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Chronique d'une journée ordinaire sous la pluie de Roland-Garros

Chronique d'une journée ordinaire sous la pluie de Roland-Garros

TENNIS Quand le tournoi prend l'eau, c'est le public qui trinque...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

De notre envoyé spécial à Roland-Garros


Des applaudissements, des tribunes presque pleines, il manque rien sur le court numéro 7 sauf... les joueuses. Normal, une bâche verte recouvre depuis 11h la terre battue. Mais malgré la pluie, le vent et les fesses humides, les spectateurs venus voir la Française Stéphanie Cohen-Aloro défier la Chinoise Na Li, restent vissés à leur place et tapent dans leurs mains comme pour conjurer ce temps de chien. «Nous, on ne bougera pas. On est venu pour voir jouer Malisse», souffle Rudy venu de Belgique avec son copain Jean-François.


Prendre son mal en patience, le public de Roland-Garros semble s’être donné le mot et attend poliment de voir le premier échange de la journée. Accompagné de ses deux petits enfants, Jean se veut philosophe: «Que voulez-vous, on ne peut pas savoir quel temps il va faire quand on prend ses billets en novembre.» Le retraité dit ignorer les modalités de remboursement des places et ne veut pas encore y penser.


40 euros le parapluie

Quelques mètres plus loin, Laurent se pose en spécialiste de la pluie à Roland-Garros. Ce mordu de tennis n’ignore pas que les billets sont remboursés s’il y a moins de deux heures de jeu dans la journée. «J’ai connu une journée sans une minute de tennis il y a une dizaine d’année». Fataliste, il pense que les organisateurs «vont tout faire pour caser deux heures de jeu, histoire de faire des économies».


D’autres n’ont pas le courage de Laurent, Jean ou Rudy et préfèrent se mettre à l’abri. Mais autant chercher un coin d’ombre dans le désert du Ténéré. Un mal que n'ignorait pas le président de la fédération, Jean Gachassin, interrogé mardi par 20minute.fr alors que le soleil était encore de plomb. «Quand il pleut toute la journée, c’est l’émeute. Où voulez-vous mettre 40.000 personne? Il n'y a que l'abri du central.»


Sous cet unique abri, les spectateurs désoeuvrés s'occupent et s'entassent. Assis, ils grignotent un sandwich hors de prix ou consultent l’application météo de leur iPhone. Plus loin, un jeune homme donne de la voix pour vendre des parapluies à 40 euros. «Aujourd’hui, je cartonne», nous confie-t-il. Et il a continué de cartonner un moment puisque que les courts ont seulement été débâchés en milieu d'après-midi.

Remboursement

En cas pluie, les billets sont remboursés à hauteur de 50% s’il y a eu moins de deux heures de jeu et 100% pour moins d’une heure.