L'attaquant bordelais David Bellion dans son restaurant Le Manifesto avec sa femme Francesca.
L'attaquant bordelais David Bellion dans son restaurant Le Manifesto avec sa femme Francesca. — S.Ortola / 20 Minutes

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David Bellion: «Si j'avais voulu faire de l'argent, j'aurais ouvert une pizzeria»

L'attaquant des Girondins vient d'ouvrir son restaurant dans le centre-ville de Bordeaux…

Installé devant un thé vert, David Bellion raconte la création de son restaurant Le Manifesto, ouvert il y a trois semaines dans le centre-ville de Bordeaux. Ou comment passer de la cuisine italienne, à l’art japonais en passant par la déco autrichienne. Entretien avec un esthète.

Pourquoi avoir appelé votre restaurant Le Manifesto?
Un manifeste, ou manifesto en anglais, est la déclaration publique d’un groupe de personnes sur un thème politique, culturel… Ce restaurant, c’est ma déclaration à moi, il illustre ma personnalité. J’ai préféré le mot anglais, ça sonne mieux qu’en français.

Quelles sont vos sources d’inspiration pour la cuisine?
Ça vient d’un peu de partout. A Cannes, où j’ai grandi, il y avait un restaurant, Le Volupté, où on pouvait manger de très bons petits pains. Je leur ai demandé l’autorisation de reprendre l’idée pour le Manifesto. A l’étage, j’ai fait construire un espace où l’on peut se faire tailler la barbe. L’idée m’est venue quand j’allais chez le barbier à New-York, à Amsterdam, à Paris… Ce lieu, c’est un mix de tout ce que j’aime faire dans la vie.

La carte met à l’honneur la cuisine italienne…
C’est le pays d’origine de ma femme Francesca, qui dirige le restaurant. Son père Luciano, qui est derrière les fourneaux, vient de Salsomaggiore, une petite ville à côté de Parme. Il a commencé à cuisiner quand il avait neuf ans. Il m’a trouvé le même fournisseur que Ducasse pour le jambon. En Italie, tout est raffiné, on y mange vraiment très bien. A Modène, je suis allé dans le quatrième meilleur restaurant du monde, c’était violent. Quand on y va, on descend en Toscane où on connaît un petit restaurant où l’on déguste du pecorino avec un peu de bacon. C’est vraiment sympa et c’est très beau là-bas. Ils y ont tourné des films, comme Gladiator. Avec ma femme, on s’est fait à pied le chemin qui mène à la ferme de Maximus quand on la voit brûler dans le film. Fatiguant, mais je conseille de le faire.

Pas de vins de Bordeaux à la carte…
On a axé sur l’Italie. Ici, il y a beaucoup de gens qui font bien du Bordeaux que je n’avais pas envie de le faire mal. Je veux que tout soit parfait. Si j’avais voulu faire de l’argent, j’aurais laissé ce que j’ai investi à la banque ou j’aurais ouvert une pizzeria. Il n’y a rien de laissé au hasard dans ce restaurant. Les objets, je les ai choisis moi-même selon des coups de cœur. Il y a des tableaux australiens, le miroir dans les toilettes a été conçu par un designer autrichien, les bancs sont espagnols… Au fond, j’ai installé un banc tenu par des ballons gonflés. C’est un artiste japonais, que j’ai fait venir spécialement ici, qui s’en est occupé. Il n’y a que deux pièces au monde: au Manifesto et dans son atelier à Tokyo. J’ai été très égoïste dans la conception de ce lieu que j’ai donné à ma femme.

A Manchester, vous arriviez à trouver de bons restaurants?
Il n’y a pas de cuisine typique anglaise en dehors des fish and chips mais on trouve quand même de très bons restaurants dans cette ville, notamment des Italiens. Une fois, j’avais mangé dans un restaurant «anglais» où c’était très bien travaillé, notamment au niveau des sauces. Mais je ne sais plus ce que j’avais mangé.