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Ligue 1 : Vincent Labrune seul candidat en lice pour sa réélection, le foot français plus ridicule que jamais
la democratie qu'on aime•Cyril Linette et Gervais Martel n'ont pas reçu les parrainages nécessaires de la part de l'UAF, qui réunit les instances les plus importantes du football professionnel en France20 Minutes avec AFP
On ne pensait pas que la LFP pouvait tomber plus bas après l'épisode douloureux de la vente des droits TV, mais c'était se montrer beaucoup trop naïf au regard du dernier rebondissement « électoral » une semaine après le vote pour la présidence de la Ligue, qui s'annonçait disputé après le mandat très discutable exercé par Vincent Labrune.
Mais cop de théâtre: le président de la Ligue de football professionnel, candidat à sa propre succession le 10 septembre, n'aura pas de rival face à lui, ses principaux opposants n'ayant pas obtenu les parrainages nécessaires pour être candidat, a appris l'AFP vendredi d'une source proche du dossier.
Les postulants devaient recueillir deux parrainages: celui de Foot Unis, le syndicat des clubs professionnels, et de l'UAF (L'Union des acteurs du football), réunissant les différentes « familles" (syndicats de joueurs, entraîneurs, médecins, arbitres, personnels administratifs).
Linette et Martel désactivés
A l'issue des auditions des candidats menées ces derniers jours, Foot Unis a accordé ses parrainages à Vincent Labrune, Gervais Martel, ex-président de Lens, Cyril Linette, ancien directeur des sports de Canal+ et ex-Directeur général de L'Equipe et du PMU, et Karl Olive, député Renaissance des Yvelines et désigné par la Fédération française de football pour la représenter à la Ligue. Sauf que L'UAF, sous l'influence du redoutable Philippe Piat, président de l'UNFP depuis la nuit des temps, a de son côté parrainé Vincent Labrune, Karl Olive et Alain Guerrini, patron de Panini et proche de Piat, laissant les deux seuls outsiders sérieux sur la touche : Gervais Martel et surtout Cyril Linette.
Il ne reste donc que deux personnalités en lice pour l'un des trois sièges d'« indépendants » au conseil d'administration de la LFP au sein duquel est généralement élu le président de l'instance: Vincent Labrune et Karl Olive. Ce dernier n'étant pas candidat à la présidence, la voie est libre pour Vincent Labrune, arrivé à la tête de la Ligue en 2020, à moins que les pouvoirs publics, même démissionnaires, ne viennent jeter un oeil dans ce marigot peu ragoûtant.
Labrune est en effet très critiqué depuis les soubresauts de l'attribution des droits TV de la Ligue 1 à DAZN et beIN Sports pour 500 millions d'euros annuels, après l'échec de l'appel d'offres lancé l'an dernier et la promesse avortée d'atteindre un milliard d'euros.
Pour sortir de l'ornière le football français après l'épidémie de Covid-19, Labrune a également conclu un accord très controversé avec CVC, un fonds d'investissement luxembourgeois, qui a apporté 1,5 milliard d'euros contre environ 13% de ses recettes commerciales à vie.
« C'est un truc de fou »
« Par leur décision, les ''familles'' privent le football français, en pleine crise, du nécessaire débat sur son avenir, a réagi sur X Cyril Linette. Elles ouvrent la voie à une élection à la LFP sans opposition, en contradiction avec le vote des présidents de clubs hier. Nous ne laisserons pas faire cette entreprise de sabordage entre amis qui met les intérêts d'un petit nombre au dessus de l'intérêt général du football français. »
« Je suis un peu dégoûté, a de son côté déclaré Gervais Martel à L'Equipe. C'est un truc de fou. C'est comme si lors de l'élection du président de la République, il y avait quinze candidats et que pour le premier tour on décide que deux seulement pouvaient se présenter. Là on est chez les fous. Qu'est-ce que cela veut dire ? Où est la démocratie ? Je n'ai pas l'intention de me laisser faire ».



















