La fin du complexe d'infériorité
Football Le Racing se rend à Gueugnon, ce soir, pour la 9e journéede National. Tristan M'Bongo va ferrailler avec la défense des ForgeronsFloréal Hernandez
Tristan M'Bongo a marqué dix-sept buts en National, l'an dernier, avec Luzenac. Pourtant, il est arrivé sur la pointe des pieds à Strasbourg, à l'intersaison. Si au premier abord, l'attaquant paraît un peu timide, il était surtout submergé par le doute. Car à 27 ans, il venait de parapher son premier contrat pro, de connaître sa première sélection avec la République démocratique du Congo « et d'avoir une petite fille ». « J'ai tout eu en même temps », déclare-t-il avec son accent occitan.
« J'appréhendais mon arrivée au Racing. Je me demandais comment ça allait se passer. Je découvrais des infrastructures et un niveau de joueurs que je n'ai jamais fréquenté. J'ai aussi souffert de la préparation physique », énumère Tristan M'Bongo pour expliquer son début de saison timoré.
S'il a douté, le longiligne ailier gauche (1,80 m) ne s'est jamais inquiété. « Je connais mes qualités. Je savais que ça allait revenir. Et puis, je bénéficiais de la confiance du coach. » « Que Tristan doute était normal. Il passait du monde amateur au professionnalisme. Il se demandait où il arrivait. Il a su se faire mal, note Laurent Fournier, son entraîneur. C'est quelqu'un de très fort mentalement. »
Et depuis quatre matchs, ses performances sont à la hausse. Dans le jeu, mais aussi devant les cages adverses : il est à l'origine du deuxième but du RCS contre Colmar et a marqué deux fois lors des deux rencontres suivantes, contre le Paris FC et face à Gap.
Assimiler les codes du foot pro
Comme arrière gauche, Stéphane Pichot est un observateur avisé des performances de l'attaquant congolais. « Il monte en puissance, confirme l'ancien Sochalien. On commence à trouver nos repères. » Un rendement apprécié par Laurent Fournier, qui ajoute : « Tristan doit nous apporter des buts et des passes décisives comme à Luzenac, l'an dernier. » Le principal intéressé l'affirme : « ça commence à venir. C'est bien pour ma confiance. »
Tristan M'Bongo a dû aussi assimiler les codes du foot professionnel. « En un ou deux matchs de National, j'ai changé de statut l'an dernier. Tout ça à cause d'un ou deux buts. Il a fallu garder les pieds sur terre. » Car les sollicitations se sont multipliées au fur et à mesure de la saison, notamment celles des agents. « C'est bizarre d'être contacté d'un coup par autant de personnes que tu ne connais pas. Celui que j'ai choisi est quelqu'un que je connais de longue date. Pas le premier venu », assène Tristan M'Bongo.
L'attaquant a dû aussi prendre le rythme d'un footballeur pro : « Entraînement le matin, repos et récupération l'après-midi à la maison. C'est mieux que d'aller bosser », lâche avec le sourire l'ancien livreur.



















