Serie A : L’ensemble du conseil d’administration de la Juventus Turin démissionne

FOOTBALL Plongé dans des problèmes judiciaires, le président Andrea Agnelli a également quitté son poste

20 Minutes avec AFP
Le centre d'entraînement de la Juventus Turin, le 15 novembre 2022.
Le centre d'entraînement de la Juventus Turin, le 15 novembre 2022. — Fotoarena/Sipa USA/SIPA

C’est un véritable séisme pour la Serie A. La totalité des membres du conseil d’administration de la Juventus Turin, y compris son président Andrea Agnelli, ont présenté leur démission, a annoncé lundi le club italien plongé dans des problèmes sportifs, financiers et judiciaires.

Le directeur général, Maurizio Arrivabene, a été chargé de rester en place et d’expédier les affaires courantes le temps qu’un nouveau conseil soit constitué. La prochaine assemblée générale est programmée le 18 janvier prochain. La Juventus « continuera à collaborer et à coopérer avec les autorités de surveillance et du secteur », a-t-elle assuré.

Un club dans le viseur du parquet de Turin

Le conseil, dont font partie Andrea Agnelli et son vice-président Pavel Nedved, a « estimé qu’il était dans le meilleur intérêt social » de démissionner, en « considérant la centralité et la pertinence des questions juridiques et technico-comptables en suspens », une allusion à l’enquête que mène la justice italienne depuis plus d’un an. Le parquet de Turin s’intéresse à la pratique, que la Juve a multipliée, des « faux échanges » de joueurs : des ventes croisées avec d’autres clubs, sans échange d’argent mais permettant d’inscrire des plus-values dans les bilans. Les magistrats ont chiffré ces plus-values « fictives » à quelque 155 millions d’euros entre 2018 et 2021, selon les médias.

Le club, coté en Bourse, aurait en outre caché à ses investisseurs l’existence d’accords privés avec des joueurs, dont l’attaquant vedette portugais Cristiano Ronaldo, pour régler certains salaires en différé. La Juventus a pour sa part expliqué lundi avoir « de nouveau examiné les objections du ministère public » du tribunal de Turin, et décidé « d’adopter des méthodologies comptables alternatives légitimes » concernant les compléments de salaire.

« Ces révisions des estimations et des embauches entraînent donc des ajustements des estimations de charges imputables » entre 2020 et 2022, dont les effets sont « sensiblement nuls sur les flux de trésorerie et la dette financière nette, tant pour les exercices précédents que pour l’exercice clos et les années à venir », a affirmé le club.

A ces déboires judiciaires s’ajoutent des problèmes financiers. La « Vieille Dame » a été éliminée dès les phases de poule de la Ligue des champions, une sortie prématurée qui va engendrer un manque à gagner de quelque 20 millions d’euros, selon le site Calcio e Finanza. Le club, dans le rouge ces cinq dernières années, avait enregistré la saison dernière 255 millions d’euros de pertes : un déficit record dans le football italien.