Son père l'assure: «Michaël est le meilleur joueur du monde en double»

TENNIS Pour le père de Michaël Llodra, son fils a enfin pris conscience de ses possibilités...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Les joeuurs français Michaël Llodra (à g.) et Arnaud Clément, lors d'un match en double de Coupe Davis, le 12 avril 2008.
Les joeuurs français Michaël Llodra (à g.) et Arnaud Clément, lors d'un match en double de Coupe Davis, le 12 avril 2008. — G.Bouys/AFP

De notre envoyé spécial à Belgrade

Ancien footballeur professionnel (il a contribué à la montée du PSG en première division), Michel Llodra a toujours suivi de près la carrière de son tennisman de fils. Avant le double de cette finale de Coupe Davis entre le Serbie et la France, il revient sur la carrière de son imprévisible fiston, pilier du double tricolore, pour 20minutes.fr.

A 30 ans, votre fils connaît son meilleur classement de sa carrière (23e). Comme expliquez-vous cette explosion tardive en simple?


Il y a un déclic cette année. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi. La maturité est venue vers ses 30 ans chez Michaël. Il y a des joueurs qui deviennent matures à 18 ans comme Nada, d'autres à 30 ans et certains jamais jamais. Michael avait souvent des hauts et des bas. Désormais, il a moins de bas. Il a pris conscience qu'il pouvait battre les meilleurs. Avant quand il devait affronter un Top 10, il me disait «Papa ne t'enflamme pas, le mec en face est quand-même très fort». Il ne croyait pas assez en lui.

D'où vient ce déclic?

Arrivé à la trentaine, il s'est dit qu'il passait peut-être à côté de quelque chose. Amélie Mauresmo a beaucoup aidé aussi, elle a trouvé les mots pour lui faire prendre conscience de ses qualités. Maintenant, on voit un Michael sûr de lui.

On est loin du Michael Llodra qui se cachait nu dans le casier d'Ivan Ljubicic pour «connaître les secrets sa réussite»?

Michael est un peu extraverti, il a toujours bien aimé se faire remarquer. Parfois, il va un peu trop loin, mais c'est sa nature. On ne va pas le changer maintenant.

A aucun moment, Michael n'a voulu dévier de son jeu de serveur-volleyeur?

Depuis tout petit, il monte à la volée. Il se faisait souvent lober mais je l'ai toujours encouragé à aller dans ce sens.  Pousser la balle en fond de court, remettre... C'est pas pour lui.

A un moment donné, est-ce qu'il n'a pas hésité à ne faire que du double où il aurait pu continuer à amasser pas mal d'argent?

Non. Michaël a été 34e en simple en 2004, il savait qu'il avait le niveau. On l'oubliait un peu. On l'a vite catalogué joueur de double comme il gagnait pas mal de tournois avec Fabrice Santoro. En double, Michaël est l'un des meilleurs joueurs au monde, si ce n'est le meilleur. En Coupe Davis, il est incontournable. On peut avoir une paire Benneteau-Llodra ou Clément-Llodra voire Gasquet-Llodra, mais il y aura toujours Llodra.

On sent d'ailleurs qu'il adore le côté équipe de la Coupe Davis. Est-ce parce qu'il a un père footballeur?

Il adore ça. Si les saisons pouvaient se disputer dans le contexte Coupe Davis, il serait depuis un moment dans le Top 10. Il se sent bien en groupe, Michaël n'est pas un individualiste. Ce n'est pas comme certains joueurs.

Vous avez évolué au PSG dans les années 70, est-ce que Michaël a voulu imiter son père?

Il a longtemps joué dans les équipes de jeunes du PSG. Pendant un moment, il hésitait entre le foot et le tennis. Il a choisi le tennis et il ne s'est pas trompé.

Et quel genre de footballeur était-il?

Très technique... Et très perso (rires).