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APOEL Nicosie: Comment arriver en quart de finale de la C1 avec 10 millions d'euros?

APOEL Nicosie: Comment arriver en quart de finale de la C1 avec 10 millions d'euros?

FOOTBALLAprès avoir éliminés Lyon, les Chypriotes vont recevoir le Real Madrid mardi en quart de finale aller...
Antoine Maes

Antoine Maes

En France, avec un magot pareil, l’Apoel Nicosie ne ferait même pas partie des cadors de Ligue 2. Assis sur un budget annuel de 10 millions d’euros, les Chypriotes vont tout de même défier le Real Madrid en quart de finale aller de la Ligue des Champions, mardi. Pour en arriver là, il a fallu du flair dans le recrutement, faire confiance à un coach atypique, et profiter de la réforme de la C1 initiée par Michel Platini. Et surtout d’un gros paquet de chance. Comment monter dans le grand huit européen quand on n’a pas un rond?

En misant sur la filière lusophone

La veille des grands rendez-vous du club, les joueurs sont concentrés dans l’hôtel GSP, à portée de frappe du stade éponyme. Et il ne faut pas longtemps pour remarquer qu’un groupe un peu plus bruyant que les autres anime l’effectif chypriote. Avec 10 lusophones (quatre Portugais, six Brésiliens), l’Apoel s’est acheté ce qu’il ne trouve pas chez lui: de l’expérience, de la maîtrise technique, et du talent en la personne d’Ailton, l’attaquant de pointe. Ce dernier résume à lui tout seul la méthode Nicosie: formé à l’Atletico Mineiro sans y jouer avec l’équipe première, il émigre en Suède, puis rejoint le Danemark avant d’atterrir il y a un an et demi chez l’Apoel. Le tout pour un peu plus d’un million d’euros (un record pour le le club), et sans jamais avoir sa chance dans un championnat majeur.

En pariant sur la magie d’un coach serbe de 49 ans dont le nom n’a jamais affolé les grands clubs européens

Le Serbe Ivan Jovanovic, qui parle couramment le grec, est pourtant une idole absolue dans la capitale chypriote. Il a rapporté quatre titres de champions à son club, devenant l’an passé l’entraîneur serbe de l’année. Un titre qu’il a toutes les chances de conserver, vu le parcours de son équipe. Tactiquement, il a l’intelligence de ne pas faire jouer sa formation comme le Barça sans en avoir les moyens: Nicosie défend à 10 et mise tout sur la contre-attaque. Sa patte est avant tout psychologique. «La principale raison de nos résultats, c’est la confiance et la volonté de mes joueurs de réussir quelque chose que personne d’autre n’a fait avant», suggère le Serbe. C’est son calme olympien qui marque en premier: le matin du 8e de finale retour contre Lyon, il n’a pas dit un mot lors du réveil musculaire de ses joueurs, se contentant d’un petit tour de terrain, la clope au bec. Relax.

En remerciant Michel Platini

La seule ville du monde où on peut visiter un musée entièrement dédié à Michel Platini? Ni Joeuf, ni Saint-Etienne, ni Turin, mais bien Nicosie. Fondé par un fan inconditionnel de l’ancien meneur de jeu français, il a même reçu la visite de l’actuel président de l’UEFA en 2009, dont la réforme de la C1 est une bénédiction pour l’Apoel. «C'est Monsieur Platini qui a contribué à tous ces changements pour nous, les petits clubs, d'avoir la chance de participer à la Ligue des champions et gagner des matchs. Sans cette réforme, avant ce n'était pas possible. Maintenant oui. Merci Platini», expliquait Fivos Erotokritou, le président de Nicosie, début mars. En attendant, il a quand même fallu se bagarrer: les Chypriotes ont démarré la Ligue des champions en… juillet 2011, sur le terrain d’un obscur club albanais, le SK Denderbreu. Chez les quart-de-finalistes, ils sont évidemment ceux qui ont joué le plus de matchs pour en arriver là (14).