Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Roland-Garros: Le grand Robert sort Berdych

Roland-Garros: Le grand Robert sort Berdych

TENNISLe Français (140e mondial) a créé l'exploit de ce début de tournoi en sortant le demi-finaliste de 2010, le Tchèque Tomas Berdych...
A Roland-Garros, Alexandre Pedro

A Roland-Garros, Alexandre Pedro

De notre envoyé spécial à Roland-Garros

A première vue, Stéphane Robert, 31 ans, n’a ni le look avec sa caquette de six ans d’âge ni le classement (140e) pour sortir un numéro six mondial et en cinq manches s’il vous plaît (6-3, 6-3, 2-6, 2-6, 7-9). Mais Tomas Berdych peut désormais vous le dire, il faut se méfier des apparences avec ce trentenaire à la dégaine de plagiste. Sa défaite à peine consommée, le demi-finaliste 2010 y va de son hommage dépité: «Je ne comprends pas comment ce type peut être 140e avec ce jeu.»

Quelques minutes plus tard, Robert débarque dans la grande salle de conférence de presse. Le ton est posé et contraste avec la furie qui l’anime sur le terrain. Sur un court 2 devenu trop petit pour l’événement, le Français a «sorti la plus belle victoire de sa carrière», effaçant un retard de deux sets, sauvant une balle de set dans la dernière manche avant de renvoyer Berdych à ses doutes et à ses insultes dans la langue de Kundera.

Il dit merci à Dame Nature

Au premier rang, Sébastien Rives lâche sa petite larme. Il n’est pas l’entraîneur du héros du jour, juste son meilleur pote. «Il est fou, répète-t-il. Mais c’est quand il pète un plomb qu’il devient dangereux.» Lecteur de Dostoïevski et quadrilingue, Robert a une approche de tennis toute personnelle. Pendant dix ans, il a suivi les méthodes iconoclastes de Ronan Lafaix où tout était basé sur le relâchement et la décontraction. En début de saison, Robert décide de mettre fin à cette relation pour voler de ses propres ailes. «Je ne savais plus trop ce que je faisais sur le terrain, j’avais perdu la motivation. On s’est séparé mais je continue à travailler avec la méthode Ronan Lafaix.»

Avec sa personnalité, Robert détonne et irrite parfois. Battu la semaine dernière à Bordeaux, Florent Serra n’avait pas aimé se faire chambrer lors de la poignée de main. « Quand il sort des coups gagnants, il fait ce genre de gestes qui ne veulent rien dire», charge son compatriote. Depuis quelques semaines, Robert a pris l’habitude d’embrasser trois de ses doigts avant de les brandir au ciel après certains points gagnants. Un geste dans lequel il faut voir «une façon de remercier Dame Nature», justifie-t-il avant d’avancer une explication plutôt cosmique. «Quand on réussit un point magnifique, on a cette sensation de ne plus faire qu’un avec l’univers.» L’univers et Stéphane Robert ont rendez-vous dès mercredi pour un deuxième tour contre l’Italien Fabio Fognini.