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Aravane Rezaï, la forçat devenue tacticienne

Aravane Rezaï, la forçat devenue tacticienne

TENNISLa numéro 1 française a beaucoup travaillé pour sécuriser son jeu....
Matthieu Goar

Matthieu Goar

Pour la troisième fois de suite, un coup droit stratosphérique balaye la ligne. Le frangin, Anouch Rezaï, habituel sparring partner, reste scotché. Au cœur de la calme campagne des Yvelines, Aravane Rezaï, s’entraîne. Et ça s’entend de loin. «Elle a une violence intérieure qui lui permet de frapper sa balle avec une énorme puissance. Vous savez, ce n’est pas avec ses muscles que l’on tape mais avec son cœur…Le tennis est avant tout une expression de l’intérieur», explique Patrick Mouratoglou, son coach.

«Je n’ai jamais vu une fille taper aussi fort»

Une frappe de mule façonnée pendant des années d’entraînement avec son père. «Depuis toute petite, j’ai appris à frapper fort, fort, fort.» Jusqu’à huit heures par jour. Sans fêter les anniversaires, sans décorer les sapins de Noël. Un travail acharné qui, pendant longtemps, n’a terrorisé aucune fille du Top 10 tant la Française arrosait les juges de lignes. Nouveauté 2010: les parpaings de Rezaï tombent dans le court et font très mal. Les trois anciennes numéros 1 mondiales au tapis (Justine Henin, Jelena Jankovic et Venus Williams en finale) lors du tournoi de Madrid peuvent en témoigner. «Je n’ai jamais vu une fille taper aussi fort», avoue Jelena Jankovic. «Je n’ai pas attendu qu’elles me le disent pour le savoir», rétorque Rezaï, propulsé leader des Bleus à Roland-Garros.

Un plissage tactique

«Elle est dans la forme de sa vie» estime son père, Arsalan, qui a lâché un peu la bride en la confiant à Patrick Moratoglou. «Quelqu’un en qui j’ai confiance.» Au menu, polissage du diamant. Avec du physique mais surtout de la tactique. L’apprentissage de la patience? Pas vraiment. «Etre un champion, c’est arriver à bien utiliser ses qualités au bon moment. Il ne s’agit pas d’être patiente, je n’aime pas ce mot-là. Par contre, il faut choisir la bonne balle pour y aller et amener l’adversaire à te donner cette balle», analyse Mouratoglou. Un coaching tout en finesse entamé depuis début 2010 et qui a pour objectif de ne pas perdre les qualités intrinsèques de la joueuse, debout à 6 heures du matin tous les jours. «Mon père m’a donné les bases. Avec Patrick, on a bossé les schémas tactiques. Etre patiente oui, mais pas trop parce que contre des filles fortes, ça ne peut pas fonctionner. Il faut au contraire les agresser en rentrant vite dans la balle.» Cette fois-ci, Henin et Jankovic sont prévenues.