Etienne Lavigne: «Si quelques personnes n'aiment pas le Dakar, dommage pour elles»
DAKAR 2011•Le patron du Dakar dresse le premier bilan de l'édition 2011...Propos recueillis par Romain Scotto, à Buenos Aires
De notre envoyé spécial à Buenos Aires (Argentine),
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Un beau duel chez les motos, de nouvelles nationalités dans le haut des classements, un automobiliste tué par un concurrent. Voilà le condensé de l’édition 2011 du Dakar. A peine descendu de son hélicoptère à Buenos Aires, Etienne Lavigne, le directeur de l’épreuve, revient sur une quinzaine haletante. Et évoque déjà la prochaine édition…
Quel premier bilan tirez-vous de cette édition du Dakar?
On a vu de très beaux duels, notamment chez les motos. Dans la compétition auto, je salue l’extrême sportivité du team Volkswagen qui n’a pas donné de consignes à ses deux pilotes (Al-Attiyah et Sainz) jusqu’au bout. C’est méritoire. Je suis très content pour Al-Attiyah. Il mérite largement cette victoire. Avec lui, c’est un changement de génération. Le prince du Dakar a mérité ses galons aujourd’hui
Certaines spéciales écourtées sur le plan du tracé. Avez-vous surestimé le niveau général?
Non, on n’a rien estimé du tout. Nous sommes des organisateurs responsables et soucieux du bon déroulement des trois courses. On a réalisé des ajustements. Tous les concurrents qui montent sur le podium dimanche ont réalisé l’intégralité du parcours. Avec les mêmes difficultés pour tout le monde. Ça, c’est extrêmement important. Quand on se rend compte que l’étape de la veille ramène les gens dans des délais un peu tardifs, on se montre intelligent en termes de gestion de course.
Beaucoup de nationalités sont représentées dans le haut des classements. Cela vous réjouit-il?
Oui. La diaspora du Dakar se porte bien. On est content de cette internationalisation. 58 nationalités au départ, c’est extraordinaire. Et la victoire d’un qatari sur une course qui a ses origines en Europe, c’est exceptionnel. On en est content. Peut-être qu’un jour on aura un chilien en moto. Je l’espère pour Chaleco (ndlr, 4e du classement et idole des Chiliens).
Peut-on s’attendre à voir prochainement le Dakar sur les terres de Nasser Al-Attiyah?
Chez lui c’est un peu petit, mais chez ses voisins c’est réalisable. Au Qatar, on peut faire une ou deux spéciales. On a été cette année à Riyad rencontrer les autorités sportives. Il y a un désert immense, un terrain merveilleux. Pourquoi pas. On a plusieurs dossiers d’étude ouverts.
D’où le Dakar a-t-il le plus de chances de partir l’année prochaine?
Il se déroulera sur le continent sud-américain. Pour la ville de départ, ce n’est pas joué. La ville d’arrivée non plus. Est-ce qu’il y aura deux, trois, quatre ou cinq pays, sincèrement je suis incapable de le dire. On va y travailler très vite. Fin février, début mars, vous aurez le prochain tracé. On aura un grand cocktail de paysages et d’émotion. Des embrassades, des pleurs. Chez des hommes très virils, c’est beau à voir.
On parle du Brésil, du Pérou, ça vous intéresse?
Beaucoup! Ouvrir le Dakar à d’autres pays, c’est dans ses gènes. On a réalisé des reconnaissances sur place. On a dans nos cartons deux trois tracés possible. On est dans l’attente de la confirmation des pays qui souhaitent nous accueillir. On a établi des contacts politiques. Il faut un peu de patience. La province de Rio peut nous accueillir pour un départ le 29 décembre prochain de Copa Cabana. Pourquoi le 29? Parce que le 31 décembre, c’est compliqué. Il y a plusieurs millions de personnes sur la plage. On a des réponses officielles de certains pays. Il en manque d’autres. Pour assembler le puzzle de ce prochain Dakar, il faut les réponses définitives de tout le monde.
Avez-vous profité de ce Dakar pour rencontrer des officiels d’autres pays?
On a eu la visite du ministre des sports du Paraguay, du secrétaire d’Etat aux Sports du Pérou. Et on accueille dimanche les Brésiliens. Ce qui est sympathique, c’est d’être désiré. Moi ce que j’aimerais, c’est un grand sourire dans le Sud du continent sud-américain. Un Dakar qui pourrait partir de Copa Cabana, descendre par le Paraguay, emprunter l’Argentine, puis le Chili et le Pérou. C’est compliqué à monter mai très excitant. En tant qu’organisateur on va dans des pays où les conditions de sécurité sont optimales. Je suis attristé de voir que la situation ne s’arrange pas en Afrique. Le Dakar permettait d’offrir une visibilité à ces pays.
En France l’image du rallye raid n’est pas très bonne. Cela vous agace-t-il?
Non, ça ne me fait pas mal du tout. Les gens qui nous accueillent sont enthousiastes. La vision française ne m’intéresse pas beaucoup. Le Dakar est international. S’il y a quelques personnes en France qui n’aiment pas l’épreuve, dommage pour elles. Ne leur en déplaise, le Dakar a du succès, et un continent d’accueil qui sur lequel il se réalise bien. C’est une vraie fête. Si les Français n’aiment plus la fête c’est leur problème.
On ne peut pourtant pas occulter la mort d’un automobiliste pendant l’épreuve. Quelle est la responsabilité de l’organisation dans ce type d’accidents?
Je n’ai pas grand-chose à dire. Les conditions précises de l’accident, je ne les connais pas. Je connais l’heure et les personnes impliquées. Après, c’est un accident de circulation qui n’est pas dans le temps de la compétition. Des accidents de la circulation, il y en a partout, dans tous les pays, surtout en Argentine, c’est l’une de leurs préoccupations majeures.
Si ce n’est pas dans le temps de la compétition, cela ne concerne donc pas le Dakar?
Si, parce que c’est un concurrent du Dakar. On suit cette affaire là. Mais c’est arrivé sur une route ouverte, où la circulation est normale. Le pilote ne roulait pas vite. On a les éléments, mais je n’ai que ça. Il y aura une enquête. Il faudra un certain temps pour tirer des conclusions.


















