Euro 2012: La revue d'éditos sur le crash des Bleus

FOOTBALL Ils ne sont ni joueurs, ni dirigeants, ni journalistes, parfois même pas supporters, mais ils donnent quand même leur avis...

A.M.
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Eric Zemmour, le 13 mars 2012, à Nice.
Eric Zemmour, le 13 mars 2012, à Nice. — BEBERT BRUNO/SIPA

Peut-on parler de foot quand on n’y connaît pas grand-chose? Bien sûr que oui. Est-ce une raison pour dire n’importe quoi? La réponse est non. Après l’élimination des Bleus contre l’Espagne samedi (2-0), les éditorialistes et politiques  ont pris le relais des journalistes sportifs. Pour le meilleur mais souvent pour le pire.

Anne Sinclair: «Heureusement que François Hollande se conduit mieux que Samir Nasri!»

La patronne du Huffington Post à un mérite: c’est la seule à reconnaître ne pas y connaître grand-chose. «Mes proches se sont toujours moqués de moi, prétendant que j'éteignais France Info dès que les résultats sportifs prenaient la suite les titres politiques ou économiques», assure Anne Sinclair. Ca ne l’empêche évidemment pas de donner son avis, mêlant politique, diplomatie et football. «Heureusement que François Hollande se conduit mieux que Samir Nasri! Et que, satisfait des avancées du quatuor européen sur la croissance, il accepte d'en rabattre sur les project-bonds, sans faire un bras d'honneur au G20 qui les a superbement ignorés!» Les choses changeront peut être le jour où les journalistes sportifs partiront couvrir les sommets internationaux. 

Yvan Rioufol: «Le gouvernement n’a pas cru bon d’émettre les élémentaires critiques qu’auraient mérité les attitudes des Nasri, Menez, M’vila, Ben Arfa»

Quitte à mélanger football et politique, autant pousser la comparaison jusqu'au bout. Dans son billet pour le Figaro «La France désinvolte, une voie sans issue», Yvan Rioufol mêle sans retenue l'attitude des Bleus et celle du gouvernement: «Le parallèle avec le gouvernement vaut à propos de son indifférence aux réalités, qui rejoint l’égoïsme immature des joueurs». A lire ça, on a imagine Jean-Marc Ayrault insulter les journalistes politiques dans les prochains jours. Pour Yvan Rioufol, il aurait d'ailleurs dû y avoir une condamnation du comportement des Bleus par l'Etat. «Ce dernier n’a pas cru bon d’émettre les élémentaires critiques qu’auraient mérité les attitudes des Nasri, Menez, M’vila, Ben Arfa, ces Bleus qui ont fait honte au pays qu’ils représentaient pour l’Euro 2012.  Le langage de petit caïd de Nasri aurai dû, à lui seul, susciter une  indignation officielle que, sauf erreur, je n’ai pas entendue». Et pourquoi pas une commission d'enquête? Ah ben non, ça on a déjà fait.

Eric Zemmour: «Ils roulent sur l’or pas sur le tricolore»

Eric Zemmour à un talent fou: exprimer les bas instincts de la France des comptoirs en enfilant les formules populistes encore mieux que Nasri les insultes aux journalistes. Sur RTL, le chroniqueur tresse le portrait des Bleus: «ils roulent sur l’or pas sur le tricolore», «ils errent sur le terrain comme des âmes en peine, mais ont-ils une âme?», «une mentalité de petit fonctionnaire à deux ans de la retraite dans une collectivité locale». Evidemment, c’était mieux avant, du temps de Platini ou de celui de Zidane. Un temps où on ne l’entendait pas parler football

Bernard Debré: «Un halo nauséabond associant prostitution, argent et injures»

Habitué de la sortie fracassante, Bernard Debré, député (UMP) ne pouvait pas louper une si belle occasion. La sortie la plus violente du lot, on la trouve sur son site. A la limite de la diffamation? Bien au-delà même. «Leur troupe est entourée d’un halo nauséabond associant prostitution, argent et injures. (…) Ils vont certainement se reposer des efforts qu’ils n’ont pas faits. Peut-être vont-ils batifoler à droite et à gauche avec des filles tarifées puis ils partiront dans leur club étranger où, paraît-il, ils font des merveilles!» Sans commentaires.