Les All Blacks ont gagné la septième Coupe du monde, chez eux, en Nouvelle Zélande, le 23 octobre 2011.
Les All Blacks ont gagné la septième Coupe du monde, chez eux, en Nouvelle Zélande, le 23 octobre 2011. — Mike Hutchings / Reuters

COUPE DU MONDE

Rugby: La Nouvelle-Zélande attendait depuis trop longtemps pour faire la difficile

Vainqueurs des Français 8-7 en finale, les All-Blacks savourent cette victoire qu'ils attendaient depuis 24 ans...

 

Conrad Smith pourrait écrire un roman sur la sensation de cette première gorgée de bière dans le trophée Webb-Ellis transformé en chope géante. «Je ne connais pas sa contenance mais je peux vous dire qu’il a déjà bien tourné», raconte le trois-quarts pas encore soulé par le houblon mais déjà ivre de bonheur. Avec lui, c’est bien quatre millions de Néo-Zélandais qui trinquent à cette Coupe du monde qui jouait à cache avec le pays du rugby depuis 24 ans et déjà une victoire contre la France à l’Eden Park d’Auckland (29-9).

«On est la meilleure équipe au monde depuis longtemps»

Meilleure équipe du monde entre deux coupes du monde depuis deux décennies, les All-Blacks voient dans cette victoire étriquée (8-7) une juste récompense pour leur contribution au rugby. Pas trop tôt, résume Graham Henry, ce prof de géo devenu sélectionneur:  «On est la meilleure équipe au monde depuis longtemps, donc il était temps que ça se concrétise.»  Personne ne dira le contraire, sauf les Français sur les 80 minutes de cette finale.

Dans un pays qui déteste l’inattendu et les piétons qui passent au rouge, le parcours emprunté par les hommes d’Henry n’avait rien d’attendu. La Nouvelle-Zélande a gagné sa Coupe du monde dans la douleur, avec Dan Carter sur des béquilles et grâce à une pénalité de Stephen Donald qui était il y a encore un mois de cela le cinquième ouvreur du pays.

«Le rugby voulait que les Blacks soient champions»

Si elle n’a peut-être pas infligé aux Bleus la fessée déculottée promise par sa très arrogante presse, cette équipe a prouvé qu’elle n’était  pas qu’une magnifique horlogerie qui se dérègle au premier adversaire contrariant. «Il a fallu aller chercher cette victoire au plus profond et ce fut très difficile», reconnaît son capitaine Richie McCaw devenu martyr de tout un pays pour avoir disputé toute cette Coupe du monde avec une blessure au pied.

Malgré les blessures, la maladresse du buteur Piri Weepu et le stress qui a gagné les têtes en deuxième mi-temps, les Blacks ont prouvé qu’il était écrit quelque part que cette Coupe du monde leur revenait de droit. «Le rugby voulait que les Blacks soient champions. Voilà c’est fait», constate dépité le deuxième-ligne Pascal Papé. Les Français peuvent toujours râler et maudire l’arbitrage maison de Monsieur Joubert, les Néo-Zélandais ont eux, trop attendu ce moment pour faire les difficiles.