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Le PPS est-il trop léger pour participer à un semi ou un marathon ?

Le PPS à la place du certificat médical est-il trop léger pour participer à un semi ou un marathon ?

RUNNINGUn coureur de 55 ans est mort lors d’un semi-marathon dans le Morbihan. Un décès qui relance le débat sur le PPS, qui remplace le certificat médical depuis 2024 pour participer à une compétition. Le cardiologue François Carré répond à « 20 Minutes »
Elise Martin

Elise Martin

L'essentiel

  • Le 13 septembre, un homme participant à un semi-marathon dans le Morbihan est décédé lors de la compétition.
  • Un accident qui relance certaines critiques concernant le PPS (Parcours puis Pass prévention santé) qui serait insuffisant face au certificat, qui n’est plus obligatoire pour la pratique depuis 2024.
  • Le cardiologue François Carré et Emmanuelle Jaeger, présidente déléguée de la FFA, ont répondu aux questions de 20 Minutes.

Le 13 septembre, un coureur de 55 ans est décédé lors du semi-marathon Auray-Vannes, dans le Morbihan. Cet accident relance une question qui revient après chaque drame depuis l’instauration du PPS, pour Parcours puis Pass prévention santé. Ce titre, validé après le visionnage de trois courtes vidéos et un paiement de 5 euros (depuis janvier), a remplacé le certificat médical obligatoire pour participer à une course chronométrée, soumise aux règles de la Fédération française d’athlétisme (FFA). Mais est-il suffisant lorsqu’on s’apprête à courir 42,195 km ou Paris-Versailles et sa côte des Gardes, ce dimanche 27 septembre ?

Interrogé par 20 Minutes, François Carré, cardiologue et médecin du sport à Rennes et président du collectif Pour une France en forme, a d’abord vérifié les chiffres. Entre avril et septembre, sept arrêts cardiaques ont été recensés en lien avec des courses à pied organisées. « Un petit signal qui peut mériter notre attention, reconnaît-il, sans y voir une hausse. Mais attention, ceci ne veut absolument pas dire qu’il y a un lien entre ces décès et le PPS. Depuis 2018, c’est à peu près toujours le même nombre. » Il précise que sur les sept décès, six avaient plus de 35 ans, la plupart victimes d’un infarctus du myocarde.

Aucune statistique officielle ne peut confirmer une augmentation des morts depuis l’instauration du PPS. « Il y a le numérateur, le nombre de décès, et le dénominateur, combien de gens courent », résume le cardiologue. Ces dernières années, la pratique du running a explosé. En 2025, la FFA a recensé plus de 2,5 millions de compétiteurs, un record.

Un certificat sans ECG ne sert à rien

Pourquoi est-on passé d’un certificat médical à trois vidéos pour s’inscrire à un marathon ? C’est une loi de 2022 qui a tout changé. « On s’est rendu compte que les Français n’étaient pas assez actifs », indique le médecin, rappelant que la sédentarité et l’inactivité physique c’est 40.000 à 50.000 morts par an. Pour démocratiser l’accès à la pratique sportive, les députés ont alors mis fin à ce document, laissant le choix aux fédérations de le demander ou non.

Mais pour François Carré, l’ancien système n’était pas beaucoup plus protecteur. « Un certificat bien fait suppose un interrogatoire, un examen physique et un électrocardiogramme. Avec ça, on détecte 80 à 85 % des maladies à risque quand on fait du sport. Sans ECG, seulement 10 à 15 %. » Pour participer à une course en Italie, il est d’ailleurs obligatoire de faire un ECG. Mais pour d’autres marathons, comme celui de New York ou Berlin ou Londres, aucun certificat n’est demandé.

En France, il était d’ailleurs souvent « falsifié » ou fait « à la va-vite », certains médecins ne prenaient pas le temps de faire ces trois examens cités par François Carré. Ainsi, pour la FFA, le PPS présente plusieurs avantages. « Avant, nous n’avions pas de lien direct avec ces pratiquants qui ne sont pas dans le giron fédéral des clubs. Maintenant, on peut leur passer des messages de prévention tout au long de l’année. Le PPS nous a permis de responsabiliser et de sensibiliser directement le coureur compétiteur », affirme à 20 Minutes, Emmanuelle Jaeger, présidente déléguée de la FFA. Elle précise que face à des « faux certificats », la responsabilité de la vérification retombait sur les organisateurs. « Ces derniers ont d’ailleurs, depuis un an, la certitude que les coureurs sont assurés grâce au PPS », ajoute-t-elle.

Au moindre doute, le médecin

Le médecin du sport insiste alors sur les « ressentis » des sportifs. Dans la moitié des accidents, dit-il, les victimes avaient des symptômes avant la course. « Dans les vidéos, il est bien dit qu’il ne faut pas prendre de l’automédication. Et surtout, que si vous avez le moindre symptôme [à partir d’un certain âge, essoufflement, palpitations, douleur dans la poitrine, fatigue anormale, etc.], consultez un médecin. Et si vous n’êtes pas satisfaits des messages de prévention lors du PPS, allez aussi voir un professionnel », conseille-t-il.

Lors des compétitions comme le marathon de Paris, les secours sont présents pour prendre en charge les participants en cas de problèmes.
Lors des compétitions comme le marathon de Paris, les secours sont présents pour prendre en charge les participants en cas de problèmes. - F. Elkechai / Hans Lucas/AFP

Un généraliste lyonnais, qui assure faire un ECG systématiquement pour chaque certificat médical, ajoute : « On ne pourra jamais savoir si les coureurs décédés avec un PPS validé auraient été repérés avec un certificat classique. » Une analyse confirmée par le cardiologue de Rennes. « Il faut aussi comprendre qu’il y a des pathologies qu’on ne peut pas détecter, rappelle-t-il. J’ai fait cardiologie, pas voyance. Un test d’effort qui est normal ne veut pas dire cœur normal. Parfois, il suffit d’une course, pas forcément un marathon, pas forcément en compétition. » Il cite notamment l’exemple du footballeur danois Christian Eriksen, suivi médicalement depuis l’adolescence qui a fait un arrêt cardiaque en plein Euro, avant d’être réanimé.

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« Quand une personne fait un arrêt cardiaque en faisant du sport, elle sera réanimée avec succès dans six à sept cas sur dix contre un cas sur dix dans la rue, appuie le cardiologue François Carré. En effet, dans les organisations, il y a des gens formés aux gestes qui sauvent », lance-t-il. En attendant que toute la population soit formée aux premiers secours, le cardiologue insiste auprès des coureurs et coureuses pour être « responsables » et respecter les consignes du PPS ainsi que les « dix règles d’or de la bonne pratique sportive sur le plan cardio-vasculaire ». « S’ils les respectent, on pense qu’on diminuerait environ de 40 % le nombre d’accidents cardiaques de la pratique sportive », conclut-il.