Indice UEFA: la France toujours sous la menace du Portugal
FOOTBALL•Comment et pourquoi le Portugal risque de piquer la cinquième place à l'indice UEFA à la France?...Alexandre Pedro
Malgré la qualification de Marseille, le football français risque toujours de perdre son cinquième rang à l’indice UEFA au profit du Portugal qui peut toujours compter sur Benfica en Ligue des champions et le Sporting en Ligue Europa pour lui passer devant. Si dans l’absolu la cinquième place ne change pas grand-chose et permettait juste au troisième représentant tricolore en Ligue des champions d’éviter d’effectuer un tour préliminaire au lieu de deux, sa perte éventuelle interpelle.
Un championnat plus tranquille
Comment un championnat comme la Liga Sagres où 80% des clubs sont incapables de payer leurs joueurs voit ses principaux représentants narguer ceux de la Ligue 1 en Coupe d’Europe? Paradoxalement, la faiblesse relative du championnat explique cette réussite comme l’explique l’ancien entraîneur de Naval, Victor Zvunka. «Il existe deux Liga en une. D’un côté Benfica, Porto, le Sporting et Braga se disputent les places en Ligue des champions alors que les autres cherchent juste à assurer le maintien. Résultats, les quatre premiers peuvent lever le pied et faire tourner leur effectif avant un match européen. En France vous ne pouvez pas. Même contre le 18e.»
Vainqueur de la Ligue des champions avec Porto en 2004, Costinha met en avant la qualité du travail des clubs portugais malgré des moyens limités. «En France, un club comme Arles-Avignon a touché 19 millions d’euros de droits télés l’an dernier. Même Benfica ne reçoit pas autant, avance l’actuel directeur sportif du Servette FC en Suisse. Les clubs portugais doivent faire autrement.» Et recruter malin. «Ils ne vont pas mettre 15 ou 20 millions sur un joueur mais ont un excellent réseau de recruteur en Amérique du Sud, poursuit l’ancien milieu de Monaco. A l’image de Porto qui va miser sur des jeunes talents à fort potentiel financier à la revente.»
Une question de mentalité
Pour mettre en avant leurs dernières trouvailles, les clubs portugais savent qu’un bon parcours en Coupe d’Europe est indispensable. Costinha sort sa calculette. «Prenez le cas d’Aly Cissokho. Il a suffi de deux gros matchs contre Manchester United pour le vendre 15 millions d’euros à Lyon. Allez au moins en quart de finale est donc un objectif presque vital.»
Derrière cet aspect financier, il y a aussi le de poids du maillot et la tradition avance Victor Zvunka. «Le football est une religion ici. Cette passion se transmet aux joueurs. Quand on représente des institutions comme Porto ou Benfica, on ne peut pas se faire sortir au premier Tour de la Ligue Europa.» La mentalité, voilà ce qui différencie le football français de son homologue lusitanien selon Costinha. «Sans être l’Angleterre ou l’Espagne, vous avez des clubs avec des moyens, des bons joueurs et une formation de qualité. La différence est peut-être mentale. Quand Porto gagne une Ligue des champions, Lyon n’arrive pas à franchir le pas. Peut-être parce que les Portugais croient plus en leurs chances.» L’indice UEFA est là pour le démontrer.


















