Wimbledon: Nicolas Mahut, l'année d'après

TENNIS Le Français retrouve John Isner, un an après le match légendaire qui les a opposés...

B.V.
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Cela passe d'abord par un retour dans les cent premiers, lui qui est monté jusqu'au 40e mondial début 2008. "Mon objectif pour 2011 est déjà de faire une saison complète", expose Mahut, freiné par une succession de pépins physiques.
Cela passe d'abord par un retour dans les cent premiers, lui qui est monté jusqu'au 40e mondial début 2008. "Mon objectif pour 2011 est déjà de faire une saison complète", expose Mahut, freiné par une succession de pépins physiques. — Dave Thompson AFP/Archives

Il a d’abord cru à une plaisanterie, avant de tomber dans un océan de souvenirs. Quand on a annoncé à Nicolas Mahut qu’il allait affronter John Isner au premier tour de Wimbledon mardi, le Français s’est revu sur le court n°18 du tournoi londonien, il y a un tout juste un an. Là où, après un combat hallucinant de plus de onze heures, étalé sur trois jours, il a finalement craqué face au géant américain dans le match le plus long de l’histoire du tennis. C’était le «match de [sa] vie», comme il a choisi de titrer le livre retraçant cette histoire, et Mahut l’a perdu.

«J'ai traversé une sorte de dépression après le match, témoigne-t-il. C'est tellement dur d'avoir joué tout ce temps pour perdre. Et de passer à côté de la joie de gagner. J'ai eu l'impression de laisser tomber mon entourage en ne gagnant pas.» Philippe Bouin, ancien journaliste à L’Equipe et co-auteur du livre de Mahut, confirme: «Il n’a pas perçu le côté exceptionnel du match. Il avait l’objectif de réussir quelque chose de fort à Wimbledon. Pendant le match, il avait juré à son coach qu’il ne lâcherait pas. Du coup, c’était une énorme déception pour lui.»

Un match où le nom du vainqueur ne compte pas

Après plusieurs mois de «reconstruction», comme il l’avoue lui-même, Mahut décide alors d’écrire un livre et de prendre plus de recul. Au fur à mesure, l’Angevin «a commencé à comprendre que les gens ne le félicitaient pas par apitoiement mais parce qu’ils le pensaient sincèrement», poursuit Bouin. «Les gens ne lui parlaient pas du résultat, mais de ce qu’ils faisaient ce jour-là, qu’ils racontaient “J’étais entre Paris et Toulouse en voiture et il y avait des flashs à la radio toutes les 30 minutes.” Il a alors réalisé que c’était l’un des seuls matchs dans l’histoire où le nom du vainqueur n’est pas le plus important, mais qu’on retenait l’exploit sur la durée.»

Passé à autre chose, Nicolas Mahut peut aborder ce Wimbledon 2011 délivré du poids de la défaite. Même s’il restera toujours l’homme d’un match. «Foncièrement, sa vie n’a pas tant changé que ça, conclut Bouin. On pensait qu’il signerait plein de contrats pubs avec Duracell ou autres mais en fait non. Il s’est surtout rendu compte qu’il était capable de faire un truc comme ça. Désormais, il est certain de ses capacités de constance et de résistance.» Et il en faudra, mardi, face à John Isner.