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Coupe du monde 2022 : Préparation fantôme, peur des blessures, matchs caviardés, merci pour le calendrier pourri
FOOTBALL•Entre la fin des matchs de championnats et le début de la Coupe du monde au Qatar, les sélections disposeront juste d’une petite semaine de préparationAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- La Coupe du monde au Qatar commence le 19 novembre, soit une petite semaine après la fin des matchs en championnat.
- Depuis le début de saison, les clubs sont soumis à un rythme infernal et les blessures sont légion.
- Les sélections auront une toute petite semaine pour préparer ce rendez-vous au Moyen-Orient.
De Shanghai à Pékin, en passant par Wuhan, ils vont être contents, les quelques téléspectateurs chinois, dimanche soir (13 heures, en France), au moment où ils vont découvrir la compo du PSG face à Auxerre. Car, s’ils voulaient voir Mbappé, Neymar et Messi à la pointe de l’attaque, ils devraient plutôt avoir droit à Ekitike, Soler et Sarabia. Oui, à une semaine du début de la Coupe du monde au Qatar, plutôt mourir que de prendre le risque de se blesser sur un tacle de Quentin Bernard.
Demandez donc à Sadio Mané, qui s’est blessé mardi, s’il n’avait pas préféré être conservé dans du formol plutôt que de disputer ce vulgaire match de Bundesliga face au Werder Breme. Résultat : genou touché, un tendon qui couine, plusieurs semaines d’indisponibilité et Mondial sûrement devant la télé. Dur pour le Sénégalais qui avait fait de ce rendez-vous au Moyen-Orient son grand objectif. L’ancien joueur de Liverpool aura beau maudire cette blessure sur plusieurs générations, celle-ci n’est presque pas une surprise.
Quelle préparation ?
Car le Bayern, comme tous les clubs participant aux différentes coupes d’Europe cette saison, enchaîne sur un rythme effréné depuis le début de la saison. Des matchs en veux-tu en voilà tous les trois jours pour caler cette Coupe du monde du malheur en plein milieu de la saison. Dimanche, les internationaux n’auront même pas le temps de faire un bécot au petit après leur match de championnat qu’il faudra déjà rejoindre l’équipe nationale pour la préparation au Mondial.
Enfin, une préparation qui n’a de préparation que le nom. Car entre le moment où les joueurs se rassembleront et le premier match de Coupe du monde, il ne se sera écoulé qu’une grosse semaine. Impossible de parfaire la condition physique des uns, réparer les petits bobos des autres, faire les clowns à Clairefontaine pendant quelques jours. Qu’il paraît loin le temps de la Coupe du monde russe où les hommes de Didier Deschamps avaient eu presque un mois pour se préparer.
Des blessures diplomatiques pour les derniers matchs ?
« Les sélectionneurs vont devoir subir les choses et prier, expliquait le préparateur physique Nicolas Dyon à l’AFP. C’est très problématique en matière de physiologie et de performances. C’est jeter une pièce en l’air. » Pour de nombreuses sélections, les interrogations n’en finissent plus : Jules Koundé sera-t-il apte pour la Coupe du monde ? Paulo Dybala sera-t-il remis de sa blessure à la cuisse ? Blessé à un mollet, Richarlison a, lui, été tout de même sélectionné avec le Brésil.
Alors, les blessures diplomatiques risquent de devenir légion pour les derniers matchs en club avant de partir en sélection : « Non, doc, ce n’est pas un point de côté, je ne peux vraiment pas jouer dimanche. Et puis, j’ai un ongle cassé, là. » Ainsi, si l’absence de Karim Benzema est prolongée depuis des semaines, et qu’il ne jouera pas face à Cadix, jeudi, n’est-ce pas plutôt par prudence, pour éviter un destin tragique à la Mané, plutôt qu’une blessure qui tarde à se guérir ?
Et puis, pour ceux qui devront quand même batailler sur les terrains en cette fin de semaine, comment être réellement concentré avec leur club alors que le plus gros rendez-vous de leur histoire approche. « J’ai dû dire il y a un mois aux joueurs d’être focus, mais maintenant, c’est tout proche, concédait Pep Guardiola, l’entraîneur de Manchester City, en conférence de presse. Nous allons jouer ce week-end et ils doivent être avec leur équipe nationale dès le lendemain. Je suis sûr que les joueurs auront ça en tête. Je serais pareil à leur place. »
Pas le temps de souffler
Alors pourquoi n’a-t-on pas arrêté les compétitions domestiques plus tôt en sachant que la Coupe du monde se tiendrait à ces dates-là ? Pourquoi ne pas jouer un peu en été plutôt que d’imposer ce rythme barbare ? Pourquoi faire perdre en intérêt des matchs où les meilleurs joueurs n’auront la tête qu’au Qatar ? « Aujourd’hui, personne n’a plus le droit de se plaindre. Les choses auraient dû être réglées bien avant, a bien résumé l’entraîneur du FC Séville Jorge Sampaoli. La Fifa n’a pensé qu’à l’argent et à ses affaires en déterminant que cette Coupe du monde devait se jouer dans un lieu où l’on ne devrait pas disputer une compétition de ce niveau, et à une date où l’on ne devrait pas la jouer. »
« On va donc accepter la situation et en gérer les conséquences, reprenait l’Argentin. Celles d’avant la compétition, où des joueurs risquent d’être déconcentrés. Et après le Mondial, dont on ne sait pas dans quel état certains vont revenir. » Ah oui, parce qu’on n’avait oublié de dire que, une grosse semaine après la finale de la Coupe du monde, le 18 décembre, la Ligue 1, la Premier League et de Liga allaient reprendre comme si de rien n’était. Un joli cadeau de Noël. Sauf pour les joueurs.


















