L'escrime expliquée aux nuls

ESCRIME Alors c'est quoi la différence entre le fleuret, le sabre et l'épée? La réponse avec Vincent Anstett, notre consultant pour les championnats du monde...

A.P.

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Demi-finale femme des championnats du monde d'escrime entre la Hongroise Aida Mohamed et l'Italienne Margherita Granbassi, Saint-Petersbourg, Russie, le 4 octobre 2007.
Demi-finale femme des championnats du monde d'escrime entre la Hongroise Aida Mohamed et l'Italienne Margherita Granbassi, Saint-Petersbourg, Russie, le 4 octobre 2007. — A. DEMIANCHUK / REUTERS

A priori, l’escrime ce n’est pas bien compliqué. Il faut inscrire 15 touches ou être en tête au bout des neuf minutes d’assaut pour être déclaré vainqueur. Mais tout se complique quand on sait que ce sport se divise en trois armes avec chacune de leurs particularités. Avant le début des championnats du monde à Paris samedi, 20minutes.fr a demandé à Vincent Anstett (champion du monde sabre par équipes en 2006) de nous faire une petite mise à niveau nécessaire.

L’épée, la plus tactique

«C’est l’arme la plus simple à comprendre. On peut toucher tout le corps de la tête au pied. Dès qu’un tireur marque une lampe rouge ou verte s’allume. Le but est de toucher sans être touché puisque l’adversaire peut aussi marquer (c’est ce qu’on appelle les «doubles»). L’épée est sans doute l’arme la plus tactique et celle où il y a le plus de surprises. Un tireur moins fort peut poser des problèmes tactiques à un favori en le faisant déjouer. Les assauts peuvent souvent aller au bout des neufs minutes  avec parfois de longues de périodes d’observation… Pour briller à l’épée mieux vaut être grand car l’allonge est primordiale. Les tireurs ont aussi tendance à arriver sur le tard à maturité.»

Les favoris: «L’Italien Matteo Tagliariol chez les hommes, l’Allemande Britta Heidemann chez les femmes devant Laura Flessel-Colovic. Côté français, c’est l’arme où on a nos meilleures chances, les quatre garçons ont le potentiel pour monter sur le podium et sont invaincus par équipes depuis 2004.»

Le fleuret, la plus académique

«Pendant très longtemps, tout le monde débutait par cette arme. Comme avec l’épée on touche avec la pointe. C’est une arme dite de convention. L’arbitre va intervenir pour attribuer la touche. Il ne suffit pas de toucher pour marquer, il faut que l’arbitre décide qui a touché en premier et qui a la priorité. On peut toucher après son adversaire et bénéficier du point.  La priorité se récupère par une parade ou parce que celui qui attaque commet une erreur. La surface valable est limitée au buste et depuis peu au bas du masque. Si on touche une autre partie du corps, l’action est dite non valable et allume une lampe blanche… Les fleurettistes sont plus petits et trapus pour réduire la surface de touche de l’adversaire. Bref, il vaut mieux avoir un petit tronc et des grandes jambes.»

Les favoris: «Les Italiens (encore eux) sont très forts. Andrea Baldini gagne tout depuis deux ans et chez les filles Valentina Vezzali est juste triple championne olympique et quintuple championne du monde. Les Français sont un peu en retrait, la valeur sûre reste Erwan Le Péchoux. A domicile, il va se sublimer. Astrid Guyart peut être la grosse cote de ces championnats.»

Le sabre, la plus spectaculaire

«Je ne suis peut-être pas objectif, mais il s’agit de l’arme la plus spectaculaire.  Les combats sont très courts et ne vont jamais au bout des neuf minutes. On a moins le temps de jauger son adversaire, il faut être très explosif et avoir de bons réflexes. Le sabre, c’est un peu le sprint de l’escrime. Comme le fleuret, le sabre est  une arme dite de convention avec priorité à l’attaquant. On peut toucher tout le haut du corps (tête et bras inclus) et pas seulement avec la pointe à la différence des deux autres armes. L’arbitre a un rôle très important, on essaye souvent de l’influencer en lui faisant croire qu’on a mis la touche… même quand ce n’est pas toujours le cas.»

Les favoris: «La hiérarchie est moins claire, il y a bien une trentaine de sabreurs qui peuvent monter sur le podium chez les garçons. L’Allemand Nicolas Laibach est redoutable et je mettrais bien une pièce sur Boladé Apithy côté tricolore.  L’Américaine Marielle Zagounis et l’Ukrainienne Olga Kharlan sont les filles à battre. Caroline Vergne ou Solenne Mary peuvent espérer un podium.»