2012: Les cinq flops qui vont faire l'année sportive

SPORT Un Euro à très vite oublier, Mourinho viré et un athlétisme français qui va se rater...

A.P. et B.V.

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Le milieu de l'équipe de France, Samir Nasri (en bleu) lors d'un match des éliminatoires de l'Euro 2012 contre l'Albanie, le 7 octobre 2011.
Le milieu de l'équipe de France, Samir Nasri (en bleu) lors d'un match des éliminatoires de l'Euro 2012 contre l'Albanie, le 7 octobre 2011. — REUTERS

Muni d’une boule de cristal achetée dans un vide-grenier et de sa mauvaise foi, le service des sports de 20 Minutes sait déjà qui ne va aimer 2012.

 

L’athlétisme français au Jeux Olympiques

L’espoir de l’athlétisme français reposait sur eux, et ils ont complètement craqué. Pourtant, tout avait bien commencé pour Christophe Lemaître: Explosant à huit reprises son propre record de France du 100 mètres en préparation, le Français se qualifie sans problème pour la finale des JO de Londres en tapant le premier temps des demi, avec un 9’78 relâché après 60 mètres de course. Yohan Blake contrôlé positif à la DHEA, Usain Bolt victime d’un faux-départ de réveil avant les premières séries, Tyson Gay forfait après s’être claqué en quart, personne ne peut empêcher le «TGV d’Aix-les-Bains» d’aller chercher l’or. Sauf lui-même. Sous la pression, le Français s’effondre et conclut la ligne droite à la quatrième place, en 10’35, dans une finale du 100 mètres qui restera comme la plus lente de l’histoire des JO. Avec un 10’28, Jimmy Vicaut monte sur le podium, derrière les 10’18 de Dwain Chambers, nouveau champion olympique. Francis Obikwelu, à 34 ans, prend l’argent.

Pas mieux pour Teddy Tamgho. Assurant pourtant n’avoir «rien à envier à Jonathan Edwards» avant les qualifications, le triple sauteur français mord ses trois essais avant d’en venir aux mains avec la juge-arbitre. Il est radié à vie de l’IAAF mais sort deux mois plus tard un album de rap produit par Bambi Cruz où il dénonce tour à tour l’influence néfaste des médias, des femmes et des juges-arbitres.

La Dream Team

Barcelone 1992, souvenez-vous. Larry Bird, Magic Johnson, Michael Jordan, Yann Bonato. Une équipe magique, à laquelle on croyait avoir trouvé une petite sœur: la «dream-team de Londres». Emmenée par les Three-Amigos James, Bosh et Wade, bien entourés de Bryant, Howard ou encore Paul, l’armada US colle une gifle à tout ce qui se présente à elle. Lors d’un match de préparation à Bercy, les Bleus de Parker explosent 60 à 122 avec 59 points et 16 passes décisives de «LBJ». En poule, l’écart moyen avec ses adversaires est de 45 points. Mention spéciale à la Tunisie, baladée 138 à 51. De nouveau opposée à l’équipe de France en quart de finale, la Team USA commence fort (+20 après le premier quart, 30 à 10) avant de petit à petit déjouer. Victime du syndrome «Rigaudeau» des JO de Sydney, elle laisse les Bleus revenir à 8 points à quatre minutes du terme. Sous la pression, Lebron James craque de nouveau, comme quelques semaines plus tôt en finale NBA et termine son match à 3/24 aux shoots. Menés d’un point à huit secondes de la fin (76-75), les Bleus ont la possession de la gagne. Bien servi par une passe laser de Tony Parker, Ali Traoré claque un dunk monstrueux sur la tête de Dwight Howard six centièmes avant que le buzzer ne renvoie la dream-team dans le Missouri. Euphorique, Ali Traoré twittera quelques instants plus tard: «Celui-là, il est pour toi @FredWeis».

José Mourinho

C’est avec un bas de jogging trop large et sa doudoune sans manche, malgré les 30degrés qui pèsent sur Madrid, que José Mourinho a vécu son dernier match à la tête du Real. Malgré le quintuplé de Cristiano Ronaldo contre Majorque, le titre de champion file encore du côté de Barcelone… comme la Coupe du Roi. Et comme la Ligue des Champions, aussi. «Hasta luego», titre Marca bien content de voir partir celui qui envoyait ces deux derniers mois l’intendant de l’équipe en conférence de presse.  En 2012, le «Special One» a perdu son modjo, ses costumes italiens et six matchs contre le Barça de Guardiola. Après s’être fait signifié son licenciement par Zinedine Zidane, le Portugais propose ses services au PSG, rappelant au passage qu’il a fait «français LV1». Malheureusement pour lui, Leonardo maintient sa confiance à Carlo Ancelotti qui a qualifié le PSG pour la Ligue Europa. André Vilas-Boas lui souffle ensuite le poste de sélectionneur du Portugal. Mourinho regagne alors sa villa de Sétubal où il entame la rédaction de son autobiographie, en quatre volumes.

L’Euro 2012

Sous tous les plans, l’Euro 2012 a été un sacré foutage de gueule. Retardés d’une semaine à cause de la grève des contrôleurs aériens des deux seuls aéroports d’Ukraine, Kiev et Donetsk, tous les matchs prévus dans le pays de Shevchenko sont finalement reprogrammés en Pologne après qu’un dégât des eaux a été diagnostiqué dans les deux stades, construits par le même architecte - qui n’était en fait pas un architecte mais le frère de ministre de l’Industrie. Sportivement, la supercherie atteint son paroxysme. Eliminés par l’Ukraine en poule à la suite d’un penalty inexistant sifflé par un arbitre russe, les Français crient au «complot politique». Battue 2-0 en demi-finale par l’Allemagne avec trois buts non-accordés alors que le ballon avait pourtant bien franchi la ligne de but, l’Angleterre demande «l’arbitrage vidéo, et vite!». Evaporée 1-0 en finale par la Russie grâce à un penalty généreusement accordé par un arbitre ukrainien, l’Allemagne s’insurge contre la «dictature de l’argent» qui régit le football. Pendant ce temps, Michel Platini s’assure des soutiens nécessaires pour être élu président à vie de la FIFA à la prochaine élection.

Andy Schleck

Bien sûr il peut toujours accuser le vent, la pluie, les coureurs «qui attaquent quand tu as mal aux jambes» et ces contre-la-montre «trop longs», mais Andy Schleck ne peut sans prendre qu’à lui-même. Comme en 2009, 2010 et 2011, Andy dit «oui» à la deuxième place du Tour de France. A l’heure du bilan, le Luxembourgeois se demande où il a bien pu perdre ces 38 secondes sur Cadel Evans. Peut-être quand il attendu Frank le frérot dans la montée de la Toussuire alors que l’Australien était victime d’un début de fringale. Ou peut-être pour ne pas avoir voulu relayer Thomas Voeckler dans la descente vers Bagnères-de-Luchon de peur que le Français ravisse la 3e place à son frère. Ou alors peut-être «parce qu’il n’a pas envie de le gagner ce Tour» comme le suggère Lance Armstrong sur Twitter. Ou enfin peut-être parce que «ce n’est que du vélo», comme il le concède à la sortie d’un établissement nocturne des Champs-Elysées.