«Cigale du Taillis a été formidable en 2004. Cette année, elle a toujours été soit trop endormie, soit trop nerveuse. Elle a

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Rideau sur la saison de Coupe du monde. Achevé samedi soir, le jumping international de Paris-Bercy, rendez-vous phare de l’année de saut d’obstacles sur le sol français, n’a pas voulu sourire à Eugénie Angot. La cavalière s’est classée 22e du Grand Prix Rolex, loin derrière l’intouchable Brésilien Rodrigo Pessoa. Deux barres sont tombées sous les sabots de sa fidèle jument, Cigale du Taillis. Déjà très minces, les espoirs de qualification d’Eugénie pour la finale de la Coupe du monde aux Etats-Unis se sont envolés. Du 20 au 24 avril, les dix-huit meilleurs cavaliers de la Ligue Ouest (basés en Europe) seront rassemblés à Las Vegas. Eugénie ne sera pas présente. « A Bercy, Cigale m’a confirmée qu’elle était fatiguée. Je n’irai pas aux deux dernières épreuves qualificatives pour la finale de la Coupe du monde », a tranché la Française. La veille, alors que le week-end de compétition s’ouvre à Bercy par une épreuve au chronomètre, Eugénie espère encore un meilleur scénario. D’une disponibilité absolue, la cavalière ne trahit son stress d’avant-compétition qu’en grillant des cigarettes en salle de presse. Drôle de régime pour une championne. « Je peux me l’autoriser : les cavaliers sont des techniciens, pas des athlètes ! En concours, je fume parce que ça m’occupe. La compétition, ça consiste à glander durant trois heures pour ensuite essayer d’être formidable pendant trois minutes. » En ce début d’après-midi, la Parisienne vient de terminer l’échauffement de sa jument au paddock, aménagé dans les habituels parkings du POPB. Les cavaliers s’y succèdent sur les obstacles dans un espace réduit et à un rythme élevé. « ça va vite, il y a parfois de la tension avec des cavaliers qui prennent tout leur temps sur les obstacles alors que d’autres attendent derrière, confie Eugénie. Mais cette fois, tout s’est bien passé. » Y compris pour Cigale du Taillis. « L’échauffement est capital en vue de la compétition et en l’occurrence, Cigale m’a semblé très bien », confie-t-elle. Deux heures plus tard, la première épreuve du week-end, simple galop d’essai avant l’épreuve phare du samedi, dément les impressions initiales de la championne. Cigale du Taillis refuse l’obstacle à deux reprises. L’espoir pour la cavalière et sa jument de briller s’effondre. Les bons moments de la saison 2004 semblent bien loin. « Si je devais retenir les meilleurs souvenirs de ma carrière, je citerais la saison dernière dans son ensemble. » C’est en effet en 2004 qu’Eugénie se révèle aux yeux du grand public. Alors âgée de 33 ans, elle remporte sa première épreuve de Coupe du monde à Vigo (Espagne), puis le prestigieux Grand Prix de Rome (Italie). Ces performances la propulsent dans la sélection française retenue pour les Jeux olympiques d’Athènes. En Grèce, la Française terminera à la 38e place du concours individuel. « Mais cette saison-là, Cigale avait été formidable. Cette année, elle a toujours été soit trop endormie, soit trop nerveuse. Elle a besoin de souffler, de s’oxygéner. » D’autant qu’à 15 ans, la jument doit être ménagée pour rester performante. Eugénie ne gardera pourtant pas un si mauvais souvenir de ce Jumping de Bercy 2005. La lumière est venue de sa fille. Camille, 11 ans, est déjà excellente cavalière. Rien d’étonnant : outre sa mère, son père et deux de ses oncles sont des cavaliers de niveau international. Camille n’en est pas là, mais a néanmoins participé vendredi soir, toujours à Bercy, au Prix des Espoirs. De jeunes cavaliers y étaient associés par tirage au sort à des champions confirmés. Le poney-club de Camille s’est classé 3e. « Elle a réussi un sans faute, c’était magnifique, s’est exclamée Eugénie. Le seul problème, c’est que Camille était un peu fâchée. Elle a calculé que si elle était tombée avec moi, avec nos deux classements respectifs, nous aurions gagné ! » Texte : Frédéric Dupré Photos : Sébastien Ortola

Le grand public a découvert Eugénie Angot, 34 ans, en 2004. Cette année-là, la cavalière remportait avec sa jument Cigale du Taillis deux victoires restées dans les mémoires, à Vigo (Espagne) et Rome (Italie). Ce week-end, Eugénie Angot a clôturé sa saison de Coupe du monde à Paris, à l’occasion du jumping international de Bercy.