haies sans pouvoir entonner l’hymne national. Il peut même s’estimer chanceux : seulement 19 athlètes russes participeront à ces Mondiaux. La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a décidé de prolonger sa sanction envers la Russie. Une relégation qui fait suite au rapport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) ayant révélé un système de dopage d’Etat au pays de Vladimir et des Pussy Riots.
L’IAAF a donc interdit la Russie de Mondiaux. Ferme mais à l’écoute, l’organisme a tout de même donné le feu vert à 19 sportifs. Ces derniers ont réussi à prouver que leur parcours n’avait pas été lié au dopage institutionnel aux yeux de la fédération internationale. Mais, parce que cette dernière n’est pas à une contradiction près, les Russes acceptés en Grande-Bretagne évolueront « sous drapeau neutre » et sans hymne national lors de la remise des prix.
Les Etats-Unis, nation en danger
Le pays des Donald est-il encore la nation de l’athlétisme ? Un coup d’oeil autableau des médailles des précédentes éditions offre un début de réponse : 1er en 2011 avec 25 médailles, 2e en 2013 (même nombre de médailles), et 3e avec 18 médailles il y a deux ans. Cette impression de baisse de régime est accentuée par l’épreuve du 100m.
On se souvient des duels acharnés entre les Jamaïcains (Bolt, Blake) et les Américains (Gay, Gatlin) lors de la dernière décennie. Mais en 2017, les deux sprinteurs US sont bien discrets. Le salut de la nation pourrait venir des femmes, puisque l’inusable Allyson Felix compte doubler la mise sur 400m et 4x100m.
Mo Farah, l’idole d’une nation malgré les soupçons
Décidément, ce sont les Mondiaux des adieux ! Après avoir salué une dernière fois Bolt, il sera temps d’observer les dernières foulées de Mo Farah sur 5 000 m et 10 000m. Le Britannique est en passe d’entrer un peu plus dans la légende du sport, et pourrait devenir l’Européen le plus titré de l’histoire des Mondiaux, devant le perchiste Serguey Bubka (6 médailles).
Pourtant, l’ombre plane sur ses performances. Farah est coaché par un certain Alberto Salazar, dont les méthodes d’entraînement ont été épinglées par la sérieuse Agence américaine antidopage (USADA). En juillet, les hackers russes Fancy Bears ont publié un document de la Fédération internationale d’athlétisme comportant à l’encontre de Farah la mention : « dopage probable, passeport (biologique) suspect ». Pour faire taire les mauvaises langues, Mo Farah vise la victoire, et rien d’autre.
Quand le voir ? Vendredi 4 août, finale du 10 000m à 22h20. Samedi 12 août, finale du 5 000m à 21h20.


















