UFC Paris 2025 : Imavov, Saint Denis… Vous êtes pas contents, triplé des Bleus face au Brésil dans une ambiance de folie
MMA•À l’occasion de l’UFC Paris 4, samedi soir à l’Accor Arena, les Français ont réalisé un sans-faute, à commencer par Nassourdine Imavov et Benoît Saint-Denis, les deux têtes d’afficheAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- L’UFC Paris 4 a connu un succès retentissant avec une ambiance exceptionnelle à l’Accor Arena, les dirigeants américains reconnaissant que « l’ambiance à Paris était la plus intense et bruyante » qu’ils aient connue dans le monde.
- Les combattants français ont dominé leurs adversaires brésiliens dans un remake symbolique de France-Brésil 1998, avec notamment Nassourdine Imavov qui a battu Caio Borralho et réclame désormais un combat pour la ceinture.
- La soirée a été marquée par des combats spectaculaires avec 11 victoires avant la limite sur 13 combats prévus, dont celle de Benoît Saint Denis.
De notre envoyé spécial dans la cage aux lions de Bercy,
Les Etats-Unis ont beau se croire les meilleurs du monde dans tous les domaines, il y en a (au moins) un sur lequel ils sont bien obligés de reconnaître leur infériorité. Et c’est même avec le sourire que David Shaw, l’un des vice-présidents de l’UFC, a reconnu que « l’ambiance à Paris était la plus intense et bruyante » qu’il ait connu dans le monde. Pour son quatrième rendez-vous dans la capitale française, l’UFC a donc encore fait mouche.
Une grosse ambiance, donc, des combattants français au rendez-vous, du spectacle… Que demander de plus ? « Je ne pensais pas que c’était possible de faire mieux que la première édition de l’UFC ici à Paris, mais on l’a fait », a réagi, admiratif, William Gomis, l’un des cinq tricolores à l’affiche samedi soir. Promis (ou presque), l’organisation reviendra l’année prochaine, comme l’a annoncé Dave Shaw. En attendant, retour sur une soirée de régalade.
France-Brésil, le parfait remake
Une grande partie du bruyant public présent à l’Accor Arena samedi soir n’était pas encore née en juillet 1998. Cela n’a pas empêché bon nombre d’entre eux de porter le maillot de l’équipe de France floqué du n°10 de Zinédine Zidane, héros de tout un pays face au Brésil. Cela ne les a pas empêchés, non plus, de reprendre le fameux « Et un, et deux, et trois zéro ». Sur les cinq Français engagés lors de cet UFC Paris 4, trois affrontaient des Brésiliens.
Et ces derniers n’ont pas fait le poids. Pas un seul instant. Brendson Ribeiro, Mauricio Ruffy et Caio Borralho ont évidemment fait les malins en arrivant dans l’arène, en provoquant un peu le public qui n’a cessé de les huer, ils sont tombés sur des Bleus impériaux, sous les yeux de Cyril Gane, avec même deux victoires avant la limite. Les Marseillaises ont repris de plus belle, les « Brésil, Brésil, on t’en**** », aussi. Ramenez-nous l’Argentine, maintenant.
« C’était nous contre eux, on a fait du très très bon boulot, s’est félicité Nassourdine Imavov. Ça montre qu’on est une équipe complète, on sait tout faire. Le plus grand gagnant de cette soirée, c’est Nicolas Ott [coach d’Imavov, Saint Denis et Gomis]. » Et la France, aussi, Nassourdine, la France !
Imavov réclame un combat pour la ceinture
Khamzat Chimaev a passé une soirée tranquille. Sur Instagram, le champion des poids moyens, présent à Monte-Carlo, a posté une photo de la très calme mer Méditerranée. Le Tchétchène n’a sûrement pas tremblé devant le combat entre deux de ses poursuivants, Nassourdine Imavov et Caio Borralho. Le Français (n°2), après un combat âpre, a été désigné vainqueur à la décision unanime, et s’est donc rapproché d’un combat pour la ceinture face à Chimaev.
Mais le Français, qui expliquait avoir « le pressentiment que ça n’allait pas dépasser les deux premiers rounds » lors de la pesée, n’a pas non plus fait lever les foules, même s’il n’a jamais été inquiété, comme ont pu le faire les autres combattants français de la soirée. Et si le duel du 18 octobre entre Reinier de Ridder (n°4) et Anthony Hernandez (n°6) produit un vainqueur spectaculaire, Imavov, souvent critiqué pour être peu stupéfiant, pourrait être le dindon de la farce dans cette quête de ceinture.
Mais le poulain de Nicolas Ott, qui a indiqué souffrir d’une blessure en dessous du pied qui l’a empêché de « trop bouger », a réitéré son souhait de devenir le prochain challenger de Chimaev. « Je suis le prochain, a-t-il assuré au public parisien. Dana [White, le big boss de l’UFC] ? On est en France ici, ce n’est pas le Brésil. Montrez-leur que je suis chez moi. Je suis le prochain à combattre pour la ceinture, sans aucune hésitation. Ce combat-là… Il [Borralho] restait invaincu depuis dix ans et je l’ai battu. »
La soirée des TKO
Les Etats-Unis restant les Etats-Unis, gagner un combat à l’UFC ne vous garantit pas d’avoir les meilleurs combats tant que vous n’y mettez pas un petit peu de piment. L’organisation américaine veut du spectacle, des KO dans tous les sens, des high-kicks de l’espace ou des soumissions à vous en faire perdre la tête. Cette soirée parisienne a dû ravir les téléspectateurs outre-Atlantique. Sur les 13 combats prévus lors de cet UFC Paris 4, 11 se sont terminés avant la limite.
A ce petit jeu, trois combattants se sont distingués, avec une petite préférence pour le Brésilien Kaue Fernandes qui, avec ses nombreux kicks dignes des patates envoyées par Roberto Carlos, a détruit les jambes d’Harry Hardwick, obligé de quitter l’octogone en chaise roulante après s’être traîné par terre en rampant. Mention aussi spéciale pour le très Anglais Sam Patterson, aux tatouages aussi moches que ses coups sont puissants, qui a mis son adversaire KO debout en enchaînant les crochets à la tête. Dernière récompense adressée à Benoît Saint Denis, qui a étouffé, dans tous les sens du terme, Mauricio Ruffy.
Après deux grosses défaites, BSD était très très revanchard, et aussi très ému de retrouver le public parisien, qui l’avait vu se faire détruire il y a un an face à Renato Moicano. « J’ai manqué d’humilité en 2024, a convenu le Français en conférence de presse. Dieu m’a rappelé à l’ordre, c’est à force de travail et de labeur que j’obtiendrai ce que je dois obtenir. J’ai changé ma vie pour revenir là où j’étais au début de ma carrière. J’avais besoin de remettre les pieds sur terre. »
Le petit moment émotion de la soirée
Dans ce monde de brute, où les spectateurs appellent les Français à « tuer » leurs adversaires, il y a eu un instant d’émotion, samedi soir à Bercy lors du combat entre Modestas Bukauskas et Paul Craig. Pas grand-chose, mais suffisant pour que le public parisien réalise une standing ovation à l’un des non-combattants franças. A la fin du premier round, le Lituanien a infligé une violente série de coups au sol avant de conclure par un surpuissant coup de coude dans le visage de l’Ecossais, complètement KO, obligeant l’arbitre à arrêter le duel.
Jusque-là, rien d’anormal, sauf que Craig a pris le micro au milieu de l’octogone (le seul perdant de la soirée à l’avoir fait), pour annoncer qu’il prenait sa retraite, sous l’ovation du public parisien. « C’est grâce à vous [le public] que je fais ça, mais c’est un sport de jeunes, moi je suis vieux, il est venu le temps d’en finir », a assuré l’Ecossais (37 ans), sorti de la cage et raccompagné aux vestiaires par les applaudissements de la foule. Merci pour ce moment.


















